29 janvier 2010
Pourquoi le Kivu n'a pas été définitivement été rattaché au Rwanda
L’hypothèse du Docteur Strizek sur le choix de Museveni et Kagame par les USA
Résumé de sa conférence tenue à Mönchengladbach (lu et corrigé par lui-même) le 16/01/2010
Le choix de Museveni et de Kagame à partir d'octobre 1993 par l'administration Clinton fut dicté par le souci de s’attaquer au terrorisme à partir du Soudan après le coup d’Etat d’Omar El-Béchir en 1989.
Initialement, après la fin de la guerre froide au cours de laquelle Mobutu a joué un rôle important en faveur des intérêts occidentaux l'administration de Bush père en conformité avec Mitterrand voulaient se débarrasser des alliées désormais gênants. Le ministre des affaires étrangères américain James Baker a rendu visite à Mobutu le 24 mars 1990 à Kinshasa pour le remercier confidentiellement des services rendus mais qui ne seraient plus nécessaires. Il fallait, comme alliés, des régimes plus démocratiques. Mobutu a compris et démissionné comme Président du parti d'état un mois plus tard. Mitterrand préférait une action plus spectaculaire avec son discours lors du Sommet Franco-africain à la Baule en juin 1990. La pression de démocratiser a produit des conférences nationales et tables rondes dans beaucoup de pays. Puisque les exilés Tutsi en Ouganda n'avaient pas de chance de gagner des élections, ils ont entrepris une invasion à partir de l'Ouganda le 1er octobre 1990. Au début les Américains n'ont pas soutenu la victoire complète du FPR. Ils ont longtemps opté pour un partage de pourvoir et de décharger Museveni des ces exilés devenus encombrants. Mais après la débâcle de Mogadiscio le 3 octobre 1993, Clinton a décidé de retirer tous les soldats Américains de l'Afrique considérée sans importance économique et politique. Cette décision a provoqué une réaction de la part des milieux politiques et militaires Américains que avaient en vue les intérêts sécuritaires que le Soudan représente dans la stratégie américaines au Proche orient. Les USA avaient donc besoin de gens capables de se battre contre Omar El-Béchir, le cas échéant. Museveni accepte le marché et sollicite que ses alliés Américains l’aident à se décharger des problèmes liés à la présence des Tutsi Rwandais en Ouganda et de « le libérer » des exigences démocratiques dans son propre pays (et au Congo). Pourquoi ?
Pour les USA, l'Ouganda représentait un rempart contre le Soudan et il fallait accepter ses conditions. Concernant le Rwanda, il fallait laisser tomber les Accords d'Arusha et permettre au FPR de prendre le pouvoir à Kigali même au prix de l'assassinat du Président Habyarimana (s'il n'était pas prêt à démissionner) et établir un régime pro-américain qui ferait la liaison entre l'Ouganda et la province Orientale pour approvisionner les rebelles du Soudan du sud, ce que Mobutu a toujours permis. Mobutu aussi fut "libéré" de la pression démocratique exercée par Tshisekedi. Tout d'un coup Mobutu apparaît de nouveau sur la scène internationale parce qu'il était prêt à recevoir les réfugiés Hutu prévisibles pendant la conquête du pouvoir par le FPR. Mais quand on a appris la gravité de sa maladie en 1996 il fallait le remplacer et éviter l'arrivée au pouvoir du nationaliste Tshisekedi peu susceptible de jouer le jeu anti-Khartoum. Museveni dénichera Laurent-Désiré Kabila et en fera son allié (avec Kagame) pour poursuivre les Hutu réfugiés au Congo et les exterminer. Cette extermination des Hutu (et autres réfugiés Tutsi) fut justifié par la "menace génocidaire" que les réfugiés Hutu représentaient pour la dictature de Kagame qui fut justifié par la thèse de l’arrêt du génocide initié par les Hutu. La guerre du Congo était donc présentée au monde comme une mesure pour enlever cette menace et consolider la dictature (dite anti-génocidaire) de Kagame.
L’avancée de Kagame sur le sol congolais répondait aussi à un vieux rêve : s’aliéner les deux Kivus, terres toujours enviées par ses aïeux. La guerre de l’AFDL aurait pu prendre fin après la chute de deux Kivus si les Américains n'avaient pas voulu mettre en place Laurent-Désiré Kabila à Kinshasa. Ses alliés l’aideront à assouvir son ambition jusqu’au jour où il décidera de se débarrasser d’eux. Face au refus de ses alliés FPR de retourner chez eux, une guerre éclatera (le 02/08/1998) et les Américains viendront à leur secours pour éviter le pire.
