L’association « Un euro peut sauver une vie au Congo » a organisé ce vendredi 14 mai 2010 une marche pour dénoncer le voyage du Roi Albert II au Congo pour le cinquantenaire de l’indépendance de la RD Congo.

Point de départ : place du Bastion. 13h45, les organisateurs sont déjà là. Le tam-tam retentit aussi. Ce qui attire automatiquement l’attention de tous ceux qui sortent du métro « Porte de Namur » ou reviennent du quartier Matonge. Les passants sont harangués au mégaphone. Cela contribue à la mobilisation.

A treize heures, heure marquée sur les tracts pour le début de la manifestation, il y a déjà une cinquantaine de personnes et une bonne trentaine de curieux. Aux congolais qui passent sans s’arrêter, les animateurs leur lancent : « Quand c’est pour un concert de…, On vous aperçoit tirés à quatre épingles… Quand il s’agit d’une manifestation pour le pays… »

14h00, les manifestants se rangent pour le début de la marche, un véhicule de la police en tête, des policiers à moto ouvrant le cortège.

Il y a au moins cent-vingt personnes. Direction Le Palais de Justice via l’avenue Waterloo. Malgré la petite pluie, les marcheurs sont là, décidés, et le cortège s’étend sur une centaine de mètres.

Une escale est faite à l’arrêt Louise. Les manifestants scandent le slogan du jour : « Non au départ du Roi au Congo »

Deuxième escale, le Palais de Justice à la place Poelarts. Il était prévu le dépôt d’un mémo à l‘intention du procureur du Roi. La journée étant fériée, le mémo sera transmis le lundi. La manifestation prend alors le chemin du retour en suivant d’abord la rue de la régence. Sur cette rue, passent les trams 92 et 94 dont la circulation sera quelque peu perturbée. Petit énervement de la police qui a des difficultés pour convaincre les manifestants à laisser passer les trams.

A la place royale, flottement dans la poursuite de la marche, les manifestants ne semblent pas pressés. Il y aura même une prise de bec entre un des animateurs de la manif et un policier à propos du minimum de respect sur le libre passage des trams et des ambulances.

Le cortège prend enfin la rue de Namur.

A l’intersection Boulevard Waterloo et Boulevard de la régence, nouvel halte. La circulation est encore une fois interrompue pour une bonne dizaine de minutes. Avec beaucoup de tact et sans brusquerie, la police éloignera les manifestants des voies routières axe par axe.

Durant toute la manifestation, l’atmosphère a été calme, mais la conviction se lisait dans le regard de la plupart des manifestants : « Le Roi ne devrait pas se rendre en RD Congo pour les 50 ans de l’indépendance, ce serait un mauvais signal au vu de la mauvaise gouvernance. »

Si tous les âges étaient représentés, les jeunes semblaient très engagés et hyper motivés, les principes de vie de leur pays d’accueil semblant être taillés en brèche par cette décision de permettre au Roi d’aller serrer la main à des … Ici on respecte la vie humaine, la femme. Et au Congo ?

A l’issue de la manifestation, les organisateurs ont remercié tous les participants, en promettant de ne pas abandonner le combat pour un changement en profondeur en RD Congo.

 

Cheik FITA

Bruxelles, le 14 mai 2010