Ces deux dernières années, beaucoup de changements ont eu lieu dans la situation objective en Afrique. Il s’agit là de l’impact de la crise qui a créé un changement brusque avec le passage d’économies à croissance rapide à des économies pour le moins en récession. Le cas de l’Angola illustre la profondeur de ce virage : d’une croissance du PIB de 14,8% en 2008, le pays prévoit une contraction de son PIB de –3,6% en 2009.

Rapport des discussions à l’école d’été du CIO-2009, par Baptiste (Wavre)

Désastre pour les conditions de vie causé par les politiques néolibérales

Néanmoins, la période de « boom économique » qui a précédé la crise n’a pas vu une hausse du niveau de vie de la population. La croissance néolibérale s’est ici aussi accompagnée au contraire d’une dégradation des conditions de vie, avec une augmentation du niveau de pauvreté comme règle générale. Et cet océan de misère et de pauvreté causé par les politiques néolibérales a été la toile de fond de émeutes de la faim du début de l’année 2008. La spéculation sur les denrées alimentaires et l’absence d’investissements publiques dans l’agriculture ont vraiment poussé à une extrême ce que le néolibéralisme pouvait représenter en terme de condition de vie pour les populations d’Afrique, mais aussi du reste du monde.

Dès lors qu’une récession prend place, les conditions de travail se dégradent encore plus brutalement. Les illustrations de cela sont dramatiques. Dans certains états du Nigeria, les travailleurs ne sont plus payés depuis 7 mois, ce qui a amené certaines personnes à mourir de faim sur leur lieu de travail même. Au Zimbabwe, le chômage atteint 90%, et l’état sanitaire est tel qu’une épidémie de choléra fait rage. L’inflation a atteint en juillet 2008 un taux de 231 millions de pour cent, les fonctionnaires ne sont plus payés qu’en pitances et l’espérance de vie est tombée à 36 ans ! Ces deux exemples illustrent dans quel mesure la crise du capitalisme et sa nuisance pour des populations crée la base pour l’introduction d’éléments de barbarie dans la société.

Désastre pour le développement économique causé par les politiques néolibérales

Une caractéristique de cette crise est l’augmentation rapide d’un chômage de masse. Avec les conditions de sécurité sociale précaires quand elles ne sont pas inexistantes en Afrique, cela se traduits par des dizaines de milliers de travailleurs mis à la rue parfois même au sein d’un seul secteur. En Zambie, un quart des travailleurs dans les mines de cuivre ont perdu leur emploi ; or les mines de cuivre (privatisées) sont la principale réserve du pays et représente deux tiers des revenus des exportations pour ce pays. Au congo, plus de 360 000 travailleurs ont perdu leur emploi depuis le début de la crise pour le seul secteur minier !

Le développement de la structure économique de la plupart des pays est tel que si un secteur, souvent de la matière première, est touché c’est toute la santé économique du pays qui est dans le rouge, car cet unique secteur a souvent un poids prédominant sur l’ensemble de l’économie. C’est là une conséquence désastreuse des politiques néolibérales que sont les ajustements structurels du Fonds Monétaire International. Les émeutes de la faim constituaient la premier signe du désastre humanitaire que sont ces politiques, et aujourd’hui cela se reflète aussi au niveau industriel avec la crise.

Un autre exemple industriel du désastre des politiques néolibérales menées par les impérialistes est celui du Gabon. Alors que les ressources en hydrocarbures, qui pèsent pour la moitié du PIB, arrivent à épuisement pour 2020, rien n’a été fait en terme de reconversion industrielle, d’investissements publiques… Cela au moment où la mort d’Omar Bongo, un symbole de la Françafrique, rappelle les nombreux procès que celui-ci a sur le dos pour cause de détournement d’argent public.

Désastre pour la situation écologique causé par les politiques néolibérales

La situation écologique fait partie intégrante de ce panorama désastreux. Le seul changement climatique est un facteur d’instabilité dans un grand nombre de pays africains, car soit il cause des sécheresse, soit il cause des inondations, et donc des migrations de populations. De telles migrations sont rapidement des sources de tension sous le capitalisme. Cela s’illustre déjà par la politique de pression de la part de l’Union Européenne sur les pays méditerranéens en vue de contrer les migrations.

Mais les migrations ne sont pas les seules conséquences de la crise écologique : les incapacités agricoles de sols vont augmenter, et l’impact de ceci sera d’autant plus grand en Afrique que le démantèlement (conséquence des politiques néolibérales « conseillées » par le FMI) des structures agricoles a été grand. Ainsi si en 1960 l’Afrique avait une production vivrière permettant une autosuffisance alimentaire, aujourd’hui plus de 25% des denrées alimentaires doivent être importées.

