07 mars 2010
ETIENNE TSHISEKEDI PLEURE
http://www.youtube.com/watch?v=z-563M59CiM
Ce dimanche 7 mars 2010, c’est sous une bousculade de caméras et d’appareils photos que Monsieur Etienne Tshisekedi Président de l’UDPS a pris la parole pour adresser un message au peuple congolais.
C’était à l’issue d’une messe célébrée en l’Eglise Saint-Pierre, place Cardinal Mercier dans la commune de Jette à Bruxelles, en commémoration des martyrs de la démocratie tombés sous les balles de la dictature, le 16 février 1992 à Kinshasa.
La messe officiée par six prêtres Congolais a été organisée par la représentation BELUX de l’UDPS.
Dans l’assistance, près de deux cents personnes, dont des responsables de plusieurs partis politiques congolais.
Durant tout le culte, monsieur Etienne Tshisekedi n’a cessé d’être filmé et mitraillé par les flashs de photographes.
Quel a été le message du président national de l’UDPS ? Veuillez l’écouter en visionnant la vidéo ci-dessous.
Cheik FITA
03 mars 2010
Sarkozy échange la veuve du président Habyarimana contre les richesses du Congo

Mois d’une semaine après la visite du chef de l’état français à Kigali la veuve du président Habyarimana vient d’être interpellée à Paris. Ce geste vient renforcer l’idée que la réconciliation entre Kigali ne s’est pas faite pour les beaux yeux des uns et des autres mais plutôt pour que la France puisse elle aussi avoir une part du gâteau congolais dont Kagame s’affirme de plus en plus comme le véritable propriétaire.
Possibilité d’extradition au Rwanda
Le plus troublant dans cette arrestation est la couverture médiatique qui en est faite. En effet, beaucoup semblent suggérer que Mme Habyarimana devrait être extradée vers le Rwanda. Or, les crimes de génocide au Rwanda relèvent exclusivement du tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qui, rappelons le, n’a jamais incriminé la veuve de l’ancien président dans quoique ce soit.
De plus, jusqu’ici aucune démocratie digne de ce nom n’a consenti à expulser des individus dans un pays (le Rwanda) ou la justice n’a d’indépendante que le nom et ou les droits de l’homme n’existent pas. De même le TPIR a toujours refusé de transférer le moindre dossier ou prisonnier du fait des ces iniquités constatés malgré les demandes insistantes de Kigali.
Kigali veut s’acheter une virginité
Le général Kagamé, actuel chef de l’état rwandais, se sachant mis en cause dans l’attentat terroriste ayant couté la vie à son prédécesseur et ayant servit de déclencheur au génocide, multiplie les initiatives pour essayer de se racheter une virginité politique et masquer le rôle qu’il a joué au cours du génocide qui a emporté près d’un million de rwandais. Malgré qu’il ai déclaré il ya quelques années sur BBC Hard Talk qu’il s’en foutait de la mort de Habyarimana parce qu’il n’était pas son garde du corps, le stratège politique en lui a jugé utile de faire mener une enquête 16 ans plus tard sur cet attentat.
La commission chargé de mener cette enquête fut confiée à Jean Mutsinzi proche de Kagame et membre fondateur du FPR, le mouvement politico-militaire mis en cause dans l’attentat contre le président Habyarimana. Contrairement à TOUTES les enquêtes sérieuses (justice française, justice espagnole, enquêtes et rapports du TPIR) ayant été menées jusqu’ à maintenant, le rapport Mutsinzi innocente « inopinément » le régime du général Kagame et pousse le cynisme jusqu’à accuser la veuve du président de complicité dans l’assassinat de son mari.
Planification du génocide en jeux
Depuis sa création le tribunal pénal international n’a cessé de chercher à prouver la planification du génocide par le régime de Habyarimana mais force est de constater que, 15 ans et plus d’un milliards de dollars plus tard, toutes les pistes continuent de mener à Kagamé (tout comme l’enquête du juge espagnol Merelles ainsi que celle du juge français Bruguière). C’est la raison pour laquelle notamment le procureur général du TPIR Carla Del Ponte avait été viré du TPIR par les américains qui lui reprochaient de s’intéresser de trop près au rôle de Kagame dans le génocide. Depuis, le TPIR n’a pas réussi de quelque manière que ce soit à prouver la planification du génocide par le régime du président Habyarimana et l’acquittement du frère de madame HABYARIMANA par le TPIR ainsi que l’acquittement du colonel Bagasora, présenté par Kigali comme le cerveau du génocide, des crimes de génocide et d’entente en vue de commettre le génocide sont venu porter un sérieux coup à la thèse de Kigali et ont provoqué l’ire de Kagame. En exigeant des français l’arrestation et l’extradition au Rwanda de Mme Habyarimana, Kagame veut être sur qu’elle n’ai pas droit à procès équitable (qui risquerai de la blanchir elle aussi, surtout que le TPIR ne l’a jamais mise en cause) et qu’elle soit condamné par la justice rwandaise à ses ordre pour planification du génocide.
La France à genoux devant un criminel de guerre…pour les richesses du Congo !
Dès son arrivée au pouvoir le général Kagame n’a cessé de servir du génocide, malgré le rôle trouble qu’il a joué, comme fond de commerce pour couvrir et justifier tous les crimes qu’il a pu commettre contre d’autres rwandais (notamment dans le massacre de plus 500.000 refugiés hutus au Congo) ainsi que contre les congolais (plus de 6 millions et ça continue). Kagamé s’est servi de ce même génocide pour accabler la France, seule puissance à s’être interposée au moment des massacres et qui a permis de sauver des millions de rwandais que Kagamé aurait préféré éliminer. Ce dernier l’a confirmé lors de son discours à Murambi le 6 Avril 2007 en disant : « Ce qui me fait le plus mal quand j’y pense, ce sont ces millions de gens qui ont pu fuir le pays sans que nous ayons pu les châtier ».
Parallèlement, depuis que Kagame a pris le pouvoir à Kigali et à Kinshasa par marionnette interposée, la France avait petit à petit perdu son poids et son influence dans une région qui s’avère de plus en plus stratégique pour la croissance économique des grands de ce monde. Mais ça, c’était avant l’arrivée de Kouchner, ami personnel du général Kagamé à la tête des affaires étrangères. Depuis, ce dernier fidèle à sa doctrine de la realpolitik, à tout fait pour rapprocher le président Sarkozy avec Kagame, certainement en omettant de mettre en évidence les crimes commis par ce dernier.
Il est plus qu’évident que la réconciliation entre la France et le Rwanda n’a d’autre justification que le retour de la France dans la région des grands-lacs (et surtout au Congo ou AREVA s’est déjà attribué l’exclusivité sur tout l’uranium congolais) et son alignement sur la politique catastrophique menée par les Etats-Unis et l’Angleterre. C’est triste de voir une grande nation comme la France tomber si bas, et son président serrer sans honte la main du plus grand criminel de guerre depuis Hitler…pour de l’argent. Mais sarkozy le président bling-bling ne nous en avait pas habitués à moins !
