La visite du Souverain belge en R.D.C à l’occasion des festivités du 50ème anniversaire de l’Indépendance du Congo est confirmée. Ainsi en a décidé le gouvernement fédéral belge. Le ²MPOKE² de BAKOLO CONGO en prend acte.

Selon qu’elle a été perçue comme un appui ou non au pouvoir installé à Kinshasa, la question de la visite royale, sujet fort controversé, a opposé des tendances politiques belges, sans consultation d’avis des Congolais. 

Le ²Mpoke² de BAKOLO CONGO, plate-forme politique engagée dans la lutte pour la libération du Congo, ne peut taire son indignation devant l’obstination d’un clan belge d’assumer les échecs patents d’un produit honni du peuple Congolais et décrié par l’Union Européenne, qui perpétue l’idée d’un ²Congo – zone d’influence belge², 50 ans après l’indépendance.

Après la parodie électorale et la manipulation hyper médiatisée d’un des leurs en soutien à J. Kabila, le Cinquantenaire de l’Indépendance du Congo a servi d’aubaine pour rééditer le folklorique ballet dudit clan, semblable à celui qui a été initié lors du cirque électoral en 2006 avec les chefs des partis francophones. Une comédie en deux actes.

Au premier acte, la mission belge conduite par Mme L. Onckelinx, Vice-Première Ministre et Ministre de la Santé, accompagnée des patrons des Mutuelles francophones, s’est inscrite dans l’art de la fascination des projets sociaux en faveur de la santé des populations pour combler le déficit social d’un pouvoir irresponsable.

La mobilisation de cette stratégie dans un secteur aussi sensible pour appâter la population n’a pas caché l’appui que cette mission est venue apporter à un pouvoir connu pour son incapacité, son incompétence, sa mégestion,  la corruption institutionnalisée et le déni de la démocratie.

La démarche elle-même a confirmé que ce pouvoir n’apporte aucune perspective au lamentable sort d’un peuple outrageusement meurtri et qu’il constitue une menace à la survie des populations.

L’objectif de contrer le constat de Karl de Gucht et de l’U.E n’accorde aucun état de grâce à un pouvoir moribond qui a fait toutes ses preuves de médiocrité. Quand bien même il serait adoubé par la visite royale.

Le deuxième acte a vu l’entrée en scène de l’éminent chef du clan, l’activiste Louis Michel en personne, désormais dépouillé de ses lettres de noblesse, mais dont la surestimation d’influence sur les questions congolaises et le goût marqué à la cupidité ne sont plus un secret, ne pouvait manquer au spectacle pour s’exhiber au rôle de « censeur » de la « démocratie » en R.D.C.

Ce parrain de Joseph Kabila, entre autres titres gardés encore, a atteint les sommets du ridicule dans son autosatisfaction des résultats de la « démocratie » qui existe au Congo. Car, pour le Commissaire Européen qu’il est, seule la tenue des débats contradictoires au sein des institutions parlementaires suffit comme critère d’évaluation d’un Etat démocratique.

Pour un Commissaire Européen, il est difficile de nier ou d’ignorer que le rejet des droits et des libertés, le rejet des besoins humanitaires sont le reflet d’un mépris affiché du processus démocratique. La pleine jouissance d’avantages et des libertés, donc des moyens pour influer sur la société et l’avenir, constitue l’atout majeur, la condition qui accompagne toute profession de dévouement sincère à la démocratie. Et, que c’est même dans ce sens, pour combler ces lacunes, que se justifierait la mission de la ministre de santé L. Onckelinx, affublée des patrons des Mutuelles.

Autant dire que la référence de Louis Michel aux débats parlementaires est une aberration. Ou une moquerie de soi-même en compliment de ses propres insuffisances. Les institutions parlementaires de la R.D.C sont connues de tous comme caisse de résonance en subordination constante aux instructions dictées du sommet de l’Etat. Et, l’hémicycle du Parlement congolais a la réputation mondiale de premier foyer de corruption le plus actif en R.D.C et qui a perdu toute crédibilité.

L’imputation causale du déploiement de ce ballet effectué au Congo au regard de la visite royale pour masquer l’état général d’un pays en ruines, participe à la politique de fausses impressions qui contribue à perpétuer le sevrage et la dépendance, 50 ans après l’indépendance.