On le voit bien, la crise écologique dans le secteur agricole est pieds et poings liés aux politiques néolibérales qui ont été menées ; et les émeutes de la faim de l’an passé l’illustre fortement. Faut il encore noter que cette crise de la faim, si elle ne donne plus lieu à des émeutes massives et généralisées aujourd’hui, continue de se développer : on recense dans le monde 1 milliard de personnes sous alimentées, un chiffre en augmentation et pour lequel l’Afrique contribue fortement.

Parallèlement à la crise alimentaire, il faut mentionner la crise de l’eau qui a les mêmes racines que la crise de l’eau : les politiques néolibérales et leurs conséquences désastreuses sur les conditions de vie et sur l’environnement, et la dégradation de ce dernier ne fait qu’enfoncer le clou sur les dégradations des conditions de vie. Ainsi, les monocultures intensives ont sapé la fertilité générale des sols, ce qui provoque des défrichements pour augmenter la surface exploitable. Mais ce défrichement massif (aussi dans le but du commerce du bois) entraîne un épuisement des nappes phréatiques, ce qui accentue la difficulté d’accès à une eau potable.

Un continent dominé par une dictature des impérialismes

Les impérialistes ont systématiquement soutenu des dictateurs frauduleux, corrompus et qui protégeaient les intérêts de ces mêmes capitalistes. Historiquement, les impérialismes américains et européens ont été les principaux présents en Afrique, bien qu’aujourd’hui la Chine gagne de plus en plus d’influence avec une augmentation des investissements. Avec la crise et le changement dans les rapports de force entre grandes puissances qu’elle entraîne, la concurrence entre ces grandes puissances s’intensifie, ce qui intensifie par la même occasion la corruption et l’implantation militaire. Et quand cette présence impérialiste n’est pas directe, le FMI représente un moyen très profitable d’exploitation capitaliste de l’Afrique.

L’actualité politique à Madagascar illustre la manière dont les différents impérialistes se disputent les ressources d’un pays, en l’absence d’une réponse d’un mouvement ouvrier organisé et indépendant des dirigeants capitalistes. Marc Ravalomanana, qui était arrivé au pouvoir avec le soutien de USA en est aujourd’hui chassé par Andry Rajoelina, soutenu lui par la France. Ravalomanana, au pouvoir depuis 2002, est complètement discrédité parmi la population à cause de sa politique ultra-libérale. Les écarts de revenus se creusent continuellement dans l’île et un mouvement de protestation a été déclenché après la révélation de la cession a une multinationale sud-coréenne, Daewoo Logistics, de 1,3 million de terres cultivables. Ainsi, Madagascar exportera pour la Corée du Sud du Maïs alors que le Programme alimentaire mondial fournit chaque années 600 000 tonnes de vivres, et que 50 des enfants de moins de 3 ans souffrent de carences alimentaires.

Ces politiques néolibérales amorcent des mouvements de lutte, mais en l’absence d’un mouvement ouvrier organisé indépendant de la bourgeoisie, ces luttes sont récupérées pour les impérialistes qui se disputent les ressources des pays en Afrique.

La présences des capitaliste chinois peut être perçue parfois comme un moindre mal à l’égard d’autres puissances. Cela est du à une approche moins méprisante par rapport à d’autres puissances qui considèrent l’Afrique comme une véritable poubelle pour déchets nucléaires. La Chine représenterait ainsi pour certains un « contrepoids » par rapport à ces autres impérialistes, en investissant dans le développement d’infrastructures comme les transports. Néanmoins, ces investissements ne sont pas le reflet d’une charité ou solidarité chinoise mais le reflet d’une approche des impérialistes chinois en concurrence avec les autres puissances, et ces investissements n’ont pas d’autre but que celui de faire du profit. A terme, le rôle de la Chine n’est pas celui d’une puissance progressiste, mais à travers sa concurrence avec les autres puissances la Chine aura aussi un rôle dans le développement des conflits.

Une augmentation des conflits armés dont la source est la concurrence entre impérialistes

Le rôle de ces impérialistes est central dans la responsabilité des conflits de ces dernières années, avec l’utilisation de la tactique du « diviser pour mieux régner ». Le conflit Hutu-Tutsi a démontré quelle dimension catastrophique les conséquences d’une telle présence impérialiste pouvait prendre. A travers les conflits ethniques apparents, il est question derrière cela d’une bataille pour le contrôle des ressources. Et cette bataille est bien souvent menée par les puissances impérialistes à travers des milices opposées.