22 février 2010
Udps empêchée de tenir son meeting à la place Sante Thérèse
Des tirs en l’air le samedi dernier à N’djili
Kinshasa, le 22/02/2010
Le quartier Sainte Thérèse dans la municipalité de N’djili a vécu, le samedi 20 février 2010, un spectacle déplorable, pendant une dizaine de minutes, entre les éléments de la Police nationale congolaise et les combattants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Ces derniers s’y étaient rendus pour un grand meeting populaire que la hiérarchie du Parti avait prévu à l’occasion du 28ème anniversaire de la création de leur Parti. L’événement, a-t-on appris, était patronné par le Président national en personne, Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Et la police de son côté, très mobilisée, parmi eux des officiers supérieurs, était là pour empêcher que ce meeting puisse avoir lieu. A en croire les officiers commis à la sécurisation de ce meeting populaire, la police a reçu l’ordre du Gouverneur de la Ville, André Kimbuta Yango de réprimander toute tentative de tenue de meeting. Chose que les militants de l’Udps très disciplinés, à l’occasion, ne voulaient pas entendre parler. Côté Udps, a-t-on indiqué, toutes les dispositions ont été prises. Une lettre d’information, comme le recommande la Constitution de la République, a été adressée à qui de droit. Du coup, un langage de sourds s’est installé entre les deux parties. La tension était perceptible. N’eût été l’arrivée à propos de M. François-Xavier Beltchika Kalubye, le Secrétaire Permanent du Conseil National qui a joué au sapeur pompier, le pire serait arrivé. Belcthika Kalubye, après un bref entretien avec l’officier en chef de la police, a instruit tous les militants de vider le lieu, et de se diriger vers la permanence du Parti, à Righini dans la commune de Lemba. Alors que tout était apparemment fini, un autre groupe de policiers qui venait à la rescousse, a croisé les partisans de Tshisekedi chemin faisant et, pour les disperser, les éléments de la police ont immédiatement commencer à tirer en l’air, arrêtant, en passant, même ceux qui n’avaient rien à voir avec l’Udps. Les petits vendeurs du coin n’ont pas été épargnés. Les échauffourées ont lieu juste devant l’Hôpital Sino-Congolais. Une des victimes, Alex Ndomba, Secrétaire national en charge de la mobilisation et de l’encadrement des laissés, témoigne qu’ils ont été arrêtés et détenus pendant plus de quatre heures au commissariat de la police à N’djili. Deux de ses camarades ont perdu leur téléphone portable et un peu d’argent. Approché, Belcthika Kalubye a promis de parler ce mardi 23 février dans un point de presse. L’on se demande quand est ce que l’Udps retrouvera sa liberté d’expression et des réunions comme cela était dans les années 90.
15 février 2010
L'assassinat de la Soeur Dénise à MURHASA/ BUKAVU RDC
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11 février 2010
VITAL KAMERHE HUMILIÉ AU CANADA ET SAUVÉ DU LYNCHANGE PAR LA POLICE D’OTTAWA

CANADA
Qui aurait cru que le combat de la libération de la RDC trouvera aussi écho au Canada, particulièrement dans la capitale fédérale, Ottawa?
Partout dans le monde ou se trouve les vrais enfants de la RDC, la grogne contre le régime d’occupation de la RDC ne tarde pas à s’organiser pour empêcher tout prostitué politique du régime Kanambiste au Congo de prolonger jusqu’en occident leur travail de sape de la mémoire de nos 6 millions de morts suite à une guerre inutile imposée au Congo par les puissances occidentales et les entreprises multinationales. Londres a donné le ton et c’est le tour d’Ottawa, Montréal et Toronto d’entrer en action.
Le mercredi 9 septembre 2010 au sein de l’Université d’Ottawa (UO), Pavillon Demarais. Les compatriotes résistants ont giflé, malmené et humilié le Pseudo Rwando-Burundais, Vital Kamerhe, ex- président de l’Assemblée Nationale de la RDC. Tout s’est passé en présence impuissante de l’honorable Tingombayi du MLC déplacé de Montréal à Ottawa pour écouter le valet de Kanambe, les officiels de l’UO ainsi que de la doyenne de la faculté des sciences sociales de l’UO.
Aux alentours de 12 h 20, entouré d’une forte délégation des 8 collabos congolais venus de Montréal et Toronto sous escorte du Président sortant de la Communauté Congolaise d’Ottawa-Gatineau, le pseudo Rwandais, naturalisé congolais, Justin MATERANIA le cousin germain de Kunda. Le visiteur indésirable, Vital Kamerhe fait un atterrissage forcé à l’UO après un bon moment d’hésitation.
Justin Materania, Chef de protocole de l’événement signala son maître de se diriger vers la salle des conférences pour raison de sa sécurité. Sous l’œil curieux des compatriotes résistants dissimilés dans les rangs de collabos venus chercher des nominations futures et quémander la manne de Pseudo Rwandais-Burundais. L’ambiance est aux allures de surveillance mutuelle entre les deux groupes de congolais (Collabos et compatriotes résistants). L’émissaire de Kanambe crispé et insécure, le Monsieur se précipite à distribuer des salutations au Hall d’entrée pour se décrisper aux publics venus l’humilier sans le savoir. Sourire jaune, il se met à présenter ses cartes d’affaires aux opportunistes venus à sa rencontre.
A 12 h 30, le modérateur ouvra la séance suivi d’un mot d’accueil de 2 minutes de la doyenne de la faculté des sciences sociales de l’UO. Aussitôt qu’elle invita Vital Kamerhe à prendre la parole en présence des officiels de l’UO, un vent de protestation et de résistance congolaise envahi la petite salle # 3120 de 50 personnes max au 3è étage de Pavillon Demarais. De partout on pourrait entendre Kamerhe, Rwandais! Assassin, criminel, voleur, génocidaire, garçon des courses, violeur, menteur. Le mouvement de contestation réclamé que la parole ne soit pas donnée à Kamerhe. Étant Rwando-Burundais et complice de l’imposteur Kanambe, Vital Kamerhe n’a pas le droit de parler aux noms de congolais et moins encore à la diaspora à laquelle il avait dénié tout droit de vote lors des élections de 2006.
Dirigé par le combattant Bamo, le mouvement de protestation a plus de l’ampleur que la salle était pulvérisée et tout s’est paralysé comme dans un film de western. Le groupe de compatriotes combattants résistants ont fait beaucoup de peur que de mal à Kamerhe parce que le mouvement de protestation, après une bonne demi-heure, était contenu par l’escouade anti-émettes de la police d’Ottawa d’une forte légion de 10 voitures de patrouilles. La garde universitaire commise à la sécurité de Kamerhe s’est révélée impuissante devant la grogne des patriotes résistants que l’intervention de la police était bien sollicitée pour sauver Kamerhe des griffes de compatriotes résistants. La trahison, la corruption, la malversation, l’incompétence, le vol avec Kanambe, la complicité avec Kagame de Kamerhe et son infiltration des congolais de l’étranger étaient formellement misent à nu.