Après la mort de Laurent-Désiré Kabila, Kagame obtiendra de ses alliés Américains et Européens - l’intervention de l’Eufor au Congo est à situer dans ce contexte - que le Congo soit dirigé pour « un jeune Rwandais inoffensif » en la personne de « Joseph Kabila ». Ceci permettrait au Rwanda de faire main basse sur les richesses du Congo et d’être sûr que le danger pour la lutte contre son pouvoir dictatorial ne viendrait pas de la RD Congo.
L'administration Bush junior était prête à accepter ce "marché passé" mais refusait d'honorer la promesse de Madeleine Albright de céder les Kivu au Rwanda. Lors de la visite de Kagame et de Joseph Kabila à Washington fin janvier 2001 le nouveau ministre des affaires étrangères américain Colin Powell leur a signifié que les frontières du Congo ne devaient souffrir d’aucune modification. Quand Kagame et Nkunda voulaient mettre en cause cette détermination vers la fin de l'administration Bush, la ministre des Affaire étrangères Condoleezza Rice leur a donné une leçon. En décembre 2008, ils ont dû arrêter l'avancée de leurs soldats juste avant de prendre Goma. Mme Rice a seulement fait savoir qu'elle avait téléphoné à Kagame!
Le Docteur Strizek est revenu sur la question des frontières pour souligner le fait que Mme Clinton n'a pas visité le Rwanda lors de son périple africain. Mme Clinton avait au contraire insisté avant d`être prête à rencontrer Joseph Kabila à Goma que Kagame rencontre Joseph Kabila à Goma. Cela a été un signal fort : c’était une façon de lui dire que les frontières du Congo sont intangibles. Elle a même rédigé un article dans lequel elle reconnaît que les guerres au Congo ont fait plus de 5.000.000 de victimes. Strizek a pourtant émis de doutes pour savoir s'il s'agit déjà d'un changement définitif de la politique américaine en faveur le la paix dans la Région des Grands Lacs africains. On ne connaît pas encore l'analyse que fait le Pentagone des intérêts militaires dans la Région. Mais il n'est pas exclu qu'ils arrivent à la conclusion que la dictature de Kagame cause plus de problèmes que d'avantages sécuritaires.
« La communauté internationale est co-responsable de l’échec »
A bout portant
La question n’est pas la bonne. Il ne s’agit pas de savoir qui est fréquentable, et qui ne l’est pas. Mais de savoir si la Belgique et la République Démocratique du Congo (RDC) peuvent retrouver une intersection de leurs agendas et de leurs intérêts ; et comment. M. Vanackere doit prendre une distance par rapport aux années « troubles », quand M. De Gucht était ministre des Affaires étrangères ; il doit recoller les morceaux, ce n’est pas une tâche facile. D’autant qu’il n’a pas les moyens de devenir le grand acteur que certains Belges auraient souhaité. La Belgique n’est plus un partenaire qui compte beaucoup pour le Congo ; d’autres acteurs pèsent bien plus lourd, comme la Chine ou les agences onusiennes et la Monuc. La Belgique est désormais un petit partenaire symbolique.
Où sont les résultats de la réforme ? Il n’y a pas plus de sécurité avec la Monuc. Que dire de la réforme du code minier et du code des investissements ? Si on évalue les actions entreprises depuis 2002, on voit que le Congo n’a pas progressé. Lisez les rapports de Human Right Watch et d’autres ONG : l’espace démocratique s’est rétréci, au lieu de s’élargir.
Tous les leaders africains veulent des élections. Ils peuvent prétendre avoir été élus démocratiquement, et ensuite faire ce qu’ils veulent. Il y a une instrumentalisation des procédures démocratiques ; il n’y a pas de lien direct entre élections et démocratisation.