Le ²MPOKE² fustige l’obstination belge de chercher à conserver une emprise permanente sur le Congo et dénonce la fumisterie de nobles intentions de générosité sur des projets sans couverture sociale budgétisée et dont les conditions infrahumaines des salaires impayés ne permettront pas de s’acquitter des primes d’assurance des mutuelles.

Le ²MPOKE² stigmatise ce manque de décence et l’acharnement poussé jusque dans l’art de retourner la visite royale comme une demande urgente et pressante de la R.D.C.

Ce sujet controversé aux accents cacophoniques cache mal l’hypocrisie du clan des pyromanes qui s’évertuent au pillage systématique de la R.D.C et qui veulent jouer aux sapeurs pompiers au Congo.

En prenant acte de la décision du gouvernement fédéral belge, Le ²MPOKE² interroge les esprits honnêtes sur des questions où il ne saurait y avoir de désaccord.

            1. Quel est le sens de la visite royale au Congo ?

            2. Que peut rapporter la visite royale aux deux peuples ?

            3. Quel est l’avis du peuple Congolais sur ce voyage royal ?

            4. Est-il opportun d’organiser des festivités quand les populations crèvent de faim,

                sont délaissées et vivent dans le dénuement et la misère la plus totale ?

(1) Quel est le sens de la visite royale au Congo ?

Est-il fondé d’espérer que le roi belge Albert II s’en ira reconnaître les torts de la colonisation commis au peuple Congolais par ses ancêtres depuis Léopold II et méconnus par Joseph Kabila, ignorant de l’histoire du Congo, devant le Parlement belge ?

Le roi belge serait-il porteur d’un message alternatif et plus évolutif au débat suscité sur le fait colonial au Sénégal et en Algérie ?

A-t-il la capacité d’effacer des mémoires les souvenirs affreux décrits dans des ouvrages tels que « Du sang sur les lianes » aux nouvelles générations avides de percer les motivations de ces moments sombres de leur histoire ?

Pourra-t-il endosser la charge de réparer l’ingratitude européenne par une citation de Mérite à l’Effort de Guerre de l’ex-Congo belge, devenu R.D.C, et rendre hommage aux vaillants Anciens Combattants de la Force Publique et faire réparation par une indemnisation à leurs descendants ignorés ?

Quel serait le regard de vérité de Sa Majesté le Roi des belges sur la responsabilité de la Belgique dans ses choix tragiques pour le Congo depuis l’assassinat de Patrice Emery LUMUMBA et tout le long des 50 ans de l’Indépendance du Congo ?

La visite royale serait-elle susceptible de créer la sérénité indispensable pour relancer le ²Contentieux belgo-congolais² dictatorialement et complaisamment « enterré » par un dictateur ? Le Congo en ruines a plus que besoin de tous ses moyens.

Peut-on s’attendre à un geste ROYAL d’excuses pour l’implication de la Belgique au Génocide Congolais qui a fait 6 millions de morts comme tout officiel belge s’y sent obligé à chaque passage au Rwandais pour bien moins ?

Le Congo, sans mémorial, sans jour de mémoire ni d’hommage, le pouvoir y régnant par la main belge n’ayant aucun lien avec ces morts, le Roi Albert II pourra-t-il, par compassion, s’unir au Peuple Congolais en ce qu’il a de plus cher dans sa culture et dans ses traditions pour innover en s’inclinant à Tingi-Tingi et devant les fosses communes dans les Kivu, l’Equateur, les deux Kasaï, Kinshasa et le Bas-Congo, dont les sites sont bien connus d’un certain Commandant Hyppo, de son vrai nom Hyppolite KANAMBE, aujourd’hui opportunément rebaptisé Joseph Kabila qui l’accueille ?

Le Roi belge va-t-il appuyer la déclaration courageuse de la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et reconnaître avec elle que la cause de ces guerres et de ces crimes odieux n’a été que la convoitise des richesses minières du Congo ? Sous-entendu que « la chasse aux Hutus » n’est qu’un faux prétexte ?

Enfin, le Roi Albert II aurait-il l’audace d’en citer et d’en condamner les auteurs, co-auteurs, exécuteurs et instigateurs ?

Alors, OUI, cette visite royale aura eu son plein sens !

                                                                                                          BAKOLO CONGO