Kamerhe est resté pendant au plus 30 minutes immobile, fustigé, pensif et craignant pour sa vie. Une forte raison de le croire parce que la petite salle de classe, qu’on pensait camoufler pour tromper la vigilance des compatriotes résistants n’avait pas d’issue de secours. À moindre accrochage Vital Kamerhe serait gravement blessé avec la colère de la foule qui l’hantait. Le démarrage de sa conférence était un exercice pénible pour l’émissaire de Kanambe. La conférence a repris sa course normale après les émettes, mais dans un climat morose et un froid sibérien, car personne ne voulait après acclamer les tentatives de fausses promesses de Kamerhe dans son plan machiavélique de sortie pour la RDC et la région de Grand-Lacs. Dans son intervention, le traître de Vital Kamerhe s’est positionné comme Leader congolais ayant la solution pour la paix et qui est mieux indiqué pour écouter et appliquer les desideratas de la diaspora congolaise. Il était en mode campagne électorale et prêchait pour sa propre église dans un message creux, sans contenu et sans substance. Évitant clairement dans son discours le sujet de la balkanisation de la RDC, de ses actuelles relations avec Kanambe, ses liens avec leur mentor de Kagame et ses ambitions pour les présidentielles de l’an 2011 s’il y en aura. Sans vergogne, cette fois-ci, Kamerhe s’est dit prêt à collaborer et dialoguer avec la diaspora dans le but de l’induire en erreur comme il en avait fait aux Kivutiens, Kinois et autres lors de la campagne électorale des présidentielles de l’an 2006. Il a nié tout son discours mentionné dans Jeune Afrique qu’il n’était pas un porteur des mallettes
08 février 2010
Les «hallucinations» de l’eurodéputé Louis Michel
Les «hallucinations» de l’eurodéputé Louis Michel
L’eurodéputé belge Louis Michel. Photo C.I.C
Reçu mardi 2 février, à Kinshasa, par Joseph Kabila, l’eurodéputé libéral francophone belge Louis Michel assure avoir constaté un certain changement. Une manière de faire oublier les critiques articulées le 16 décembre dernier, au Parlement européen à Strasbourg, par le commissaire européen libéral flamand Karel De Gucht selon lesquelles la RD Congo serait devenue un «énorme gâchis». Applaudis par les «kabilistes», Louis Michel - qui est également co-président de l’Assemblée paritaire ACP-UE – n’a pas manqué d’exaspérer une certaine opinion congolaise déçue par l’incapacité des gouvernants en place à répondre aux attentes les plus basiques de la population (sécurité des personnes et des biens, approvisionnement en eau et en électricité, nourriture, soins de santé, éducation etc.). Des milieux congolais suspectent des personnalités politiques et médiatiques francophones belges d’être impliqués dans un «complot international» dont le but se résume au maintien de Joseph Kabila au pouvoir.
Quel était le but de la visite que vient d’effectuer l’eurodéputé Louis Michel au Congo ? Etait-ce un voyage d’agrément à l’occasion du 9ème anniversaire de l’accession de Joseph Kabila à la tête de l’Etat ou un déplacement dans le cadre de ses nouvelles fonctions de co-président de l’Assemblée paritaire ACP-UE ? Etait-il allé «consoler» son ancien «protégé»? Au regard des déclarations faites par l’intéressé, il apparaît que l’ancien chef de la diplomatie belge s’est rendu à Kinshasa pour «panser les plaies» infligées au «raïs» par les déclarations décapantes faites par le commissaire Karel De Gucht lors du débat du 16 décembre dernier au Parlement européen. «Karel» regrettait de ne pas trouver des «interlocuteurs appropriés» dans ce Congo qui est devenu, selon lui, un «énorme gâchis». Rappelons que l’eurodéputé Louis Michel avait choisi de hurler avec les loups dans son intervention ce 16 décembre. Il relevait notamment que «les carences du système judiciaire congolais créent un sentiment généralisé d’impunité» avant de souligner que «ce qui reste à reconstruire au Congo, c’est un Etat de droit avec de véritables fonctions régaliennes qui, aujourd’hui, sont totalement inexistantes et donc créent un vide extrêmement grave.»
Fourberie
A Kinshasa, c’est un tout autre homme qui est apparu. Un Louis Michel mielleux, frisant la fourberie. L’homme use et abuse des paraboles. Sans convaincre. Preuve, si besoin en était qu’il n’a pas d’éléments matériels pour démontrer les fondements de ses éloges. «Le malade était gravement malade. Mais le malade sort petit à petit de sa convalescence et retrouve les couleurs», a-t-il déclaré à l’issue de ses entretiens avec le «raïs». De qui, de quoi parle-t-il ? Michel poursuit son monologue en se disant persuadé que la RD Congo dispose des atouts indiscutables pour que la machine se remette à «fonctionner». L’eurodéputé d’ajouter : «Chaque fois que je viens ici je trouve des éléments nouveaux». Lesquels ? On peut imaginer qu’il fait allusion aux travaux de réfection de quelques altères de la capitale – à ne point finir - autant qu’au «boom immobilier» perceptible à travers la ville. Michel s’est dit «impressionné» par la volonté de Kabila à «accélérer le processus». Qu’en est-il de la qualité de vie de la population? Pas un mot.
Michel a fait l’éloge du Parlement de la RD Congo. «Je trouve dans ce Parlement un véritable esprit de débats, de contrôle démocratique, a-t-il estimé. Je vais suffisamment dans des pays en développement pour vous dire et vous témoigner qu’on ne voit pas cela partout». Le parlementaire européen feint d’ignorer que la présidence de l’Assemblée nationale a été décapitée par le président de la République. On peut gager que l’homme n’a pas évoqué les sujets qui fâchent avec le "raïs". C’est le cas des députés provinciaux qui ont passé à tabac à Lubumbashi par des membres de la «Jeunesse» du parti du président de l’assemblée provinciale du Katanga.
Tiraillement
Notons que le commissaire européen Karel De Gucht était, dimanche 31 janvier, l’invité du journaliste Pascal Vrebos de la télévision commerciale RTL-Tvi. L’homme n’a pas voulu remuer le couteau dans la plaie en commentant les récentes critiques qu’il a formulées à l’encontre du tout nouveau ministre belge des Affaires étrangères, le CD&V Steven Vanackere, qui a été photographié entrain de trinquer avec Kabila. N’aime-t-il pas le Congo parce qu’on y parle français ?, demande le journaliste. «J’aime beaucoup le Congo, répond De Gucht. J’ai beaucoup visité ce pays. Je suis peiné de voir le Congo dans sa situation actuelle.»
