La Mission d'observation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monusco) ne sera jamais en mesure de protéger tous les civils de l'est du pays sans davantage d'hommes et de moyens, a prévenu vendredi son chef, Roger Meece. Lire la suite l'article

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Le responsable de cette force de maintien de la paix de 20.000 hommes a en outre fait état devant le Conseil de sécurité de l'Onu de plus de 15.000 viols en 2009 dans l'est troublé de la RDC.

"Des groupes armés opèrent dans de nombreuses zones très vastes (...) et sont souvent mélangés à la population civile", a dit Roger Meece.

"Dans cette vaste zone, plus grande que l'Afghanistan, il n'est pas possible pour la Monusco d'assurer une protection totale de tous les civils. Approcher cet objectif nécessiterait des niveaux de force et des moyens bien plus importants."

L'ONG Oxfam estime pour sa part que la Monusco, plus importante force de maintien de la paix de l'Onu au monde, peut et devrait faire plus pour protéger les civils, notamment dans les secteurs où opère l'Armée de résistance du seigneur (LRA), une guérilla ougandaise réputée pour ses méthodes brutales et l'enrôlement d'enfants-soldats.

"La Monusco fait défaut à des dizaines de milliers de personnes qui ont un besoin urgent de protection et d'aide", a affirmé Marcel Stoessel, directeur d'Oxfam en RDC, qui réclame un redéploiement des troupes dans le nord, où sévit la LRA.

Meece a brièvement évoqué la LRA au Conseil de sécurité et assuré que la Monusco soutiendrait les initiatives sous-régionales contre la guérilla.

Sept ans après la guerre qui a fait plus de cinq millions de morts entre 1998 et 2003, l'ancien Congo belge vit toujours dans une totale insécurité. Les Hutus rwandais et les milices congolaises Maï-Maï y sont très présents dans l'Est, riche en minerais, tandis que la LRA est implantée dans le Nord.

Les relations entre la Monusco et l'armée régulière de Kinshasa sont en outre très tendues, ce qu'a reconnu Meece.

Jeudi, la représentante spéciale de l'Onu pour les violences sexuelles dans les conflits, Margot Wallström, a déclaré que les soldats congolais déployés dans la région où les forces hutues ont violé des centaines de personnes fin juillet-début août pourraient avoir eux-mêmes commis de tels crimes après leur arrivée sur place.

"Les soldats de la Monusco sur le terrain ont déjà des informations selon lesquelles des viols, meurtres et pillages ont été perpétrés par les soldats des forces armées de RDC", a-t-elle dit.

Louis Charbonneau; Grégory Blachier pour le service français