22 février 2010
Udps empêchée de tenir son meeting à la place Sante Thérèse
Des tirs en l’air le samedi dernier à N’djili
Kinshasa, le 22/02/2010
Le quartier Sainte Thérèse dans la municipalité de N’djili a vécu, le samedi 20 février 2010, un spectacle déplorable, pendant une dizaine de minutes, entre les éléments de la Police nationale congolaise et les combattants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Ces derniers s’y étaient rendus pour un grand meeting populaire que la hiérarchie du Parti avait prévu à l’occasion du 28ème anniversaire de la création de leur Parti. L’événement, a-t-on appris, était patronné par le Président national en personne, Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Et la police de son côté, très mobilisée, parmi eux des officiers supérieurs, était là pour empêcher que ce meeting puisse avoir lieu. A en croire les officiers commis à la sécurisation de ce meeting populaire, la police a reçu l’ordre du Gouverneur de la Ville, André Kimbuta Yango de réprimander toute tentative de tenue de meeting. Chose que les militants de l’Udps très disciplinés, à l’occasion, ne voulaient pas entendre parler. Côté Udps, a-t-on indiqué, toutes les dispositions ont été prises. Une lettre d’information, comme le recommande la Constitution de la République, a été adressée à qui de droit. Du coup, un langage de sourds s’est installé entre les deux parties. La tension était perceptible. N’eût été l’arrivée à propos de M. François-Xavier Beltchika Kalubye, le Secrétaire Permanent du Conseil National qui a joué au sapeur pompier, le pire serait arrivé. Belcthika Kalubye, après un bref entretien avec l’officier en chef de la police, a instruit tous les militants de vider le lieu, et de se diriger vers la permanence du Parti, à Righini dans la commune de Lemba. Alors que tout était apparemment fini, un autre groupe de policiers qui venait à la rescousse, a croisé les partisans de Tshisekedi chemin faisant et, pour les disperser, les éléments de la police ont immédiatement commencer à tirer en l’air, arrêtant, en passant, même ceux qui n’avaient rien à voir avec l’Udps. Les petits vendeurs du coin n’ont pas été épargnés. Les échauffourées ont lieu juste devant l’Hôpital Sino-Congolais. Une des victimes, Alex Ndomba, Secrétaire national en charge de la mobilisation et de l’encadrement des laissés, témoigne qu’ils ont été arrêtés et détenus pendant plus de quatre heures au commissariat de la police à N’djili. Deux de ses camarades ont perdu leur téléphone portable et un peu d’argent. Approché, Belcthika Kalubye a promis de parler ce mardi 23 février dans un point de presse. L’on se demande quand est ce que l’Udps retrouvera sa liberté d’expression et des réunions comme cela était dans les années 90.
15 février 2010
L'assassinat de la Soeur Dénise à MURHASA/ BUKAVU RDC
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11 février 2010
VITAL KAMERHE HUMILIÉ AU CANADA ET SAUVÉ DU LYNCHANGE PAR LA POLICE D’OTTAWA

CANADA
Qui aurait cru que le combat de la libération de la RDC trouvera aussi écho au Canada, particulièrement dans la capitale fédérale, Ottawa?
Partout dans le monde ou se trouve les vrais enfants de la RDC, la grogne contre le régime d’occupation de la RDC ne tarde pas à s’organiser pour empêcher tout prostitué politique du régime Kanambiste au Congo de prolonger jusqu’en occident leur travail de sape de la mémoire de nos 6 millions de morts suite à une guerre inutile imposée au Congo par les puissances occidentales et les entreprises multinationales. Londres a donné le ton et c’est le tour d’Ottawa, Montréal et Toronto d’entrer en action.
Le mercredi 9 septembre 2010 au sein de l’Université d’Ottawa (UO), Pavillon Demarais. Les compatriotes résistants ont giflé, malmené et humilié le Pseudo Rwando-Burundais, Vital Kamerhe, ex- président de l’Assemblée Nationale de la RDC. Tout s’est passé en présence impuissante de l’honorable Tingombayi du MLC déplacé de Montréal à Ottawa pour écouter le valet de Kanambe, les officiels de l’UO ainsi que de la doyenne de la faculté des sciences sociales de l’UO.