Depuis le début des années 90, les hommes politiques flamands et francophones belges semblent s’affronter au sujet de l’attitude à adopter vis-à-vis du Congo-Zaïre. Si un certain unanimisme était perceptible sous le régime Mobutu, cette unité de vue est partie en éclat depuis l’arrivée des Kabila au pouvoir. Le monde politique flamand est resté globalement «très critique» sur le processus démocratique, la gouvernance et les droits et libertés. Les milieux francophones paraissent plus accommodants. On entend des formules du genre «il faut donner le temps au temps.»
On peut comprendre que certains citoyens congolais suspectent des personnalités politiques et médiatiques francophones de faire partie d’une «vaste conspiration internationale» dont le but est de maintenir Joseph Kabila au pouvoir pour conforter certains intérêts étrangers. Et ce, en dépit de son bilan «globalement négatif» au plan sécuritaire, économique et social. Les partisans de cette thèse épinglent quelques faits. Dans un article publié dans son édition daté 20 janvier 2001, le quotidien bruxellois annonçait que Joseph Kabila, désigné pour succéder au «Mzee», «est à moitié tutsi», par sa mère. Cette information a fait le tour du monde. Une semaine après, soit le 26 janvier, «Le Soir» s’est rétracté en soutenant cette fois que la mère de «Joseph» «est bien Congolaise». Son nom : Safi (Sic !) Manya. Depuis l’arrivée de Joseph au pouvoir les articles revêtus de la signature de la journaliste Colette Braeckman ressemblent de plus en plus à de «papiers de propagande». C’est le cas notamment d’un commentaire intitulé : «Botika Mwana». En lingala dans le texte. Traduction littérale : Foutez la paix au gamin ! Un étrange revirement éditorial de la part d’un organe de presse qui avait fait mine un moment de «se battre» pour la promotion des valeurs démocratiques et du respect des droits de l’homme au Congo-Zaïre.
Hallucinations
En octobre 2004, Karel De Gucht, tout nouveau ministre des Affaires étrangères, entame sa première tournée africaine. A l’étape de Kigali, il lâche : «Je n’ai pas rencontré des hommes d’Etat au Congo». De Gucht aurait été surpris par le peu de souci que les dirigeants congolais – le chef de l’Etat en tête - accordaient aux questions d’intérêt général. Le libéral francophone Armand de Decker, alors ministre de la Coopération au développement réagit vivement : «Cette prise de position est de nature à affaiblir le président Joseph Kabila et à renforcer les mobutistes qui risquent de revenir au pouvoir.» Au lendemain des affrontements entre les soldats attachés à la sécurité de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba et les hommes de la garde prétorienne de Kabila en mars 2007, De Decker est interrogé au journal télévisé de RTL-Tvi à 13 heures. Sans attendre les conclusions de l’enquête ouverte par la Monuc, il désigne le coupable et les innocents: «J’espère que Jean-Pierre Bemba est conscient de la responsabilité politique très, très grande qu’il porte». Il ajoute : «Nous sommes dans une situation où, après des élections transparentes, un gouvernement légitime est en place. Et le perdant ne veut pas accepter sa défaite. Aussi, lance-t-il ses hommes dans la ville pour déstabiliser le régime». «Jean-Pierre Bemba doit comprendre qu’il ne peut pas prendre la reconstruction du Congo en otage pour ses intérêts personnels. Maintenant le président Kabila et le Premier ministre Gizenga peuvent poursuivre leur travail avec une détermination plus grande», conclut-il. Rappelons que lors d’un voyage à Kinshasa, De Decker avait trouvé des mots pour justifier le massacre des adeptes de Bundu dia Kongo par des policiers, qualifiés de "membres d’un mouvement insurrectionnel". On devrait parler d’aveuglement.
Inutile de rappeler les interventions partisanes du commissaire européen Louis Michel sur la même chaîne au cours desquelles il a présenté l’actuel président congolais comme étant «l’espoir pour le Congo» ou encore «L’homme de la situation.»
Tous ces compliments laissent sceptiques les premiers intéressés en l’occurrence les Congolais. La grande majorité des Congolais attendent depuis neuf ans les premiers signes du changement dans sa vie quotidienne. A Kinshasa, Louis Michel n’a rien vu. Il a été victime de ses hallucinations.
Madeleine Wassembinya/B.A.W
01 février 2010
Il y a 50 ans: La fin du Congo belge et le début du néo-colonialisme

Suite aux révoltes qui éclatèrent en 1959 dans la colonie belge du Congo, la conférence, dite de « la Table Ronde », entre les grands partis belges et les tout nouveaux partis congolais débutait en janvier 1960 à Bruxelles. Cette conférence allait déboucher sur la promesse d’octroyer l’indépendance du Congo pour juin 1960 mais en coulisse le gouvernement et la bourgeoisie belge préparaient la poursuite du pillage des riches ressources congolaises.
Pour comprendre les enjeux de cette conférence, il faut se replacer dans le contexte de l’effondrement du système colonial après 1945. Le choc de la Deuxième Guerre mondiale avait renforcé les contradictions des sociétés coloniales à travers le monde. La guerre avait généré des famines. Elle avait aussi transformé des millions d’hommes colonisés en soldats qui avaient été plongés dans les combats les plus meurtriers et qui ne voulaient plus être traités comme des esclaves. L’explosion anticolonialiste débuta directement à la fin de la guerre avec les révoltes dans l’empire français en Indochine (actuels Vietnam, Laos et Cambodge), à Sétif en Algérie, à Madagascar ainsi que dans l’empire britannique des Indes. Le retrait britannique de l’Inde, la défaite de l’armée française par les combattants anti-impérialistes indochinois en 1954 et le début de la guerre d’Algérie montraient aux grandes puissances impérialistes européennes qu’il serait de plus en plus difficile de garder les colonies comme telles.
Pourtant, le gouvernement belge ne voulu rien savoir. Dès 1946, le gouverneur général belge qui dirigeait le Congo avait pourtant constaté que rien ne serait plus comme avant la guerre et qu’il faudrait changer de système. Mais les gouvernements belges comme la puissante Société Générale de Belgique, la plus grande multinationale belge qui contrôlait les ressources minières du Congo, ne voulait pas lâcher la poule aux œufs d’or. Les colons blancs ne voulaient pas renoncer à leurs privilèges face aux indigènes qu’ils traitaient comme des domestiques et qu’ils exploitaient dans des conditions similaires à celle de l’Europe du 19ème siècle, voire du Moyen Age.
Les filiales des multinationales belges opérant au Congo étaient capables de générer du profit deux fois plus vite que les entreprises opérant en Belgique. La Société Générale et le gouvernement belge pillèrent l’uranium du Congo pour aider le développement de l’armement nucléaire américain et pour développer l’industrie nucléaire belge dans les années 1950 (Electrabel sera une filiale de la Société Générale). A la fin des années 50, l’indépendance du Congo n’était pas à l’ordre du jour de la bourgeoisie belge et de son gouvernement. Ainsi, un rapport officiel belge de 1958 prévoyait que le Congo pourrait éventuellement devenir indépendant dans les années 1980 !
