En République démocratique du Congo, une nouvelle procédure judiciaire est lancée dans l’affaire Tungulu. Armand Tungulu avait été arrêté après avoir jeté une pierre sur le cortège présidentiel à Kinshasa le 29 septembre 2010. Quelques jours plus tard, le 2 octobre, les autorités avaient annoncé sa mort, par suicide, en détention. Et après une action intentée en Belgique, cette fois c’est la branche de la famille présente à Kinshasa qui dépose une plainte contre l’Etat. Elle exige aussi une reconnaissance du corps et une autopsie sous contrôle étranger indépendant.

Jusqu’à maintenant la famille d’Armand Tungulu présente au Congo - ses frères et sœurs, sa fille aînée de 18 ans - était restée en retrait. A tel point que lorsque la justice a lancé un appel pour la reconnaissance du corps, personne ne s’est présenté.

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Aujourd’hui la famille engage un avocat Maître Willy Bolio et exige que cette reconnaissance se fasse en présence de la Monusco, la force des Nations unies présente en RDC. « C’est une façon de se garantir pour des représailles dans un Etat comme le nôtre, explique Maître Willy Bolio, pour éviter que l’on fasse accepter aux plaignants un corps qui n’est pas le leur. Et là, ils ont besoin de la protection de la Monusco. De sorte que si ce n’est pas leur corps, ils peuvent le dire et si c’est le leur, que l’autopsie se fasse de manière correcte ».

La famille ne croit pas au suicide en détention ; mais même si c’était le cas, elle porte plainte contre l’Etat. « Peu importe les circonstances, précise Maître Willy Bolio, dans tout état de cause que ce soit par suicide ou autre l’intéressé était entre les mains de l’Etat, qui a l’obligation de sécuriser même les détenus ».

Les exigences de l’avocat de la famille Tungulu viennent s’ajouter au jugement belge ordonnant, lui, la restitution du corps à la famille en Belgique. Un jugement que la RDC refuse d’appliquer