Il y a un échec de la réforme : on n’a pas su créer de véritables institutions démocratiques et améliorer le bien-être des Congolais. Et à mes yeux, la responsabilité de cet échec est partagée par la communauté internationale et par le régime Kabila. Les partenaires internationaux ne partagent pas un même schéma directeur. Chacun a son propre agenda ; les approches sont fragmentées et souvent contradictoire. Tous les indicateurs sont dans le rouge. Il y a beaucoup mois de développement aujourd’hui qu’il y a 50 ans ! On peut même se demander si la communauté internationale souhaite vraiment que le Congo devienne fort et indépendant. Ou bien, au contraire, si elle ne souhaite pas maintenir le pays dans un état de dépendance, afin de mener à bien une stratégie de néo-tutelle. En ce sens, je suis bien plus critique par rapport à la communauté internationale que par rapport au régime. Cela dit, les autorités congolaises ne souhaitent pas les réformes, car elles bénéficient du contexte actuel. Si un véritable changement intervenait, toute la classe politique congolaise sauterait.
Une thèse à la mode est qu’il faudrait couper totalement l’aide aux pays pauvres, développée notamment dans
P. 4 & 5 Notre Dossier
« Aucun ministre n’a dit que tout était merveilleux au Congo »
A bout portant
Le système politique congolais est un système que l’on qualifie en science politique de système d’« Etat fragile ». Les élus du peuple y sont plus sensibles à la corruption que dans les pays riches. C’est une fragilité de l’Etat qui crée ce problème-là. Sur le plan théorique, la question de principe est de savoir si, pour aider les Etats fragiles, on attend qu’ils soient devenus des Etats qui appliquent les règles de bonne gouvernance ou si, au contraire, on se dit que ces règles de bonne gouvernance devront suivre et non pas précéder la construction du développement économique et de l’Etat.
Sur le plan pratique, on peut faire remarquer qu’à l’époque où il était ministre des Affaires étrangères, bien qu’il ait prononcé des paroles dures à l’encontre du monde politique congolais, Karel de Gucht a quand même continué à maintenir, voire à augmenter, le flux de la coopération de la Belgique. On n’a donc pas l’impression qu’il était aussi dur dans son action que dans ses paroles. C’est peut-être lié à son caractère. Il y a une franchise, une spontanéité chez Karel De Gucht ; il a lui-même reconnu qu’il n’était pas diplomate, raison pour laquelle, disait-il, il était entouré de diplomates… L’attitude de Steven Vanackere apparaît plus conciliante en apparence, mais le tout sera de voir si, sur les critères d’attribution des aides, il sera également plus conciliant, ou au contraire plus sévère que Karel De Gucht.
Cela dit, il n’y a aucun ministre qui est arrivé en disant que tout était merveilleux au Congo. La Belgique essaye d’exercer ses responsabilités avec prudence. Elle ne soutient pas toutes les initiatives. Il arrive qu’elle tienne des discours clairs et durs vis-à-vis de certains dirigeants congolais. Mais la plupart du temps, elle accompagne le processus dans la mesure de ses moyens, car il se fait qu’au Congo, le nom de Bruxelles, Liège ou Gand sont plus familiers que ceux de Shanghai ou même Washington.
26 janvier 2010
Faut-il laisser faire ?
BANA-CONGO
Mouvement de Pression pour la Libération du Congo (R.D.C.)
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1050 Bruxelles (Ixelles)
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Année du cinquantenaire des « indépendances » de bon nombre de pays d’Afrique, 2010 voit déjà son premier mois courir à sa fin. Autant dire que le compte à rebours des célébrations des cinquantenaires est déjà lancé, surtout pour le Congo – R.D.C.
Dans le cas précis de ce pays, l’agitation et la mobilisation trouble autour des préparatifs du cinquantième anniversaire du « 30 juin » suscitent bien de questions quant à l’attitude des uns et des autres intéressés de près ou de loin.
Comment ne pas s’étonner de la fébrilité faussement désintéressée de certains officiels ou particuliers belges qui s’impliquent avec un zèle qui dépasse de loin l’activisme souhaité des premiers concernés, les Congolais eux-mêmes ?
Que diraient les mêmes belges des ressortissants hollandais qui se permettraient de s’emparer de l’organisation d’un quelconque jubilé de l’indépendance de la Belgique comme eux sont en train de le faire pour le Congo ?
Que dirait-on des espagnols reproduisant le même geste à l’égard des néerlandais ? Des britanniques s’exhibant de la même façon vis-à-vis des américains ? Etc.