Aux alentours de 12 h 20, entouré d’une forte délégation des 8 collabos congolais venus de Montréal et Toronto sous escorte du Président sortant de la Communauté Congolaise d’Ottawa-Gatineau, le pseudo Rwandais, naturalisé congolais, Justin MATERANIA le cousin germain de Kunda. Le visiteur indésirable, Vital Kamerhe fait un atterrissage forcé à l’UO après un bon moment d’hésitation.
Justin Materania, Chef de protocole de l’événement signala son maître de se diriger vers la salle des conférences pour raison de sa sécurité. Sous l’œil curieux des compatriotes résistants dissimilés dans les rangs de collabos venus chercher des nominations futures et quémander la manne de Pseudo Rwandais-Burundais. L’ambiance est aux allures de surveillance mutuelle entre les deux groupes de congolais (Collabos et compatriotes résistants). L’émissaire de Kanambe crispé et insécure, le Monsieur se précipite à distribuer des salutations au Hall d’entrée pour se décrisper aux publics venus l’humilier sans le savoir. Sourire jaune, il se met à présenter ses cartes d’affaires aux opportunistes venus à sa rencontre.
A 12 h 30, le modérateur ouvra la séance suivi d’un mot d’accueil de 2 minutes de la doyenne de la faculté des sciences sociales de l’UO. Aussitôt qu’elle invita Vital Kamerhe à prendre la parole en présence des officiels de l’UO, un vent de protestation et de résistance congolaise envahi la petite salle # 3120 de 50 personnes max au 3è étage de Pavillon Demarais. De partout on pourrait entendre Kamerhe, Rwandais! Assassin, criminel, voleur, génocidaire, garçon des courses, violeur, menteur. Le mouvement de contestation réclamé que la parole ne soit pas donnée à Kamerhe. Étant Rwando-Burundais et complice de l’imposteur Kanambe, Vital Kamerhe n’a pas le droit de parler aux noms de congolais et moins encore à la diaspora à laquelle il avait dénié tout droit de vote lors des élections de 2006.
Dirigé par le combattant Bamo, le mouvement de protestation a plus de l’ampleur que la salle était pulvérisée et tout s’est paralysé comme dans un film de western. Le groupe de compatriotes combattants résistants ont fait beaucoup de peur que de mal à Kamerhe parce que le mouvement de protestation, après une bonne demi-heure, était contenu par l’escouade anti-émettes de la police d’Ottawa d’une forte légion de 10 voitures de patrouilles. La garde universitaire commise à la sécurité de Kamerhe s’est révélée impuissante devant la grogne des patriotes résistants que l’intervention de la police était bien sollicitée pour sauver Kamerhe des griffes de compatriotes résistants. La trahison, la corruption, la malversation, l’incompétence, le vol avec Kanambe, la complicité avec Kagame de Kamerhe et son infiltration des congolais de l’étranger étaient formellement misent à nu.