Si la colonie rapportait beaucoup, elle n’avait pratiquement rien coûté aux dirigeants belges. Les infrastructures restaient très peu développées, hormis ce qui était nécessaire à la production et au transport des matières premières pillées par les entreprises belges. Elles avaient été construites par le travail forcé des peuples indigènes du Congo dont l’exploitation brutale de la fin du 19ème siècle s’était traduite par des millions de victimes. Les systèmes, plus que rudimentaires, de santé et d’éducation des congolais étaient principalement organisés par des religieux. En 1959, il n’y avait que quelques dizaines de congolais qui avaient eu accès à l’enseignement supérieur. La modernisation de la colonie s’était donc limitée à ce qui était indispensable au pillage des ressources naturelles du Congo.
Pendant cinquante ans les colonisateurs belges ,« civilisateurs », s’appuyèrent sur les chefs de tribus traditionnels pour diriger la colonie plus facilement et à moindre coût. Cela renforça des logiques tribales qui divisèrent les différentes ethnies congolaises pendant des décennies, qui bloquèrent l’émancipation des femmes et la diffusion des idées progressistes. Il fallait maintenir les colonisés dans l’ignorance et le conservatisme pour éviter des révoltes généralisées contre l’oppresseur colonial.
Le gouvernement colonisateur belge avait tout fait pour limiter l’émergence d’une conscience politique au sein des masses congolaises. Pourtant, l’explosion eut lieu en 1959. Le gouvernement belge se rendit à l’évidence, les populations congolaises ne se laisseraient plus faire comme jadis alors que tant d’autres peuples luttaient pour leur indépendance, y compris par la voie armée. En pleine guerre d’Algérie, le gouvernement belge ne pouvait que constater l’échec de l’armée française empêtrée dans ses guerres coloniales sanglantes, coûteuses et de plus en plus impopulaires en France elle-même. Le Congo ne pouvait pas devenir une autre Algérie.
En janvier-février 1960, le gouvernement belge organisa alors une conférence, dite de « la Table Ronde », à laquelle il invita les grands partis belges (sauf le Parti communiste) et les partis congolais qui venaient de se former. Quelques mois auparavant, le gouvernement belge envisageait encore de garder pendant des dizaines d’années un contrôle belge au Congo sur les affaires étrangères, la défense, l’économie, les transports et communications, la monnaie. Mais face à l’opposition des congolais indépendantistes et la peur d’une révolte générale, il fut convenu de donner l’indépendance au Congo pour juin 1960 ! Les grands partis belges (chrétiens, libéraux et socialistes) prétendirent ainsi « remettre toutes les clefs » du Congo aux Congolais.
Rien n’était plus faux. Le gouvernement belge, la Société Générale et les autres capitalistes belges ayant des intérêts au Congo continuèrent d’intervenir pour garder le contrôle des richesses minières congolaises. Ils décidèrent de créer une guerre civile qui allait déboucha sur la mise en place la dictature sanglante de Mobutu qui soumettra le Congo aux puissances occidentales pendant plus de trente ans !
Après la conférence, dite de « la Table Ronde, le gouvernement belge continua de contrôler l’appareil d’Etat colonial, certains partis congolais et la formation des cadres de l’armée, notamment du premier futur chef d’Etat major, un jeune sergent du nom de Mobutu. Malgré cela, les premières élections virent le succès de Patrice Lumumba, un ancien commis postier et petit employé d’une brasserie qui était devenu militant anticolonialiste. Lumumba voulait bâtir un Congo indépendant, moderne, capable de dépasser les clivages ethniques. Il devint alors le premier ministre du Congo indépendant au grand dam de la bourgeoisie belge qui ne le trouvait pas assez docile. La bourgeoisie belge le présenta comme communiste pro soviétique (ce qu’il n’était pas). Ainsi le grand journal catholique la Libre Belgique n’hésitait pas à la caricaturer avec des cornes de diable et à publier un éditorial qui regrettait que l’armée belge ne l’élimine pas simplement « d’un geste viril »!
Pour casser Lumumba, le gouvernement belge et la Société Générale organisèrent la guerre de sécession de la province du Katanga, la plus riche en ressources minières, dix jours seulement après la proclamation de l’indépendance. Le Congo fut alors plongé dans une sanglante guerre civile. Mais le gouvernement américain s’opposa à l’intervention directe belge car il craignait qu’une démarche aussi grossièrement colonialiste ne renforce le camp anti-impérialiste à travers toute l’Afrique. Le choix des services secrets américains et belges se porta alors sur le servile Mobutu et ils décidèrent d’assassiner Lumumba. Sous le couvert d’une intervention de l’ONU, les gouvernements des Etats-Unis et la Belgique aidèrent Mobutu à prendre le pouvoir organisant un coup d’Etat militaire.
Mobutu devint le dictateur à vie qui allait laisser les multinationales belges, américaines et françaises piller son pays tout en s’enrichissant de manière scandaleuse. Pendant des décennies, Mobutu prit 15 à 18% du budget de l’Etat pour sa présidence, soit environ 100 millions de dollars par an ! A ceux qui osaient le contester, les bourreaux de Mobutu n’hésitaient pas à torturer, à violer et assassiner par milliers les opposants. Cela n’empêcha pas la Belgique de continuer à former des officiers de l’armée du dictateur, pendant que le roi Baudouin et la reine Fabiola devenaient les parrains des enfants de Mobutu !
La corruption, la répression et le pillage systématique du pays par Mobutu et sa clique ainsi que par les grandes entreprises étrangères finirent par provoquer l’effondrement progressif de l’Etat au cours des années 1980-1990. En 1997, le gouvernement de Mobutu fut chassé par les armées voisines du Rwanda et de l’Ouganda et son régime s’effondra. Le pays se retrouva alors plongé dans une guerre sanglante pendant plus de dix ans dans laquelle se sont affrontés des bandes armées des seigneurs de guerre congolais ou étrangers, soutenues par les grandes puissances occidentales comme la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.
Mais les matières premières ont continué d’être pillées pour le profit des firmes multinationales. En 2007, les Nations-Unies estimaient que, depuis 1997, entre 5 et 10 milliards de dollars de matières premières avaient été pillées pour être revendues sur les marchés internationaux par les divers seigneurs de guerre opérant au Congo. La guerre au Congo a déjà tué plus de trois millions de personnes. Des centaines de milliers de femmes ont été violées et mutilées par des soldats. Ces massacres en ont fait le conflit le plus sanglant dans le monde depuis la deuxième guerre mondiale et le gouvernement actuel n’a aucune marge de manœuvre face aux grandes puissances occidentales et aux entreprises étrangères qui continuent de piller le pays.