La plus curieuse des questions est soulevée par l’instrumentalisation d’une probable future visite royale à Kinshasa pour la circonstance. Noter que la même visite a été à maintes reprises évoquée comme prétexte pour venir à la rescousse d’une diplomatie approximative ou d’une politique peu avouable inspirée par des personnages peu scrupuleux qui veulent s’appuyer, dans la foulée, sur les moyens de l’Etat belge pour faire accréditer des opérations difficiles à laisser à découvert.
Pourquoi veut-on absolument amener le Roi à s’impliquer dans des opérations politiques aux issues incertaines relatives aux rapports d’Etat à Etat entre la Belgique et le Congo alors que, d’ordinaire, il n’est pas censé se mêler de politique ?
Hier, son illustre prédécesseur n’a pas pu supporter le rappel de devoir de mémoire qui lui a été fait par le Premier « Premier Ministre » du Congo lors de la cérémonie officielle de proclamation de l’indépendance.
Aujourd’hui, le Souverain, que l’on veut amener à se souiller les mains dans le Congo ensanglanté depuis bientôt vingt ans, est-il prêt à soutenir une autre interpellation sur la responsabilité de quelques-uns de ses sujets ou d’autres instances du royaume dans la dégradation de la situation du Congo des vingt dernières années ?
50 ans après le 30 juin 1960, le Congo présente une image moins glorieuse que celle qu’il pouvait présenter à cette date là. Tout n’est évidemment pas de la faute de l’autre, fut-il belge. Dans ses 50 ans, le Congo a connu aussi des heures de gloire qui pouvaient inciter ses fils et filles à des rêves de grandeur.
Le rôle joué par la Belgique dans l’aventure sécessionniste katangaise de 1960 ne se démontre plus. Le Congo a pu se rattraper plus tard, peut-être bien avec l’aide d’autres belges bien intentionnés, pour se ressouder et prendre un plus bel élan avec la « Constitution de Luluabourg ».
Si des esprits peu sincères peuvent douter d’une quelconque implication de la Belgique dans le coup d’Etat du 24 novembre 1965, il y a lieu de leur rappeler tout simplement que la notification de la déchéance du Chef d’Etat en fonction a été rédigée par un colonel belge.
Tout et le contraire a été dit sur le pouvoir né de ce coup d’Etat car il traînera 32 ans durant en laissant s’échapper par occasion quelques ambiguïtés de la politique belge.
Il n’y a pas longtemps de cela, on vient de voir comment l’ « expertise belge » dans la connaissance du Congo a transféré à celui-ci les conséquences des troubles créés au Rwanda voisin en 1994. Sans passer sous silence l’ineptie des solutions politiques imposées depuis lors au Congo après en avoir convaincu du bien fondé quelques partenaires « naïfs » de l’Union Européenne.
Est-il honnête et humain de la part du Souverain d’aller « fêter » les 50 ans d’indépendance du Congo alors que celui-ci est endeuillé injustement et placé sous un pouvoir de terreur d’Etat ?
Les cris de larme des Congolais et des Congolaises sont jusqu’à ce jour ignorés du reste du monde. Les cris de douleur des veuves, des orphelins et des victimes des atrocités les plus inimaginables laissent imperturbables la communauté dite internationale. Mais, les cris de colère et d’indignation du peuple congolais ne laisseront plus personne indifférent.
L’amitié brandie du Souverain ne peut pas se démontrer à travers une visite officielle qui ne pourrait s’interpréter que comme une prime au génocide non avoué du peuple Congolais perpétré depuis l’avènement de la fausse « libération » de l’AFDL prolongée par le pouvoir actuel régnant en R.D.C par la terreur, la corruption, le viol massif des femmes de tous âges, la tricherie et l’impunité. D’autres caractéristiques indéniables de ce pouvoir exécrable sont régulièrement fournies par M. Karel De Gucht et divers rapports crédibles des missions de l’ONU et d’ONG internationaux de protection des droits humains.
S’obstiner à défier l’honneur et la dignité du peuple congolais très durement éprouvé a un prix qu’il sera difficile d’éviter de payer demain si jamais …
Fait à Bruxelles, le 20 janvier 2010.
Pour BANA CONGO, Mouvement de Pression pour la Libération du Congo,
Aubin KIKONKA KILU KANDA
24 janvier 2010
Karel De Gucht critique la rencontre Vanackere-Kabila
Le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire Karel De Gucht a vivement critiqué dimanche, sur le plateau du Zevende Dag (VRT), le ministre belge des Affaires étrangères Steven Vanackere (CD&V) pour son entretien récent avec le président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila.
