KINSHASA (AFP) - mercredi 07 mai 2008 - 18h14 - Quarante-trois personnes, dont 34 civils, auraient été tués fin avril dans une série d'affrontements entre des éléments du chef rebelle Laurent Nkunda et des miliciens locaux Maï Maï au Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, a rapporté l'ONU mercredi.

"Selon des informations locales, 34 personnes civiles et 9 éléments des Pareco (Patriotes résistants congolais, groupe Maï Maï) auraient été tués lors des affrontements", a déclaré le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, porte-parole militaire de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), au cours d'un point presse à Kinshasa.

Ces combats "ont opposé des éléments du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda) aux Pareco entre le 20 et le 28 avril 2008 dans les localités de Rurere, Bokombo et Mashango", situées en territoire de Walikale, à environ 100 km au nord-ouest de la capitale provinciale Goma, a-t-il poursuivi.

"Le processus de vérification de ces incidents a commencé", a-t-il dit, indiquant n'avoir pas d'autres informations sur ces affrontements pour le moment.

Le lieutenant-colonel Dietrich a rappelé que le 24 avril, une patrouille de Casques bleus en mission dans la région de Mashango avait "été prise dans des échanges de tirs entre les éléments du CNDP et ceux des Pareco".

Cet incident n'avait pas fait de victime et les belligérants avaient regagné leurs positions respectives après une intervention du commandant local des forces de la Monuc, a-t-il affirmé.

Une semaine plus tard, dans le territoire voisin de Rutshuru, une patrouille des Forces armées congolaises (FARDC) "a été prise sous le feu par des éléments des Forces armées de libération du Rwanda (FDLR, rebelles hutus rwandais)", a-t-il indiqué, ajoutant que des accrochages similaires s'étaient répétés le 5 mai dans la même zone, non loin de la frontière ougandaise, provoquant des déplacements de populations.

"Ces regrettables affrontements, bien que constituant des violations du cessez-le-feu (conclu en janvier à Goma entre groupes armés congolais des Kivu), dénoncés par la MONUC, n'ont pas remis en cause les accords de Goma", a tenu à préciser le porte-parole.

Le 23 janvier à Goma, tous les groupes armés congolais des Nord et Sud-Kivu avaient signé des "actes d'engagement" - le même pour chacune des provinces - qui prévoyaient un cessez-le-feu immédiat et un retrait progressif de tous les belligérants des lignes de front.

Au Nord-Kivu, les accrochages sont quasi-quotidiens et en dépit du lancement du programme Amani, de mise en oeuvre des actes de Goma, aucun des groupes armés n'a cédé un pouce de terrain ni commencé à démobiliser ses troupes, soit plus de 4.000 éléments pour le CNDP et plusieurs milliers de combattants issus de différents groupes Maï Maï.

La province compte actuellement 847.000 déplacés internes, dont plus de 500.000 ont été forcés d'abandonner leurs villages au cours de vagues de violences depuis décembre 2006, selon l'ONU.

Afp