La dernière année a vu une remontée des luttes armées entre différents groupes dans la région du Congo. L’idée derrière chacun de ces groupes est d’occuper une partie de territoire pour pouvoir jouir de ses ressources. Nkunda a ainsi d’abord été soutenu par le Rwanda avant que celui-ci ne se retire finalement, sous pression des impérialistes en europe. Cela illustre à quel point ces groupes armés sont un relais du combat entre les impérialismes sur le terrain, où ce sont les travailleurs et la population civile en général qui en payent le plus lourd des dégâts. Ainsi la guerre au Kivu a tué près de 5,4 millions de personnes. En Somalie, 61 attaques de pirates sont recensées depuis le début de l’année 2009. La région est contrôlée dans la pratique par les milices islamistes, dont l’influence et le soutien sont renforcés avec l’intervention des impérialistes.

Le continent africain est vraiment dominé par la dictature de l’impérialisme. Les déclarations de Sarkozy mentionnant que « le problème des africains est qu’ils n’arrivent pas à se projeter dans le futur » illustrent le caractère raciste du regards des dirigeants des différents impérialismes présents en Afrique. Un tel panorama indique un futur assez sombre pour l’Afrique, mais il ne faut sous-estimé la remontée des luttes et de la conscience qui s’amorce dans la période actuelle.

L’issue en Afrique se trouve aussi dans la lutte des classes

Cet élément qui est systématiquement sous estimée par les médias officiels est la lutte des classes en Afrique, livrant ainsi une Afrique caricaturée où la politique est constituée par les conflits ethniques et les prises de pouvoir par des présidents corrompus. Pourtant cette lutte des classes est bien présente, en atteste la lutte récente en Afrique du Sud où 300 000 ouvriers de la construction se sont mis en grève. Il n’y a pas que le secteur de la construction qui s’est mis en grève, les travailleurs de l’enseignements, les dockers et les employés du secteur public se sont mis en lutte. Ces 3 derniers secteurs sont d’ailleurs souvent concernés par des luttes actuellement pour toute l’Afrique.

La situation générale du mouvement ouvrier aujourd’hui en Afrique est précaire. Par le passé, le stalinisme a eu une influence assez profonde en Afrique, à travers le soutien à tel ou tel pays. Ce soutien était l’application par les staliniens de leur théorie des 2 stades, parfois étendue à 3 stades pour le cas de l’Afrique du Sud. Ces 3 stades sont : fin de l’apartheid, développement d’un capitalisme « noir », et le socialisme qui arrive naturellement tel un nouveau-né après une gestation de 2 stades. Une telle stratégie politique a permis que le capitalisme soit maintenu avec la fin de l’apartheid, illustrant les effets dévastateurs pour le mouvement ouvrier qui ont suivi. Le déclin du stalinisme et l’augmentation corrélée des politiques néolibérales à partir des années ’90 n’ont fait que mettre en veilleuse la possibilité pour un mouvement ouvrier indépendant de se développer.

Un impact du poids du stalinisme passé en Afrique est que les méthodes des coups d’état a supplanté celle d’un mouvement révolutionnaire lors des luttes d’indépendance. De plus les conditions de vie étant très difficiles, de nombreux mouvements de guérilla ont émergé, surtout sous l’influence des maoïstes. Néanmoins, la victoire de tels mouvements n’ont jamais abouti à ne serait-ce qu’à des gouvernements plus progressistes sur le long terme, ce qu’illustre de manière dramatique le Zimbabwe aujourd’hui. Lors de la victoire de tels mouvements, les organisations qui sont souvent purement militaires ne font que transférer leur appareil sur celui de l’état en place. Sous pression de la confrontation avec les impérialistes, ces gouvernements issus de la guérilla peuvent être amenés à durcir leur politique vers la gauche en nationalisant certains secteurs clefs de l’économie. Mais ces nationalisations sont réalisées par un appareil d’état en place, et les travailleurs n’y jouent aucun rôle ce qui développe une bureaucratie qui va défendre ses intérêts non dans le sens du socialisme mais dans le sens d’une gestion du capitalisme, ce dernier pouvant assurer les privilèges pour cette couche bureaucratique.

Pas de révolution par étapes ou dans les maquis, seul le mouvement ouvrier a les moyens de proposer une alternative socialiste au capitalisme

Lorsque le CIO revendique des nationalisations, nous lions de manière absolue cette revendication à celle d’un contrôle démocratique des travailleurs et des couches de la population concernées par l’entreprise en question. Cela est indispensable pour aboutir à une économie planifiée de manière démocratique. Au contraire, la gestion par une bureaucratie va se développer en frein pour la lutte vers le socialisme car cette caste bureaucratique trouvera ses intérêts immédiats des les compromis avec les bourgeoisies voisines, de manière à garantir ses privilèges. C’est pourquoi nous pensons aussi que le socialisme ne peut aboutir que sur le plan international.

