NkundabatwareRemaniement ministériel : le CNDP récompensé pour ses jaqueries et viols

Le gouvernement congolais et le Congrès national pour la défense du peuple congolais (CNDP), ex-mouvement rebelle de Laurent Nkunda, et alliés sont en négociations très âpres. Les dirigeants de ce mouvement politico-militaire, qui s'est mué en parti politique au lendemain de la fin de la guerre, ne s'empêchent pas de placer la barre…très haut pour réclamer plusieurs postes ministériels dans le gouvernement Muzito II. Une façon de se faire payer tout le travail d'assassinats et de viols fait durant la guerre, qui a fait plusieurs centaines de victimes.

Depuis plusieurs semaines donc, le gouvernement congolais, le CNDP et alliés sont en négociations. Très exigeants et convaincus d'avoir pris les armes pour finalement aboutir à des négociations devant accoucher, elles, à un partage de pouvoir, les dirigeants du CNDP et alliés placent la barre très haut. Ils exigent par conséquent …quatorze postes ministériels, en dehors de leur intégration au sein des institutions politiques et militaires du pays.

Le Congrès national pour la libération du peuple exige le commandement de la Force terrestre des Forces armées, le commandement des régions militaires du Nord-Kivu et du Kasaï oriental, les ministères de l'Intérieur, des Transports et Communication, les vice-ministères des Mines et Affaires sociales. Tandis que les Patriotes résistants congolais (Pareco), divisés, quant à eux, demandent ce qui suit. Le Pareco, aile Mugabo veut devenir maître du commandement de la région militaire de la Province Orientale, du commandement adjoint de la région militaire du Nord-Kivu, du département de logistique, l'inspection provinciale de la police du Bas-Congo et du Katanga, le ministère des Affaires foncières, les vice-ministères de l'Agriculture, de l'Urbanisme et Habitat. Le Pareco, aile Janvier, lui, ne jure que par s'occuper de l'inspection provinciale de la police du Sud-Kivu et du Kasaï Occidental, du ministère de l'Agriculture, des vice-ministères de l'Éducation nationale et des Travaux publics. Tandis que le Pareco, aile la Fontaine, veut s'occuper du commandement de la région militaire de la ville de Kinshasa, de l'inspection provinciale de la police au Bandundu, occuper un poste d'inspecteur adjoint au Katanga, du ministère du Tourisme, du vice-ministère de la Défense.

Au regard de toutes ces revendications, il y a lieu de conclure que le soubassement de la prise d'armes par le CNDP et consorts est le partage du pouvoir. Quoi de plus normal d'obtenir par des négociations ce qu'on n'est pas parvenu à arracher par des armes, dites-vous. La recette tient bon depuis une bonne époque et plusieurs Congolais n'hésitent pas à recourir à ce moyen pour s'offrir quelques postes au sein du gouvernement.

Pour trouver des postes pour ces belligérants trop gourmands, il faut un remaniement ministériel. Pour bien des analystes, un remaniement, comme les précédents, n'apportera rien aux Congolais qui se sont vus tuer et violer en grand nombre. Un remaniement qui va simplement permettre aux rebelles du CNDP et alliés de se faire payer tous les actes ignobles commis dans la partie orientale du pays.

Pour les contenter, les coalisés de l'AMP sont obligés de se faire violence en cédant aux entrants quelques-uns de leurs postes ministériels. Ainsi, apprend-on, le RCD/KML de Mbusa Nyamuisi et l'Alliance pour le renouveau du Congo (ARC) sont-ils priés de céder chacun un poste ministériel. Dans cette logique, l'Udemo, dont le mariage avec l'AMP est en voie de voler en éclats, ne figurera plus dans la future équipe gouvernementale. Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) figure parmi les partis politiques de l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP) qui doivent céder quelques postes ministériels au profit des rebelles du CNDP et alliés.

Trois grands événements politiques vont incessamment intervenir au cours du mois de juin. Le premier événement est le remaniement ministériel vers le 15 juin en faveur de l'entrée des éléments du CNDP et alliés dans le futur gouvernement. Le deuxième est le remaniement du cabinet du chef de l'Etat qui devrait intervenir au même moment que le premier événement. Tandis que la nomination du secrétaire général du PPRD en remplacement d'Evariste Boshab devenu président de l'Assemblée nationale, constituera le 3ème événement.

Concernant son cabinet, le chef de l'Etat compte nommer un conseiller chargé de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption. Tandis que le nom d'Emile Bongeli, actuel vice Premier ministre en charge de la Reconstruction, est constamment cité pour remplacer Evariste Boshab.

Source : l'Observateur