Kamerhe est resté pendant au plus 30 minutes immobile, fustigé, pensif et craignant pour sa vie. Une forte raison de le croire parce que la petite salle de classe, qu’on pensait camoufler pour tromper la vigilance des compatriotes résistants n’avait pas d’issue de secours. À moindre accrochage Vital Kamerhe serait gravement blessé avec la colère de la foule qui l’hantait. Le démarrage de sa conférence était un exercice pénible pour l’émissaire de Kanambe. La conférence a repris sa course normale après les émettes, mais dans un climat morose et un froid sibérien, car personne ne voulait après acclamer les tentatives de fausses promesses de Kamerhe dans son plan machiavélique de sortie pour la RDC et la région de Grand-Lacs. Dans son intervention, le traître de Vital Kamerhe s’est positionné comme Leader congolais ayant la solution pour la paix et qui est mieux indiqué pour écouter et appliquer les desideratas de la diaspora congolaise. Il était en mode campagne électorale et prêchait pour sa propre église dans un message creux, sans contenu et sans substance. Évitant clairement dans son discours le sujet de la balkanisation de la RDC, de ses actuelles relations avec Kanambe, ses liens avec leur mentor de Kagame et ses ambitions pour les présidentielles de l’an 2011 s’il y en aura. Sans vergogne, cette fois-ci, Kamerhe s’est dit prêt à collaborer et dialoguer avec la diaspora dans le but de l’induire en erreur comme il en avait fait aux Kivutiens, Kinois et autres lors de la campagne électorale des présidentielles de l’an 2006. Il a nié tout son discours mentionné dans Jeune Afrique qu’il n’était pas un porteur des mallettes
08 février 2010
Les «hallucinations» de l’eurodéputé Louis Michel
Les «hallucinations» de l’eurodéputé Louis Michel
L’eurodéputé belge Louis Michel. Photo C.I.C
Reçu mardi 2 février, à Kinshasa, par Joseph Kabila, l’eurodéputé libéral francophone belge Louis Michel assure avoir constaté un certain changement. Une manière de faire oublier les critiques articulées le 16 décembre dernier, au Parlement européen à Strasbourg, par le commissaire européen libéral flamand Karel De Gucht selon lesquelles la RD Congo serait devenue un «énorme gâchis». Applaudis par les «kabilistes», Louis Michel - qui est également co-président de l’Assemblée paritaire ACP-UE – n’a pas manqué d’exaspérer une certaine opinion congolaise déçue par l’incapacité des gouvernants en place à répondre aux attentes les plus basiques de la population (sécurité des personnes et des biens, approvisionnement en eau et en électricité, nourriture, soins de santé, éducation etc.). Des milieux congolais suspectent des personnalités politiques et médiatiques francophones belges d’être impliqués dans un «complot international» dont le but se résume au maintien de Joseph Kabila au pouvoir.
Quel était le but de la visite que vient d’effectuer l’eurodéputé Louis Michel au Congo ? Etait-ce un voyage d’agrément à l’occasion du 9ème anniversaire de l’accession de Joseph Kabila à la tête de l’Etat ou un déplacement dans le cadre de ses nouvelles fonctions de co-président de l’Assemblée paritaire ACP-UE ? Etait-il allé «consoler» son ancien «protégé»? Au regard des déclarations faites par l’intéressé, il apparaît que l’ancien chef de la diplomatie belge s’est rendu à Kinshasa pour «panser les plaies» infligées au «raïs» par les déclarations décapantes faites par le commissaire Karel De Gucht lors du débat du 16 décembre dernier au Parlement européen. «Karel» regrettait de ne pas trouver des «interlocuteurs appropriés» dans ce Congo qui est devenu, selon lui, un «énorme gâchis». Rappelons que l’eurodéputé Louis Michel avait choisi de hurler avec les loups dans son intervention ce 16 décembre. Il relevait notamment que «les carences du système judiciaire congolais créent un sentiment généralisé d’impunité» avant de souligner que «ce qui reste à reconstruire au Congo, c’est un Etat de droit avec de véritables fonctions régaliennes qui, aujourd’hui, sont totalement inexistantes et donc créent un vide extrêmement grave.»
Fourberie
A Kinshasa, c’est un tout autre homme qui est apparu. Un Louis Michel mielleux, frisant la fourberie. L’homme use et abuse des paraboles. Sans convaincre. Preuve, si besoin en était qu’il n’a pas d’éléments matériels pour démontrer les fondements de ses éloges. «Le malade était gravement malade. Mais le malade sort petit à petit de sa convalescence et retrouve les couleurs», a-t-il déclaré à l’issue de ses entretiens avec le «raïs». De qui, de quoi parle-t-il ? Michel poursuit son monologue en se disant persuadé que la RD Congo dispose des atouts indiscutables pour que la machine se remette à «fonctionner». L’eurodéputé d’ajouter : «Chaque fois que je viens ici je trouve des éléments nouveaux». Lesquels ? On peut imaginer qu’il fait allusion aux travaux de réfection de quelques altères de la capitale – à ne point finir - autant qu’au «boom immobilier» perceptible à travers la ville. Michel s’est dit «impressionné» par la volonté de Kabila à «accélérer le processus». Qu’en est-il de la qualité de vie de la population? Pas un mot.