Cet internationalisme est à distingué de panafricanisme. Ce dernier ne représente pas une alternative au capitalisme pour les masses laborieuses, mais une réaction primaire à l’impérialisme. Nos camarades sur place ont à répondre sur ces différentes questions : impérialisme, tactique de la guérilla ou des 2 stades, panafricanisme… dans le but de construire un mouvement ouvrier organisé indépendant de la bourgeoisie pour lutter contre les politiques capitalistes.

Le Comité pour une Internationale Ouvrière possède 2 sections clefs en Afrique : au Nigeria et en Afrique du Sud. L’Afrique du Sud est la puissance économique dominante, avec un PIB de loin le plus important d’Afrique devant l’Algérie et le Nigeria (la somme des PIB de l’Algérie et du Nigeria n’atteint pas celui de l’Afrique du Sud). La politique menée par l’ANC, le principal parti du pays et au pouvoir depuis 1994, est clairement désastreuse (la lutte récente en est une preuve) ; mais beaucoup d’illusions persistent vis-à-vis de ce parti bien que son soutien s’érode continuellement année après année. Les revendications augmentent d’ailleurs dans les syndicats pour une rupture des liens avec l’ANC.

L’Afrique du Sud est un pays clef pour le continent

De toutes les puissances émergentes, bon nombre d’économiste considèrent l’Afrique du Sud comme la plus vulnérable. Et cette instabilité politique croissante s’est illustrée avec la lutte pour le pouvoir à l’ANC entre Jacob Zuma et Thabo Mbeki. Zuma a remporté cette bataille ainsi que les élections récentes malgré une absence d’un véritable programme, et les grèves actuelles et autres mouvements de lutte apparaissent vraiment comme un test pour lui.

Cette absence de programme peut s’illustrer par ces déclarations récentes de Jacob Zuma : « Ceux qui étaient racistes en Afrique du Sud ne savaient pas ce qu’ils faisaient (…) la situation est assez positive et les médias sont trop critiques, j’appelle à plus de patriotisme de leur part ». L’ANC n’offre aucune perspective d’avenir pour les jeunes et les travailleurs. Cette déclaration illustre aussi le désastre pour le mouvement ouvrier que constitue la théorie stalinienne du socialisme par étapes.

Parallèlement, Zuma se retrouve en face d’autres problèmes de taille : 1000 personnes meurent du sida chaque jour en Afrique du Sud et la situation économique est telle qu’il n’y a plus de matériel pour soigner les malades. Des opérations chirugicales sont annulées faute d’avoir du désinfectant ! Une telle situation dans les soins de santé a été la cause d’une grève dans ce secteur, qui a d’ailleurs été critiquée par Jacob Zuma. Les 14 000 médecins du secteur public réclamaient une hausse de salaire de 50%, et bien que la grève pour les médecins ne soit pas autorisée, 400 d’entre sont néanmoins parti en grève. Et c’est toute la fonction publique qui menace de faire une grève dans les mois qui viennent.

Les luttes en Afrique du Sud ne datent pas d’hier, ces dernières années en ont vu d’autres d’ampleur. Ainsi, en juin 2007 a eu lieu la plus grosse grève de l’histoire de l’Afrique du Sud dans les services publiques ; et en août 2008 eut lieu une grève générale contre la faim. Inévitablement, la question d’une alternative politique va se poser et prendra le dessus sur les illusions envers l’ANC.

Les syndicat et le PC ne mettent aucune alternative en avant, avec des revendications comme celle d’une baisse du taux d’intérêt. Une conséquence d’un manque d’alternative politique de masse s’illustre avec le basculement des tensions sociales sur le terrain communautaires. Ainsi, suite à des attaques racistes qui ont causé 60 morts, 150 000 zimbabwéens ont été déplacés. Il n’existe pas de soutien pour ces attaques parmi les travailleurs en Afrique du Sud, mais c’est le résultat d’une politique de diviser pour mieux régner et l’absence d’une alternative pour les masses face à ça.

Un potentiel pour un nouveau parti des travailleurs au Nigeria

Au Nigeria, l’instabilité caractérise la dernière période. En 2007 eut lieu une grève très soutenue, mais les directions syndicales ont été incapables de la développer et ont suivi une logique de concertation avec le gouvernement. Ce gouvernement à déclaré une hausse des dépenses pour son budget de 2009. Néanmoins, celui-ci présente en réalité une séries de coupes : diminution d’un tiers dans le budget à l’éducation, de 20% pour le budget alloué aux soins de santé et de 66% pour les transports !

