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Mr Philippe HENSMANS president d'amnistie international section francophone et sa directrice madame Althéa WILLIAMS sont compagnés par Mr Etienne KABONGO ( congo na biso ) et de Mr Chico MWANA ( debout pour  congo )100_3104

Photo pat.kanku

DES CONGOLAIS CHEZ AMNESTY INTERNATIONAL BELGIQUE

Cheik FITA

Ils étaient juste une poignée à répondre à l’appel du mouvement « Congo na biso » de Etienne Kabongo, à partir de 11 heures, ce vendredi 19 janvier 2007. Motif, une marche de protestation contre la détention de Me N’Landu et du pasteur Kuthino ainsi que de la déportation des enfants shégués à Kaniama Kasese au Katanga.

Lieu de rassemblement : la sortie de métro de la Porte de Namur à Bruxelles. Pourtant, l’information a suffisamment circulé sur Internet et des tracts distribués. Le mauvais temps qui secoue l’Europe ces jours-ci ne pouvait pas être considéré comme un prétexte. Visiblement, il y avait eu une faille dans la diffusion de l’information, la mobilisation, ainsi que l’organisation.

Connaissant l’imprévisibilité des congolais et leur discours radical, les forces de l’ordre elles, prudentes, étaient bien présentes pour encadrer la marche : fourgons, voitures, motards, policiers à vélo, agents en civil… Dans mon dos, pour rigoler, un manifestant lance à son voisin : « Trois policiers pour un manifestant ! » Un agent de l’ordre me confiera : « Les organisateurs avaient déclaré mobiliser cinq cents personnes.» On était très loin du compte, il fallait quand même signaler cette contre-performance, vu la noblesse de la cause du jour.

À 13 heures 10, la petite colonne démarre. Le représentant du parti de maître N’Landu distribue de grandes photos en couleur des victimes et des commanditaires supposés. Photos brandies en même temps que des pancartes. La marche contourne le rond-point à l’intersection des avenues Toison d’or, Marnix et Boulevard du régent pour emprunter une bande du boulevard Waterloo. Direction, siège d’Amnesty International Belgique, situé au n° 9 de la rue Berckmans dans la commune de Saint-Gilles.

Durant le parcours, la police est très vigilante pour que la circulation ne soit pas perturbée. C’est le cas sur la chaussée de Charleroi par où passent les tram 91 et 92 quand l’organisateur s’arrête entre les rails pour un petit speech. Cela prend à peine deux minutes. La police l’oblige gentiment de continuer.

Arrivés devant le siège de Amnesty International Belgique, un écriteau bien lisible nous accueille : « Exceptionnellement, nos bureaux seront fermés ce vendredi 19/01/07 dès 12h. Merci de votre compréhension » Si les rideaux du premier et du deuxième niveau du bâtiment ne sont pas tirés, les volets du rez-de-chaussée sont bien clos. Hasard ? Prudence ? Injonctions ?

Énervement, élévation de tons. Un manifestant lance, dépité : « Vous n’avez pas encore compris que tout est pourri ici en Belgique ? »

Pour calmer les esprits, le représentant de l’UDPS-Benelux explique le rôle et les mérites de Amnesty International. Il informe ses compatriotes du fait que c’est grâce à Amnesty International par exemple que les treize parlementaires fondateurs de l’UDPS avaient eu la vie sauve vers les années 80, sous la dictature de Mobutu. Sans compter ses interventions actuelles pour les détenus de Guantanamo par exemple.

Le tronçon de la rue Berckmans entre la chaussée de Charleroi et la rue Livourne est bouclée. Des motos d’un côté, des fourgons de l’autre. Des agents en civil ayant des oreillettes pour communiquer s’activent. Il ne nous semblait pas les avoir aperçu au début de la manifestation.

Une représentante de Amnesty International sort du bâtiment et s’entretient avec les manifestants. Calme et s’efforçant de sourire, elle écoute les Congolais. Elle signale que l’organisateur de la marche, accompagné de deux personnes sont déjà dans le bâtiment, reçus par monsieur Philippe Hensmans le directeur ainsi que son adjointe madame Athea Williams.

Etienne Kabongo revient en compagnie du vice-président de DPLC et d’un membre de Bana Congo qui l’accompagnaient. Ils ont transmis leur message à qui de droit. Ils nous apprendront que Amnesty International était non seulement au courant des affaires Me N’LANDU, pasteur Kuthino et déportation des enfants de la rue, mais suivait cela. Il avait des délégués sur terrain au Congo, sans compter des contacts avec le pouvoir en place.

De l’avis des congolais, tous ces détenus n’étaient-ils pas des prisonniers d’opinion, arrêtés dans la turbulence du processus électoral tant décrié ? La mascarade étant pratiquement terminée, les maintenir en prison n’était-il pas un non-sens ? Le cas de maître N’landu était plus révoltant : Femme, mère, candidate à l’élection présidentielle, civile jugée par un tribunal militaire et … Malade ! Pas drôle comme message de bienvenue à l’intention des candidats investisseurs pour « la reconstruction et le développement » du Congo?

Peu avant 14h30, les manifestants se dispersent.

Prochain rendez-vous ? Selon ce qui se disait durant la marche : Accueil de monsieur Kabila en fin de mois. Un journal belge repris par la presse congolaise l’ayant annoncé pour le 26 et le 27 janvier 2007.

Comme les irréductibles gaulois dans « Astérix le Gaulois », les congolais de Belgique ne semblent pas prêts à enterrer la hache de guerre dans leur confrontation avec le pouvoir de Kinshasa.

Cheik FITA

Bruxelles, le 20 janvier 2007