Michel a fait l’éloge du Parlement de la RD Congo. «Je trouve dans ce Parlement un véritable esprit de débats, de contrôle démocratique, a-t-il estimé. Je vais suffisamment dans des pays en développement pour vous dire et vous témoigner qu’on ne voit pas cela partout». Le parlementaire européen feint d’ignorer que la présidence de l’Assemblée nationale a été décapitée par le président de la République. On peut gager que l’homme n’a pas évoqué les sujets qui fâchent avec le "raïs". C’est le cas des députés provinciaux qui ont passé à tabac à Lubumbashi par des membres de la «Jeunesse» du parti du président de l’assemblée provinciale du Katanga.
Tiraillement
Notons que le commissaire européen Karel De Gucht était, dimanche 31 janvier, l’invité du journaliste Pascal Vrebos de la télévision commerciale RTL-Tvi. L’homme n’a pas voulu remuer le couteau dans la plaie en commentant les récentes critiques qu’il a formulées à l’encontre du tout nouveau ministre belge des Affaires étrangères, le CD&V Steven Vanackere, qui a été photographié entrain de trinquer avec Kabila. N’aime-t-il pas le Congo parce qu’on y parle français ?, demande le journaliste. «J’aime beaucoup le Congo, répond De Gucht. J’ai beaucoup visité ce pays. Je suis peiné de voir le Congo dans sa situation actuelle.»
Depuis le début des années 90, les hommes politiques flamands et francophones belges semblent s’affronter au sujet de l’attitude à adopter vis-à-vis du Congo-Zaïre. Si un certain unanimisme était perceptible sous le régime Mobutu, cette unité de vue est partie en éclat depuis l’arrivée des Kabila au pouvoir. Le monde politique flamand est resté globalement «très critique» sur le processus démocratique, la gouvernance et les droits et libertés. Les milieux francophones paraissent plus accommodants. On entend des formules du genre «il faut donner le temps au temps.»
On peut comprendre que certains citoyens congolais suspectent des personnalités politiques et médiatiques francophones de faire partie d’une «vaste conspiration internationale» dont le but est de maintenir Joseph Kabila au pouvoir pour conforter certains intérêts étrangers. Et ce, en dépit de son bilan «globalement négatif» au plan sécuritaire, économique et social. Les partisans de cette thèse épinglent quelques faits. Dans un article publié dans son édition daté 20 janvier 2001, le quotidien bruxellois annonçait que Joseph Kabila, désigné pour succéder au «Mzee», «est à moitié tutsi», par sa mère. Cette information a fait le tour du monde. Une semaine après, soit le 26 janvier, «Le Soir» s’est rétracté en soutenant cette fois que la mère de «Joseph» «est bien Congolaise». Son nom : Safi (Sic !) Manya. Depuis l’arrivée de Joseph au pouvoir les articles revêtus de la signature de la journaliste Colette Braeckman ressemblent de plus en plus à de «papiers de propagande». C’est le cas notamment d’un commentaire intitulé : «Botika Mwana». En lingala dans le texte. Traduction littérale : Foutez la paix au gamin ! Un étrange revirement éditorial de la part d’un organe de presse qui avait fait mine un moment de «se battre» pour la promotion des valeurs démocratiques et du respect des droits de l’homme au Congo-Zaïre.
Hallucinations
En octobre 2004, Karel De Gucht, tout nouveau ministre des Affaires étrangères, entame sa première tournée africaine. A l’étape de Kigali, il lâche : «Je n’ai pas rencontré des hommes d’Etat au Congo». De Gucht aurait été surpris par le peu de souci que les dirigeants congolais – le chef de l’Etat en tête - accordaient aux questions d’intérêt général. Le libéral francophone Armand de Decker, alors ministre de la Coopération au développement réagit vivement : «Cette prise de position est de nature à affaiblir le président Joseph Kabila et à renforcer les mobutistes qui risquent de revenir au pouvoir.» Au lendemain des affrontements entre les soldats attachés à la sécurité de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba et les hommes de la garde prétorienne de Kabila en mars 2007, De Decker est interrogé au journal télévisé de RTL-Tvi à 13 heures. Sans attendre les conclusions de l’enquête ouverte par la Monuc, il désigne le coupable et les innocents: «J’espère que Jean-Pierre Bemba est conscient de la responsabilité politique très, très grande qu’il porte». Il ajoute : «Nous sommes dans une situation où, après des élections transparentes, un gouvernement légitime est en place. Et le perdant ne veut pas accepter sa défaite. Aussi, lance-t-il ses hommes dans la ville pour déstabiliser le régime». «Jean-Pierre Bemba doit comprendre qu’il ne peut pas prendre la reconstruction du Congo en otage pour ses intérêts personnels. Maintenant le président Kabila et le Premier ministre Gizenga peuvent poursuivre leur travail avec une détermination plus grande», conclut-il. Rappelons que lors d’un voyage à Kinshasa, De Decker avait trouvé des mots pour justifier le massacre des adeptes de Bundu dia Kongo par des policiers, qualifiés de "membres d’un mouvement insurrectionnel". On devrait parler d’aveuglement.