"Ce qui se passe au Congo est un drame inconcevable. En tant qu'être humain, je n'aurais pas pu me résoudre à avoir un entretien agréable avec Kabila, un verre de bière à la main", a déclaré M. De Gucht, l'un des prédécesseurs de M. Vanackere aux Affaires étrangères. Ce dernier avait rencontré mardi le chef de l'Etat congolais, au cours d'une escale à Lubumbashi lors d'un déplacement de plusieurs jours en Afrique centrale.
"Rencontre courtoise"
Dans un entretien enregistré diffusé dimanche sur la VRT, M. Vanackere observe qu'il ne revient pas à un ministre belge de "délivrer des diplômes", évoquant ainsi les positions de M. De Gucht sur la RDC, jugées offensantes par Kinshasa. Le chef de la diplomatie belge dément s'être "aplati" devant Joseph Kabila et qualifie son entretien avec ce dernier de "rencontre courtoise" au cours de laquelle aucun sujet n'a été évité.
Karel De Gucht, pour sa part, a ironisé sur le fait que, depuis qu'il n'est plus ministre des Affaires étrangères, "cela va mieux au Congo, il y a moins de viols, la situation dans l'est s'arrange et la corruption est combattue". "Si ce n'est pas le cas, je ne pourrais pas imaginer que le ministre Vanackere, si bien intentionné, aille boire un verre de bière avec Kabila. Je ne l'ai d'ailleurs jamais fait", a-t-il commenté.
Par ailleurs, interrogé sur l'éventualité d'une visite du roi Albert II en RDC le 30 juin prochain, à l'occasion des 50 ans de l'indépendance du pays, le ministre Vanackere considère que cette présence royale ne constituerait pas forcément une légitimation pour le gouvernement congolais, d'autant que bon nombre de chefs d'Etat feront à cette occasion leur visite officielle. "J'ai le sentiment que, pour gagner la confiance, l'on doit aussi donner quelque chose", a-t-il commenté. (belga/mb)
10 janvier 2010
L ATTAQUE DU BUS DE L EQUIPE NATIONAL DU TOGO, LA VERITE
Lome II savait
, Faure aurait reçu des menaces.
Le bus des Éperviers du Togo a essuyé ce 8 janvier 2010, des tirs de mitrailleuses nourris, pendant un quart d’heure. L’attaque vraisemblablement menée par des rebelles séparatiste du Front de Libération du Cabinda (FLEC) relève d’un non-sens de tout premier abord mais lorsqu’on gratte la couche des relations entre le Togo et l’Angola, il y a lieu d’avoir quelques frissons. C’était prévisible du moins pour ceux qui savaient, en particulier dans le camp de Faure Eyadema. On devra ici se rappeler et faire un parallèle avec le crash non élucidé, de l’hélico qui devait ramener les Éperviers à l’aéroport après un match contre l’équipe de la Sierra Leone et qui fut abattu. Une information que les autorités togolaises ont toujours cachée ou feint d’ignorer officialisant la thèse d’un accident suit à défection de l’appareil.
L’attaque du bus du Togo : Un ultimatum à Faure Gnassingbé ?
C’est dire que ces deux accidents n’ont rien de fortuit mais que c’était bel et bien deux attaques qui visaient l’équipe du Togo et ses officiels.