Il y a 50 ans se terminait officiellement la colonisation belge au Congo. Mais aussitôt les puissances impérialistes occidentales, en premier lieu la Belgique, les Etats-Unis et la France, mirent en place un système de contrôle indirect qui devait assurer la poursuite du pillage des ressources du nouvel Etat pseudo indépendant. La dictature brutale de Mobutu allait dégénérer au point de mener à une des plus sanglantes guerres de l’histoire de l’humanité. Voilà le triste bilan de la colonisation capitaliste belge au Congo et du système néocolonial mis en place dans les années 1960.
Deux bilans de la colonisation belge au Congo
Lors de la cérémonie de passation de pouvoir pour l’indépendance qui se déroula le 30 juin 1960 à Léopoldville (actuelle Kinshasa), le Roi Baudouin, paré de sa tenue d’apparat militaire coloniale blanche, présenta la version officielle de l’histoire du Congo belge :
« L'indépendance du Congo constitue l'aboutissement de l'œuvre conçue par le génie (sic) du roi Léopold II. Pendant 80 ans, la Belgique a envoyé sur votre sol les meilleurs de ses fils, d'abord pour délivrer le bassin du Congo de l'odieux trafic esclavagiste; ensuite pour rapprocher les unes des autres les ethnies, jadis ennemies. Lorsque Léopold II a entrepris la grande œuvre qui trouve aujourd'hui son couronnement, il ne s'est pas présenté à vous en conquérant mais en civilisateur (…)
29 janvier 2010
Pourquoi le Kivu n'a pas été définitivement été rattaché au Rwanda
L’hypothèse du Docteur Strizek sur le choix de Museveni et Kagame par les USA
Résumé de sa conférence tenue à Mönchengladbach (lu et corrigé par lui-même) le 16/01/2010
Le choix de Museveni et de Kagame à partir d'octobre 1993 par l'administration Clinton fut dicté par le souci de s’attaquer au terrorisme à partir du Soudan après le coup d’Etat d’Omar El-Béchir en 1989.
Initialement, après la fin de la guerre froide au cours de laquelle Mobutu a joué un rôle important en faveur des intérêts occidentaux l'administration de Bush père en conformité avec Mitterrand voulaient se débarrasser des alliées désormais gênants. Le ministre des affaires étrangères américain James Baker a rendu visite à Mobutu le 24 mars 1990 à Kinshasa pour le remercier confidentiellement des services rendus mais qui ne seraient plus nécessaires. Il fallait, comme alliés, des régimes plus démocratiques. Mobutu a compris et démissionné comme Président du parti d'état un mois plus tard. Mitterrand préférait une action plus spectaculaire avec son discours lors du Sommet Franco-africain à la Baule en juin 1990. La pression de démocratiser a produit des conférences nationales et tables rondes dans beaucoup de pays. Puisque les exilés Tutsi en Ouganda n'avaient pas de chance de gagner des élections, ils ont entrepris une invasion à partir de l'Ouganda le 1er octobre 1990. Au début les Américains n'ont pas soutenu la victoire complète du FPR. Ils ont longtemps opté pour un partage de pourvoir et de décharger Museveni des ces exilés devenus encombrants. Mais après la débâcle de Mogadiscio le 3 octobre 1993, Clinton a décidé de retirer tous les soldats Américains de l'Afrique considérée sans importance économique et politique. Cette décision a provoqué une réaction de la part des milieux politiques et militaires Américains que avaient en vue les intérêts sécuritaires que le Soudan représente dans la stratégie américaines au Proche orient. Les USA avaient donc besoin de gens capables de se battre contre Omar El-Béchir, le cas échéant. Museveni accepte le marché et sollicite que ses alliés Américains l’aident à se décharger des problèmes liés à la présence des Tutsi Rwandais en Ouganda et de « le libérer » des exigences démocratiques dans son propre pays (et au Congo). Pourquoi ?
Pour les USA, l'Ouganda représentait un rempart contre le Soudan et il fallait accepter ses conditions. Concernant le Rwanda, il fallait laisser tomber les Accords d'Arusha et permettre au FPR de prendre le pouvoir à Kigali même au prix de l'assassinat du Président Habyarimana (s'il n'était pas prêt à démissionner) et établir un régime pro-américain qui ferait la liaison entre l'Ouganda et la province Orientale pour approvisionner les rebelles du Soudan du sud, ce que Mobutu a toujours permis. Mobutu aussi fut "libéré" de la pression démocratique exercée par Tshisekedi. Tout d'un coup Mobutu apparaît de nouveau sur la scène internationale parce qu'il était prêt à recevoir les réfugiés Hutu prévisibles pendant la conquête du pouvoir par le FPR. Mais quand on a appris la gravité de sa maladie en 1996 il fallait le remplacer et éviter l'arrivée au pouvoir du nationaliste Tshisekedi peu susceptible de jouer le jeu anti-Khartoum. Museveni dénichera Laurent-Désiré Kabila et en fera son allié (avec Kagame) pour poursuivre les Hutu réfugiés au Congo et les exterminer. Cette extermination des Hutu (et autres réfugiés Tutsi) fut justifié par la "menace génocidaire" que les réfugiés Hutu représentaient pour la dictature de Kagame qui fut justifié par la thèse de l’arrêt du génocide initié par les Hutu. La guerre du Congo était donc présentée au monde comme une mesure pour enlever cette menace et consolider la dictature (dite anti-génocidaire) de Kagame.
L’avancée de Kagame sur le sol congolais répondait aussi à un vieux rêve : s’aliéner les deux Kivus, terres toujours enviées par ses aïeux. La guerre de l’AFDL aurait pu prendre fin après la chute de deux Kivus si les Américains n'avaient pas voulu mettre en place Laurent-Désiré Kabila à Kinshasa. Ses alliés l’aideront à assouvir son ambition jusqu’au jour où il décidera de se débarrasser d’eux. Face au refus de ses alliés FPR de retourner chez eux, une guerre éclatera (le 02/08/1998) et les Américains viendront à leur secours pour éviter le pire.
Après la mort de Laurent-Désiré Kabila, Kagame obtiendra de ses alliés Américains et Européens - l’intervention de l’Eufor au Congo est à situer dans ce contexte - que le Congo soit dirigé pour « un jeune Rwandais inoffensif » en la personne de « Joseph Kabila ». Ceci permettrait au Rwanda de faire main basse sur les richesses du Congo et d’être sûr que le danger pour la lutte contre son pouvoir dictatorial ne viendrait pas de la RD Congo.
L'administration Bush junior était prête à accepter ce "marché passé" mais refusait d'honorer la promesse de Madeleine Albright de céder les Kivu au Rwanda. Lors de la visite de Kagame et de Joseph Kabila à Washington fin janvier 2001 le nouveau ministre des affaires étrangères américain Colin Powell leur a signifié que les frontières du Congo ne devaient souffrir d’aucune modification. Quand Kagame et Nkunda voulaient mettre en cause cette détermination vers la fin de l'administration Bush, la ministre des Affaire étrangères Condoleezza Rice leur a donné une leçon. En décembre 2008, ils ont dû arrêter l'avancée de leurs soldats juste avant de prendre Goma. Mme Rice a seulement fait savoir qu'elle avait téléphoné à Kagame!