Inutile de rappeler les interventions partisanes du commissaire européen Louis Michel sur la même chaîne au cours desquelles il a présenté l’actuel président congolais comme étant «l’espoir pour le Congo» ou encore «L’homme de la situation.»
Tous ces compliments laissent sceptiques les premiers intéressés en l’occurrence les Congolais. La grande majorité des Congolais attendent depuis neuf ans les premiers signes du changement dans sa vie quotidienne. A Kinshasa, Louis Michel n’a rien vu. Il a été victime de ses hallucinations.
Madeleine Wassembinya/B.A.W
01 février 2010
Il y a 50 ans: La fin du Congo belge et le début du néo-colonialisme

Suite aux révoltes qui éclatèrent en 1959 dans la colonie belge du Congo, la conférence, dite de « la Table Ronde », entre les grands partis belges et les tout nouveaux partis congolais débutait en janvier 1960 à Bruxelles. Cette conférence allait déboucher sur la promesse d’octroyer l’indépendance du Congo pour juin 1960 mais en coulisse le gouvernement et la bourgeoisie belge préparaient la poursuite du pillage des riches ressources congolaises.
Pour comprendre les enjeux de cette conférence, il faut se replacer dans le contexte de l’effondrement du système colonial après 1945. Le choc de la Deuxième Guerre mondiale avait renforcé les contradictions des sociétés coloniales à travers le monde. La guerre avait généré des famines. Elle avait aussi transformé des millions d’hommes colonisés en soldats qui avaient été plongés dans les combats les plus meurtriers et qui ne voulaient plus être traités comme des esclaves. L’explosion anticolonialiste débuta directement à la fin de la guerre avec les révoltes dans l’empire français en Indochine (actuels Vietnam, Laos et Cambodge), à Sétif en Algérie, à Madagascar ainsi que dans l’empire britannique des Indes. Le retrait britannique de l’Inde, la défaite de l’armée française par les combattants anti-impérialistes indochinois en 1954 et le début de la guerre d’Algérie montraient aux grandes puissances impérialistes européennes qu’il serait de plus en plus difficile de garder les colonies comme telles.
Pourtant, le gouvernement belge ne voulu rien savoir. Dès 1946, le gouverneur général belge qui dirigeait le Congo avait pourtant constaté que rien ne serait plus comme avant la guerre et qu’il faudrait changer de système. Mais les gouvernements belges comme la puissante Société Générale de Belgique, la plus grande multinationale belge qui contrôlait les ressources minières du Congo, ne voulait pas lâcher la poule aux œufs d’or. Les colons blancs ne voulaient pas renoncer à leurs privilèges face aux indigènes qu’ils traitaient comme des domestiques et qu’ils exploitaient dans des conditions similaires à celle de l’Europe du 19ème siècle, voire du Moyen Age.
Les filiales des multinationales belges opérant au Congo étaient capables de générer du profit deux fois plus vite que les entreprises opérant en Belgique. La Société Générale et le gouvernement belge pillèrent l’uranium du Congo pour aider le développement de l’armement nucléaire américain et pour développer l’industrie nucléaire belge dans les années 1950 (Electrabel sera une filiale de la Société Générale). A la fin des années 50, l’indépendance du Congo n’était pas à l’ordre du jour de la bourgeoisie belge et de son gouvernement. Ainsi, un rapport officiel belge de 1958 prévoyait que le Congo pourrait éventuellement devenir indépendant dans les années 1980 !