Joint par RMC Sport, l’attaquant du FC Nantes Thomas Dossevi a livré un témoignage effrayant. « Je vais bien mais des joueurs sont dans un sale état, a déclaré le joueur du FC Nantes. C’est de la folie. On est à l’hôpital (à Cabinda, dans le nord du pays). On s’est fait mitrailler comme des chiens. Ils étaient cagoulés, armés jusqu’aux dents. On est resté 20 minutes sous les sièges du bus. On arrivait du Congo où on était en stage. On rentrait en Angola pour préparer la CAN. C’est horrible. Il y avait une sécurité mais ça n’a pas suffit. Les joueurs sont dispatchés. Trois joueurs ont reçu des balles dans le ventre, le chauffeur a été touché. Ça s’est passé il y a deux heures à l’avant du bus. »
Alaixys Romao qui se faisait une joie de jouer la CAN 2010 en Angola raconte comment juste après avoir passé la frontière en provenance du Congo, le bus de la sélection togolaise a été pris sous le feu d’hommes en armes. Le joueur de Grenoble nous livre son témoignage : « Nous sommes tous sous le choc ! A ma connaissance, il y a sept personnes qui ont été touchés par les rafales de mitraillettes. Je suis actuellement à l’hôpital dans l’attente de plus de nouvelles. De ce que l’on sait, il y le chauffeur, notre médecin, une personne de la délégation, l’entraîneur adjoint et l’entraîneur des gardiens. Deux joueurs ont été également été blessés. »
Jamais deux sans trois, et il faut le dire, les officiels togolais devraient sérieusement s’inquiéter pour leur vie pour toute mission les amenant dans des zones où opèrent des rebelles congolais, angolais, sierra léonais ou libériens car bon nombre de ceux qui sont encore dans le maquis nourrissent des rancœurs contre le Togo, plus précisément la famille d’Eyadema.
Et pour cause le clan Eyadema est au centre de revendications faite par des héritiers de certains leaders politiques défunts (Doe, Mobutu, Savimbi....) qui avaient de leur vivant confié à feu Eyadema des trésors de guerre ainsi que des documents de premières importances.
A la mort de ces leaders, Eyadema s’était approprié ces trésors de guerre, prétextant auprès des héritiers que ces trésors étaient des paiements effectués pour livraison d’armes et divers matériels de guerre. De plus s’il y a conflit sur la destination de ces trésors, il y avait également conflit sur leur estimation. Les montants reconnus par Eyadema se révélaient très inférieurs aux sommes dont ces « héritiers » d’un genre particulier, avaient connaissance et réclamaient à Eyadema.
Le problème de ce genre de litige est qu’il est difficilement défendable devant un tribunal, surtout de la part de rebelles dont certains sont encore recherchés. Depuis la mort d’Eyadema en février 2005, son héritier Faure Eyadema a donc hérité de ce dossier épineux.
Ce dernier jouant d’une bonne foi de façade et donc présomptive, a indiqué aux « héritiers » créanciers ignorer tout de ces dossiers. L’envenimement de la situation fut tel que les héritiers d’Eyadema ont donc été l’objet de menaces de toutes parts. C’est dans ce contexte que l’hélico des Éperviers a été l’objet d’un tir de roquette qui provoqua le crash que l’on sait.
A priori, l’attaque dont viennent d’être victimes les Éperviers se situe dans cette même logique de vengeance entretenue à l’encontre des autorité de Lomé II.
Mais là où le bât blesse c’est que ces « vengeances » sont dirigées contre des représentations ou des symboles du Togo. Et nous en sommes à une deuxième tentative contre des innocents.
Lors de l’assassinat de AKA (Atsutsè Kokouvi Agbobli), Togocity avait rapporté que dans l’ordre des causes servant de mobiles à ce crime crapuleux figurait son implication dans le traitement du dossier des fonds et documents remis par Jonas Savimbi à Eyadema et dont ce dernier s’est fait indument propriétaire comme il le fit avec une partie de la fortune de Samuel Doe ou encore de Mobutu.
Cette agression, la deuxième du genre, dont ont été victimes les Éperviers est à chercher du côté du pouvoir et du régime Eyadema, ses héritiers détenant aujourd’hui ce que réclamaient à leur père les héritiers de ces dirigeants et chef de guerres disparus.
Il est le lieu de rappeler ici la publication par LA LETTRE DU CONTINENT dans son N°573 d’octobre 2009, d’informations relatives aux documents secrets de Savimbi remis à Luanda par Faure Eyadema « pour s’assurer la protection de "Zedu" (E. DOS SANTOS) ». En effet le journal rapportait dans une note confidentielle que « ... Faure Gnassingbé lui a remis des documents cachés par Jonas Savimbi (Unita) à Lomé II. »
Le Togolais devront prendre à cœur la nuisance du clan Eyadema à leur pays et s’en défaire.
Ce qui n’est pas dit c’est que Faure et ses proches auraient reçu des menaces à l’encontre des Eperviers si jamais l’équipe se qualifiant pour le mondial et pour la CAN venait dans la région.