Le Docteur Strizek est revenu sur la question des frontières pour souligner le fait que Mme Clinton n'a pas visité le Rwanda lors de son périple africain. Mme Clinton avait au contraire insisté avant d`être prête à rencontrer Joseph Kabila à Goma que Kagame rencontre Joseph Kabila à Goma. Cela a été un signal fort : c’était une façon de lui dire que les frontières du Congo sont intangibles. Elle a même rédigé un article dans lequel elle reconnaît que les guerres au Congo ont fait plus de 5.000.000 de victimes. Strizek a pourtant émis de doutes pour savoir s'il s'agit déjà d'un changement définitif de la politique américaine en faveur le la paix dans la Région des Grands Lacs africains. On ne connaît pas encore l'analyse que fait le Pentagone des intérêts militaires dans la Région. Mais il n'est pas exclu qu'ils arrivent à la conclusion que la dictature de Kagame cause plus de problèmes que d'avantages sécuritaires.
« La communauté internationale est co-responsable de l’échec »
A bout portant
La question n’est pas la bonne. Il ne s’agit pas de savoir qui est fréquentable, et qui ne l’est pas. Mais de savoir si la Belgique et la République Démocratique du Congo (RDC) peuvent retrouver une intersection de leurs agendas et de leurs intérêts ; et comment. M. Vanackere doit prendre une distance par rapport aux années « troubles », quand M. De Gucht était ministre des Affaires étrangères ; il doit recoller les morceaux, ce n’est pas une tâche facile. D’autant qu’il n’a pas les moyens de devenir le grand acteur que certains Belges auraient souhaité. La Belgique n’est plus un partenaire qui compte beaucoup pour le Congo ; d’autres acteurs pèsent bien plus lourd, comme la Chine ou les agences onusiennes et la Monuc. La Belgique est désormais un petit partenaire symbolique.
Où sont les résultats de la réforme ? Il n’y a pas plus de sécurité avec la Monuc. Que dire de la réforme du code minier et du code des investissements ? Si on évalue les actions entreprises depuis 2002, on voit que le Congo n’a pas progressé. Lisez les rapports de Human Right Watch et d’autres ONG : l’espace démocratique s’est rétréci, au lieu de s’élargir.
Tous les leaders africains veulent des élections. Ils peuvent prétendre avoir été élus démocratiquement, et ensuite faire ce qu’ils veulent. Il y a une instrumentalisation des procédures démocratiques ; il n’y a pas de lien direct entre élections et démocratisation.
Il y a un échec de la réforme : on n’a pas su créer de véritables institutions démocratiques et améliorer le bien-être des Congolais. Et à mes yeux, la responsabilité de cet échec est partagée par la communauté internationale et par le régime Kabila. Les partenaires internationaux ne partagent pas un même schéma directeur. Chacun a son propre agenda ; les approches sont fragmentées et souvent contradictoire. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Il y a beaucoup mois de développement aujourd’hui qu’il y a 50 ans ! On peut même se demander si la communauté internationale souhaite vraiment que le Congo devienne fort et indépendant. Ou bien, au contraire, si elle ne souhaite pas maintenir le pays dans un état de dépendance, afin de mener à bien une stratégie de néo-tutelle. En ce sens, je suis bien plus critique par rapport à la communauté internationale que par rapport au régime. Cela dit, les autorités congolaises ne souhaitent pas les réformes, car elles bénéficient du contexte actuel. Si un véritable changement intervenait, toute la classe politique congolaise sauterait.
Une thèse à la mode est qu’il faudrait couper totalement l’aide aux pays pauvres, développée notamment dans
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« Aucun ministre n’a dit que tout était merveilleux au Congo »
A bout portant
Le système politique congolais est un système que l’on qualifie en science politique de système d’« Etat fragile ». Les élus du peuple y sont plus sensibles à la corruption que dans les pays riches. C’est une fragilité de l’Etat qui crée ce problème-là. Sur le plan théorique, la question de principe est de savoir si, pour aider les Etats fragiles, on attend qu’ils soient devenus des Etats qui appliquent les règles de bonne gouvernance ou si, au contraire, on se dit que ces règles de bonne gouvernance devront suivre et non pas précéder la construction du développement économique et de l’Etat.
Sur le plan pratique, on peut faire remarquer qu’à l’époque où il était ministre des Affaires étrangères, bien qu’il ait prononcé des paroles dures à l’encontre du monde politique congolais, Karel de Gucht a quand même continué à maintenir, voire à augmenter, le flux de la coopération de la Belgique. On n’a donc pas l’impression qu’il était aussi dur dans son action que dans ses paroles. C’est peut-être lié à son caractère. Il y a une franchise, une spontanéité chez Karel De Gucht ; il a lui-même reconnu qu’il n’était pas diplomate, raison pour laquelle, disait-il, il était entouré de diplomates… L’attitude de Steven Vanackere apparaît plus conciliante en apparence, mais le tout sera de voir si, sur les critères d’attribution des aides, il sera également plus conciliant, ou au contraire plus sévère que Karel De Gucht.
Cela dit, il n’y a aucun ministre qui est arrivé en disant que tout était merveilleux au Congo. La Belgique essaye d’exercer ses responsabilités avec prudence. Elle ne soutient pas toutes les initiatives. Il arrive qu’elle tienne des discours clairs et durs vis-à-vis de certains dirigeants congolais. Mais la plupart du temps, elle accompagne le processus dans la mesure de ses moyens, car il se fait qu’au Congo, le nom de Bruxelles, Liège ou Gand sont plus familiers que ceux de Shanghai ou même Washington.
26 janvier 2010
Faut-il laisser faire ?
BANA-CONGO
Mouvement de Pression pour la Libération du Congo (R.D.C.)
Forme juridique : Association Sans But Lucratif (ASBL)
N° d'entreprise: 866 352431
Adresse: Galerie d'Ixelles 52
1050 Bruxelles (Ixelles)
Blog : banacongo.afrikblog.com
Année du cinquantenaire des « indépendances » de bon nombre de pays d’Afrique, 2010 voit déjà son premier mois courir à sa fin. Autant dire que le compte à rebours des célébrations des cinquantenaires est déjà lancé, surtout pour le Congo – R.D.C.
Dans le cas précis de ce pays, l’agitation et la mobilisation trouble autour des préparatifs du cinquantième anniversaire du « 30 juin » suscitent bien de questions quant à l’attitude des uns et des autres intéressés de près ou de loin.
Comment ne pas s’étonner de la fébrilité faussement désintéressée de certains officiels ou particuliers belges qui s’impliquent avec un zèle qui dépasse de loin l’activisme souhaité des premiers concernés, les Congolais eux-mêmes ?
