Nicole Bondo Muaka, une Montréalaise d’origine congolaise, est détenue depuis mercredi à Kinshasa, sans contact avec ses proches. Elle est soupçonnée par les services de police d’avoir filmé des gens en train de jeter des pierres sur le convoi du président Joseph Kabila, le 29 septembre dernier.

Malgré les fouilles, la police n’a annoncé aucune preuve de l’existence de la vidéo qui a conduit à l’arrestation de l’avocate. «Nous sommes sans nouvelles d’elle depuis son arrestation», déplore sa sœur à Montréal, Clarisse Muaka. Selon elle, le fait que Nicole Bondo Muaka soit membre des Toges noires, un organisme de défense des droits de l’Homme, n’est pas sans lien avec sa détention prolongée. «On cherche à affaiblir les ONG», croit-elle. En juin, Floribert Chebeya Bahizire, le secrétaire exécutif du Réseau national des ONG des droits de l’Homme en RDC, a été abattu dans sa voiture avec son chauffeur.

Interrogée au sujet de la détention de Mme Muaka, l’ambassadrice du Canada à Kinshasa, Sigrid Anna Johnson, est restée avare de commentaires hier. Toutefois, selon la famille, elle aurait rencontré les géoliers de Mme Muaka hier et aurait négocié pour qu’on fournisse un matelas à la ressortissante canadienne. L’ambassade de la République démocratique du Congo au Canada affirmait que personne ne pouvait répondre à nos questions.

Par ailleurs, l’homme qui avait jeté des projectiles en direction du convoi du président Kabila est décédé samedi matin dans sa cellule. D’après un communiqué du procureur général de la république, il «se serait suicidé à l’aide d’un fil qui était attaché à son oreiller». Mais, selon des journalistes de Radio Okapi à Kinshasa contactés par Métro, les ONG sur place privilégient la thèse de la torture.(source:Metro)