Cette attaque revendiquée dans un communiqué par un groupe se déclinant comme séparatistes du FLEC (Front de libération de l’Etat du Cabinda, un sous groupe de l’Unita de Savimbi), était prévisible. L’utilisation de la couverture d’une dissidence du FLEC révèle bien qu’il y a anguille sous roche et que ce sont les Eperviers qui étaient bien visés. D’ailleurs force est de préciser la déclaration à Luanda, d’Antonio Bento Bembe, ministre chargé des affaires de Cabinda, qui a parlé « d’acte de terrorisme » et a soutenu que le FLEC ne pouvait en être à l’origine. « Le FLEC n’existe plus, l’attaque vient d’individus qui veulent nous causer des problèmes », a-t-il dit.
C’est en prévision de cela que pour obtenir une protection contre toute agression visant sa personne et/ou des officiels togolais que Faure avait remis en octobre dernier des documents stratégiques sur les groupes de rebelles, leurs réseaux et leur financement au président angolais Dos Santos « Zedu ». Documents qui avaient été confiés à Lomé II par Savimbi du vivant d’Eyadema.
Cette agression contre les Éperviers n’est que représailles à la fois contre la confiscation par le clan Eyadema du trésor de guerre de Savimbi et la remise de ces documents mettant en danger les réseaux de rebelles dans la région par Faure Eyadema qui pensait ainsi en finir avec ces « héritiers » angolais.
Des infos de dernière minute juste avant la mise en ligne de cet article, précisent que l’architecte de toute cette combine est l’inusable saprophyte qui joue au machiavel dans l’ombre des couloirs de Lomé II : l’homme des « debascheries ».
Des combines qui viennent de coûter la vie à quatre personnes : le chauffeur du car (un angolais) décédé hier, l’entraineur adjoint (également entraineur de l’Asko de Kara) Abalo Ameleté, le journaliste Stan O’cloo attaché de presse des éperviers.
Quant au portier togolais Kodjovi Obilalé évoluant au GSI Pointivy, les informations le concernant sont pour le moment sujet à controverse. Il ressort cependant qu’il aurait reçu deux projectiles dans le dos.
Que la terre leur soit légère, et nos condoléances les plus attristées aux familles.
SOURCE www.TOGOCITY.COM
Le pouvoir a les nerfs à vif
Congo Incidents diplomatiques
Officiellement, les membres du gouvernement et les principaux conseillers du président font bloc avec leurs collègues des Affaires étrangères et de l’Information : ils exigent d’une même voix que les autorités congolaises soient traitées avec respect. Cependant, dans les coulisses, des craintes s’expriment : même s’il a raison sur le plan des principes, le Congo a-t-il les moyens d’un tel exercice de musculation ? L’émission de « notes verbales » était-elle vraiment nécessaire là un coup de fil aurait peut-être suffi à aplanir les malentendus ? D’autant qu’en accablant De Gucht, c’est, à travers lui, l’Union européenne qui se trouve offensée, et cela alors que bon an mal an, l’aide de l’Union au Congo s’élève à un milliard d’euros !
Alors que le Congo n’en est qu’à ses premiers pas sur la voie de la reconstruction, ses dirigeants pèchent peut-être par excès d’optimisme : dans toute la ville, de grands panneaux consacrés aux « 5 chantiers » montrent des images d’autoroutes, de stations satellites, d’immeubles ambitieux, comme si le travail était déjà terminé.
En réalité, il ne fait que commencer et d’aucuns redoutent qu’une brouille avec les Occidentaux ne fasse reculer plus loin encore le fameux « point d’achèvement » qui permettra une remise de 90 % de la dette. « Jusqu’en mai prochain, nous sommes en période probatoire, s’exclame She Okitundu, ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat, nous n’avons pas intérêt à nous brouiller avec des pays membres du Club de Paris, les principaux créanciers du pays… »
En réalité, les incidents diplomatiques ou les politiques de la chaise vide se multiplient. La société civile se montre ainsi extrêmement déçue de l’absence du président au sommet de Copenhague, alors que la RDC, l’un des poumons de la planète, aurait dû exiger des compensations pour la préservation de la forêt tropicale. Les engagements financiers obtenus par le ministre de l’Environnement José Endundo apparaissent insuffisants et les militants congolais estiment que leur pays n’a pas occupé la place qui devait lui revenir…
A quelques mois de la célébration de l’anniversaire de l’indépendance, les malentendus se multiplient donc entre Kinshasa et la communauté internationale. Même la visite de Bernard Kouchner n’a pas suffi à mettre un baume sur l’amour-propre des dirigeants : ils ont relevé que le ministre français des Affaires étrangères venait de Kigali où il avait scellé avec éclat la normalisation des relations diplomatiques, et qu’en route pour Brazzaville, Kinshasa n’avait représenté pour lui qu’une escale de quelques heures…
« A un an de 2011 et des élections qui se profilent, nous sommes dans l’ultime ligne droite et n’avons pas droit à l’erreur », insiste She Okitundu.