Le pétrole est une ressource clef pour le Nigeria, la production pétrolière représente jusqu’à 90% de ses recettes. La privatisation annoncée de ce secteur et la manière dont la gestion de l’exploitation pollue le delta a ravivé les tensions dans le delta du Niger sur la question du partage des revenus du pétrole. L’exploitation pétrolière dans le delta du Niger est entravée par des attaques sur les pipe-line ; la production passant d’une rythme habituel de 3 millions de barils par jour à 1,5 millions de barils par jour. La responsabilité de ces attaques est revendiquée par le Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger. Le gouvernement a ainsi lancé une offensive militaire d’ampleur dans la région, avec comme objectif déclaré « la lutte contre les terroristes », mais dans la pratique les conséquences de cette offensive se font surtout ressentir par la population civile.

Nos camarades au Nigeria (DSM) dénoncent les méthodes de terrorisme de cette organisation, les travailleurs de la région payant finalement le prix de l’offensive du gouvernement à côté du fait que les prises d’otages et les explosions de bombes cassent les mobilisations parmi les travailleurs. De plus, l’argument de la reconstruction des infrastructures peut être utilisé par le gouvernement pour promouvoir la privatisation. Bien qu’un tel argument ne soit pas fondé, il illustre que la destruction des infrastructures ouvre une porte au gouvernement pour l’instrumentaliser contre les intérêts des travailleurs et créer la division au sein de ceux-ci.

Cela ne signifie pas pour autant que le DSM soutient la politique du gouvernement. Que du contraire, nos camarades militent pour une société socialiste et avance des revendications pour un contrôle démocratique, par les travailleurs et la population des ressources de la région, à l’opposé d’un contrôle par une élite que celle-ci soit une société privée ou issue d’une milice armée. De plus, nos revendications contre la privatisation est accompagnée d’une revendication pour un salaire minimum équivalent à 350€/mois. Parallèlement, nos camarades du Nigeria mènent une campagne pour un Nouveau Parti des Travailleurs, un tel parti de masse serait une arme pour les travailleurs pour répondre aux politiques néolibérales et avancer toutes ces revendication sur une échelle plus large.

Le potentiel pour un nouveau parti des travailleurs est très grands au Nigeria, bien que la construction d’un squelette à travers le développements des mouvements parmi les travailleurs reste un défi. En Afrique du Sud, une telle construction est déjà plus avancée, comparable à la situation d’autres continents. De plus, l’Afrique du Sud, par sa position économique, a un rôle à jouer pour le reste de l’Afrique mais cela ne signifie pas qu’il n’est pas nécessaire de construire un mouvement ouvrier organisé et indépendant de la bourgeoisie dans le reste de l’Afrique, que du contraire !

La lutte pour le socialisme en Afrique est un défi, mais cette lutte est la seule alternative pour sortir de la misère capitaliste

La faiblesse que constitue un mouvement ouvrier faible s’est reflété lors des manifestations contre la faim, où il n’y avait pas de liaison avec des revendications plus larges pour la classe des travailleurs, ce qui se traduit par l’éparpillement de luttes isolées les unes des autres. Néanmoins, un mouvement est d’autant plus fort et des acquis d’autant plus arrachés que les liens parmi les différentes couches sont forts. Inversement, l’isolation des luttes est une brèche pour la classe dirigeante pour mener sa tactique de « diviser pour mieux régner ». Il est important de considérer les revendication autour des travailleurs comme centrales, bien que la classe ouvrière de certains pays soit numériquement faible. De par la position dans la production qu’elle occupe la classe ouvrière a le rôle central, moteur dans la lutte pour une société socialiste, et les intérêts des masses pauvres doivent être liées à ce mouvement ouvrier.

Des luttes de masses vont émerger du fait de la crise. Mais une différence par rapport à un continent comme l’Europe, c’est la « facilité » avec laquelle des organisations indépendantes du mouvement ouvrier peuvent voir le jour de manière officielle. Nous ne cautionnons pas la méthode de guérilla comme un moteur pour la révolution, tout comme nous ne pensons pas non plus qu’un soutien extérieur va régler le sort des populations en Afrique. L’établissement de noyaux durs dans de grandes villes est un premier pas, les premiers os du squelette pour un mouvement ouvrier organisé indépendant et proposer aux masses l’alternative socialiste à la place de la misère proposée par le capitalisme. Le CIO a pour objectif de renforcer ses forces dans tout le continent de l'Afrique en se livrant à toutes les luttes des travailleurs, des pauvres et des jeunes.