Que diraient les mêmes belges des ressortissants hollandais qui se permettraient de s’emparer de l’organisation d’un quelconque jubilé de l’indépendance de la Belgique comme eux sont en train de le faire pour le Congo ?
Que dirait-on des espagnols reproduisant le même geste à l’égard des néerlandais ? Des britanniques s’exhibant de la même façon vis-à-vis des américains ? Etc.
La plus curieuse des questions est soulevée par l’instrumentalisation d’une probable future visite royale à Kinshasa pour la circonstance. Noter que la même visite a été à maintes reprises évoquée comme prétexte pour venir à la rescousse d’une diplomatie approximative ou d’une politique peu avouable inspirée par des personnages peu scrupuleux qui veulent s’appuyer, dans la foulée, sur les moyens de l’Etat belge pour faire accréditer des opérations difficiles à laisser à découvert.
Pourquoi veut-on absolument amener le Roi à s’impliquer dans des opérations politiques aux issues incertaines relatives aux rapports d’Etat à Etat entre la Belgique et le Congo alors que, d’ordinaire, il n’est pas censé se mêler de politique ?
Hier, son illustre prédécesseur n’a pas pu supporter le rappel de devoir de mémoire qui lui a été fait par le Premier « Premier Ministre » du Congo lors de la cérémonie officielle de proclamation de l’indépendance.
Aujourd’hui, le Souverain, que l’on veut amener à se souiller les mains dans le Congo ensanglanté depuis bientôt vingt ans, est-il prêt à soutenir une autre interpellation sur la responsabilité de quelques-uns de ses sujets ou d’autres instances du royaume dans la dégradation de la situation du Congo des vingt dernières années ?
50 ans après le 30 juin 1960, le Congo présente une image moins glorieuse que celle qu’il pouvait présenter à cette date là. Tout n’est évidemment pas de la faute de l’autre, fut-il belge. Dans ses 50 ans, le Congo a connu aussi des heures de gloire qui pouvaient inciter ses fils et filles à des rêves de grandeur.
Le rôle joué par la Belgique dans l’aventure sécessionniste katangaise de 1960 ne se démontre plus. Le Congo a pu se rattraper plus tard, peut-être bien avec l’aide d’autres belges bien intentionnés, pour se ressouder et prendre un plus bel élan avec la « Constitution de Luluabourg ».
Si des esprits peu sincères peuvent douter d’une quelconque implication de la Belgique dans le coup d’Etat du 24 novembre 1965, il y a lieu de leur rappeler tout simplement que la notification de la déchéance du Chef d’Etat en fonction a été rédigée par un colonel belge.
Tout et le contraire a été dit sur le pouvoir né de ce coup d’Etat car il traînera 32 ans durant en laissant s’échapper par occasion quelques ambiguïtés de la politique belge.
Il n’y a pas longtemps de cela, on vient de voir comment l’ « expertise belge » dans la connaissance du Congo a transféré à celui-ci les conséquences des troubles créés au Rwanda voisin en 1994. Sans passer sous silence l’ineptie des solutions politiques imposées depuis lors au Congo après en avoir convaincu du bien fondé quelques partenaires « naïfs » de l’Union Européenne.
Est-il honnête et humain de la part du Souverain d’aller « fêter » les 50 ans d’indépendance du Congo alors que celui-ci est endeuillé injustement et placé sous un pouvoir de terreur d’Etat ?
Les cris de larme des Congolais et des Congolaises sont jusqu’à ce jour ignorés du reste du monde. Les cris de douleur des veuves, des orphelins et des victimes des atrocités les plus inimaginables laissent imperturbables la communauté dite internationale. Mais, les cris de colère et d’indignation du peuple congolais ne laisseront plus personne indifférent.
L’amitié brandie du Souverain ne peut pas se démontrer à travers une visite officielle qui ne pourrait s’interpréter que comme une prime au génocide non avoué du peuple Congolais perpétré depuis l’avènement de la fausse « libération » de l’AFDL prolongée par le pouvoir actuel régnant en R.D.C par la terreur, la corruption, le viol massif des femmes de tous âges, la tricherie et l’impunité. D’autres caractéristiques indéniables de ce pouvoir exécrable sont régulièrement fournies par M. Karel De Gucht et divers rapports crédibles des missions de l’ONU et d’ONG internationaux de protection des droits humains.
S’obstiner à défier l’honneur et la dignité du peuple congolais très durement éprouvé a un prix qu’il sera difficile d’éviter de payer demain si jamais …
Fait à Bruxelles, le 20 janvier 2010.
Pour BANA CONGO, Mouvement de Pression pour la Libération du Congo,
Aubin KIKONKA KILU KANDA
24 janvier 2010
Karel De Gucht critique la rencontre Vanackere-Kabila
Le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire Karel De Gucht a vivement critiqué dimanche, sur le plateau du Zevende Dag (VRT), le ministre belge des Affaires étrangères Steven Vanackere (CD&V) pour son entretien récent avec le président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila.
"Ce qui se passe au Congo est un drame inconcevable. En tant qu'être humain, je n'aurais pas pu me résoudre à avoir un entretien agréable avec Kabila, un verre de bière à la main", a déclaré M. De Gucht, l'un des prédécesseurs de M. Vanackere aux Affaires étrangères. Ce dernier avait rencontré mardi le chef de l'Etat congolais, au cours d'une escale à Lubumbashi lors d'un déplacement de plusieurs jours en Afrique centrale.
"Rencontre courtoise"
Dans un entretien enregistré diffusé dimanche sur la VRT, M. Vanackere observe qu'il ne revient pas à un ministre belge de "délivrer des diplômes", évoquant ainsi les positions de M. De Gucht sur la RDC, jugées offensantes par Kinshasa. Le chef de la diplomatie belge dément s'être "aplati" devant Joseph Kabila et qualifie son entretien avec ce dernier de "rencontre courtoise" au cours de laquelle aucun sujet n'a été évité.
Karel De Gucht, pour sa part, a ironisé sur le fait que, depuis qu'il n'est plus ministre des Affaires étrangères, "cela va mieux au Congo, il y a moins de viols, la situation dans l'est s'arrange et la corruption est combattue". "Si ce n'est pas le cas, je ne pourrais pas imaginer que le ministre Vanackere, si bien intentionné, aille boire un verre de bière avec Kabila. Je ne l'ai d'ailleurs jamais fait", a-t-il commenté.
Par ailleurs, interrogé sur l'éventualité d'une visite du roi Albert II en RDC le 30 juin prochain, à l'occasion des 50 ans de l'indépendance du pays, le ministre Vanackere considère que cette présence royale ne constituerait pas forcément une légitimation pour le gouvernement congolais, d'autant que bon nombre de chefs d'Etat feront à cette occasion leur visite officielle. "J'ai le sentiment que, pour gagner la confiance, l'on doit aussi donner quelque chose", a-t-il commenté. (belga/mb)


















