Le procès d'un ancien fonctionnaire français de l'ONU, accusé du viol d'une vingtaine de mineures lorsqu'il était en poste en République centrafricaine et en République démocratique du Congo (RDC) entre 1998 et 2004, s'est ouvert mardi devant la cour d'assises de Paris.

Didier Bourguet, 44 ans, est accusé de viols, de corruption de mineures et de détention d'images pornographiques. Il encourt vingt ans de réclusion criminelle. Les faits auraient eu lieu en République centrafricaine entre 1998 et 2001, puis entre 2001 et 2004 en RDC, des pays où ce titulaire d'un CAP de mécanicien automobile travaillait à l'entretien des véhicules des forces de maintien de la paix de l'ONU (Minurca en Centrafrique, et Monuc en RDC).

Le fonctionnaire onusien percevait un salaire de 2.600 dollars dans des pays où le salaire mensuel moyen avoisine les 20 dollars, a relevé l'avocat général. D'après l'accusation, cela lui permettait de multiplier les relations sexuelles tarifées avec des femmes présentées par des intermédiaires.

"Pourquoi des mineures et pas des prostituées?", a demandé le président alors que témoignait à la barre la première policière ayant interrogé l'accusé après son arrestation en 2004 par la police congolaise à Goma (est de la RDC) et son rapatriement en France. "Il disait que les prostituées savaient simuler alors que les mineures n'avaient pas cette politique et vivaient l'acte pleinement", a-t-elle répondu.

Mardi, interrogé par le président, l'accusé a reconnu avoir eu des relations sexuelles tarifées avec des adolescentes âgées de 12 à 17 ans, affirmant qu'elles étaient consentantes. Une seule de ses victimes présumées, une jeune Congolaise aujourd'hui âgée de 16 ans, réfugiée au Canada, devrait témoigner en tant que partie civile.

Ce procès est "emblématique", avait estimé lundi Me Emmanuel Daoud, l'avocat de la jeune fille, rappelant qu'entre 15.000 à 20.000 viols seraient commis par an en RDC par des militaires, des rebelles, mais aussi parfois des personnels de la Monuc.

Depuis son déploiement en 2001, la Monuc a été éclaboussée par plusieurs affaires d'abus sexuels ou de trafics de minerais impliquant ses personnels, civils et militaires. (afp/7sur7)