Si la colonie rapportait beaucoup, elle n’avait pratiquement rien coûté aux dirigeants belges. Les infrastructures restaient très peu développées, hormis ce qui était nécessaire à la production et au transport des matières premières pillées par les entreprises belges. Elles avaient été construites par le travail forcé des peuples indigènes du Congo dont l’exploitation brutale de la fin du 19ème siècle s’était traduite par des millions de victimes. Les systèmes, plus que rudimentaires, de santé et d’éducation des congolais étaient principalement organisés par des religieux. En 1959, il n’y avait que quelques dizaines de congolais qui avaient eu accès à l’enseignement supérieur. La modernisation de la colonie s’était donc limitée à ce qui était indispensable au pillage des ressources naturelles du Congo.
Pendant cinquante ans les colonisateurs belges ,« civilisateurs », s’appuyèrent sur les chefs de tribus traditionnels pour diriger la colonie plus facilement et à moindre coût. Cela renforça des logiques tribales qui divisèrent les différentes ethnies congolaises pendant des décennies, qui bloquèrent l’émancipation des femmes et la diffusion des idées progressistes. Il fallait maintenir les colonisés dans l’ignorance et le conservatisme pour éviter des révoltes généralisées contre l’oppresseur colonial.
Le gouvernement colonisateur belge avait tout fait pour limiter l’émergence d’une conscience politique au sein des masses congolaises. Pourtant, l’explosion eut lieu en 1959. Le gouvernement belge se rendit à l’évidence, les populations congolaises ne se laisseraient plus faire comme jadis alors que tant d’autres peuples luttaient pour leur indépendance, y compris par la voie armée. En pleine guerre d’Algérie, le gouvernement belge ne pouvait que constater l’échec de l’armée française empêtrée dans ses guerres coloniales sanglantes, coûteuses et de plus en plus impopulaires en France elle-même. Le Congo ne pouvait pas devenir une autre Algérie.
En janvier-février 1960, le gouvernement belge organisa alors une conférence, dite de « la Table Ronde », à laquelle il invita les grands partis belges (sauf le Parti communiste) et les partis congolais qui venaient de se former. Quelques mois auparavant, le gouvernement belge envisageait encore de garder pendant des dizaines d’années un contrôle belge au Congo sur les affaires étrangères, la défense, l’économie, les transports et communications, la monnaie. Mais face à l’opposition des congolais indépendantistes et la peur d’une révolte générale, il fut convenu de donner l’indépendance au Congo pour juin 1960 ! Les grands partis belges (chrétiens, libéraux et socialistes) prétendirent ainsi « remettre toutes les clefs » du Congo aux Congolais.
Rien n’était plus faux. Le gouvernement belge, la Société Générale et les autres capitalistes belges ayant des intérêts au Congo continuèrent d’intervenir pour garder le contrôle des richesses minières congolaises. Ils décidèrent de créer une guerre civile qui allait déboucha sur la mise en place la dictature sanglante de Mobutu qui soumettra le Congo aux puissances occidentales pendant plus de trente ans !
Après la conférence, dite de « la Table Ronde, le gouvernement belge continua de contrôler l’appareil d’Etat colonial, certains partis congolais et la formation des cadres de l’armée, notamment du premier futur chef d’Etat major, un jeune sergent du nom de Mobutu. Malgré cela, les premières élections virent le succès de Patrice Lumumba, un ancien commis postier et petit employé d’une brasserie qui était devenu militant anticolonialiste. Lumumba voulait bâtir un Congo indépendant, moderne, capable de dépasser les clivages ethniques. Il devint alors le premier ministre du Congo indépendant au grand dam de la bourgeoisie belge qui ne le trouvait pas assez docile. La bourgeoisie belge le présenta comme communiste pro soviétique (ce qu’il n’était pas). Ainsi le grand journal catholique la Libre Belgique n’hésitait pas à la caricaturer avec des cornes de diable et à publier un éditorial qui regrettait que l’armée belge ne l’élimine pas simplement « d’un geste viril »!
Pour casser Lumumba, le gouvernement belge et la Société Générale organisèrent la guerre de sécession de la province du Katanga, la plus riche en ressources minières, dix jours seulement après la proclamation de l’indépendance. Le Congo fut alors plongé dans une sanglante guerre civile. Mais le gouvernement américain s’opposa à l’intervention directe belge car il craignait qu’une démarche aussi grossièrement colonialiste ne renforce le camp anti-impérialiste à travers toute l’Afrique. Le choix des services secrets américains et belges se porta alors sur le servile Mobutu et ils décidèrent d’assassiner Lumumba. Sous le couvert d’une intervention de l’ONU, les gouvernements des Etats-Unis et la Belgique aidèrent Mobutu à prendre le pouvoir organisant un coup d’Etat militaire.
Mobutu devint le dictateur à vie qui allait laisser les multinationales belges, américaines et françaises piller son pays tout en s’enrichissant de manière scandaleuse. Pendant des décennies, Mobutu prit 15 à 18% du budget de l’Etat pour sa présidence, soit environ 100 millions de dollars par an ! A ceux qui osaient le contester, les bourreaux de Mobutu n’hésitaient pas à torturer, à violer et assassiner par milliers les opposants. Cela n’empêcha pas la Belgique de continuer à former des officiers de l’armée du dictateur, pendant que le roi Baudouin et la reine Fabiola devenaient les parrains des enfants de Mobutu !
La corruption, la répression et le pillage systématique du pays par Mobutu et sa clique ainsi que par les grandes entreprises étrangères finirent par provoquer l’effondrement progressif de l’Etat au cours des années 1980-1990. En 1997, le gouvernement de Mobutu fut chassé par les armées voisines du Rwanda et de l’Ouganda et son régime s’effondra. Le pays se retrouva alors plongé dans une guerre sanglante pendant plus de dix ans dans laquelle se sont affrontés des bandes armées des seigneurs de guerre congolais ou étrangers, soutenues par les grandes puissances occidentales comme la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.
Mais les matières premières ont continué d’être pillées pour le profit des firmes multinationales. En 2007, les Nations-Unies estimaient que, depuis 1997, entre 5 et 10 milliards de dollars de matières premières avaient été pillées pour être revendues sur les marchés internationaux par les divers seigneurs de guerre opérant au Congo. La guerre au Congo a déjà tué plus de trois millions de personnes. Des centaines de milliers de femmes ont été violées et mutilées par des soldats. Ces massacres en ont fait le conflit le plus sanglant dans le monde depuis la deuxième guerre mondiale et le gouvernement actuel n’a aucune marge de manœuvre face aux grandes puissances occidentales et aux entreprises étrangères qui continuent de piller le pays.
Il y a 50 ans se terminait officiellement la colonisation belge au Congo. Mais aussitôt les puissances impérialistes occidentales, en premier lieu la Belgique, les Etats-Unis et la France, mirent en place un système de contrôle indirect qui devait assurer la poursuite du pillage des ressources du nouvel Etat pseudo indépendant. La dictature brutale de Mobutu allait dégénérer au point de mener à une des plus sanglantes guerres de l’histoire de l’humanité. Voilà le triste bilan de la colonisation capitaliste belge au Congo et du système néocolonial mis en place dans les années 1960.
Deux bilans de la colonisation belge au Congo
Lors de la cérémonie de passation de pouvoir pour l’indépendance qui se déroula le 30 juin 1960 à Léopoldville (actuelle Kinshasa), le Roi Baudouin, paré de sa tenue d’apparat militaire coloniale blanche, présenta la version officielle de l’histoire du Congo belge :
« L'indépendance du Congo constitue l'aboutissement de l'œuvre conçue par le génie (sic) du roi Léopold II. Pendant 80 ans, la Belgique a envoyé sur votre sol les meilleurs de ses fils, d'abord pour délivrer le bassin du Congo de l'odieux trafic esclavagiste; ensuite pour rapprocher les unes des autres les ethnies, jadis ennemies. Lorsque Léopold II a entrepris la grande œuvre qui trouve aujourd'hui son couronnement, il ne s'est pas présenté à vous en conquérant mais en civilisateur (…)
