Oserait-on ajouter que le Congo de Kabila n’est pas celui de Mobutu, et que l’arrogance doit être rangée aux oubliettes ?
08 janvier 2010
L'ambassadeur du Congo convoqué chez Mme Ashton
L'ambassadeur du Congo auprès de l'UE sera convoqué en début de semaine prochaine chez Catherine Ashton, la Haut représentante de la politique étrangère pour l'UE, à propos de la polémique intervenue avec Karel De Gucht.
Lire aussi :
EPA
Le point de vue écrit de la Commission devrait être transmis ce vendredi aux autorités congolaises.
Quant au ministre belge des Affaires étrangères Steven Vanackere, qui doit se rendre le 18 janvier en visite en République démocratique du Congo (RDC), il a insisté, dans la même émission, sur l'importance de la communication et le rôle particulier de notre pays envers la RDC.
Malgré la situation dans ce pays, la Belgique n'a pas l'intention de toucher à l'aide au développement, destinée avant tout à aider la population congolaise. M.
Vanackere a encore dit se refuser à ce qu'il appelle une « politique défaitiste », tout en se défendant de virer dans la naïveté.
Il estime possible que le roi Albert II se rende au Congo à l'occasion de la célébration des 50 ans d'indépendance du pays, « mais évidemment à l'invitation du Congo » et dans un climat de relations favorable.
Bruxelles fait bloc autour du commissaire De Gucht
De Gucht n'exprimait pas un point de vue personnel, "il parlait au nom de la Commission"
BRUXELLES La Commission européenne a fait bloc jeudi autour de l'actuel Commissaire à l'Aide au Développement, le Belge Karel De Gucht, déclaré persona non grata à Kinshasa après avoir mis en doute en décembre devant le Parlement européen l'efficacité de l'aide à la RDC.
Dans ses propos, sévèrement critiqués par les autorités congolaises, M. De Gucht n'exprimait pas un point de vue personnel, "il parlait au nom de la Commission" avec le soutien de son président José Manuel Barroso, a souligné jeudi un porte-parole de l'exécutif européen.
Selon une source européenne, le ministère congolais des Affaires étrangères vient, dans une note verbale au représentant européen à Kinshasa, de signifier à la Commission qu'une venue de M. De Gucht en RDC n'était pas souhaitée.
M. De Gucht avait indiqué fin novembre qu'il envisageait de se rendre sur place pour visiter un projet humanitaire à Goma, et aurait pu profiter de sa visite en RDC pour signer les conventions de mise en oeuvre de projets d'aide d'un montant de quelque 278,5 millions d'euros approuvés en décembre par la Commission européenne, selon son porte-parole.
Le 16 décembre, lors d'un débat au Parlement européen, M. De Gucht avait relevé que la Commission européenne dépensait beaucoup en matière d'aide humanitaire et de programmes visant à rétablir l'état de droit en RDC. "Le problème est quelle est l'efficacité de tout cela au bout du compte si vous n'avez pas d'interlocuteur approprié dans l'arène politique", avait-il remarqué.
Kinshasa avait déjà réagi avec virulence le jour même, en estimant que le Commissaire De Gucht se prenait "pour un donateur divin", et rappelant que ses déclarations "à l'emporte-pièce" avaient déjà créé en avril 2008 "une grave détérioration des relations" entre la RDC et la Belgique, dont il était ministre des Affaires étrangères.
De Gucht juge que la réaction congolaise va trop loin
"Je ne trouve pas cela commun de dire d'un commissaire européen qu'il est raciste, je ne trouve pas cela normal"
BRUXELLES Karel De Gucht a "le soutien total" du président de la Commission européenne José Manuel Barroso sur le Congo. Le commissaire européen Karel De Gucht a jugé jeudi sur les ondes de Radio 1 (VRT) que la réaction de Kinshasa à son analyse de la situation dans l'est de la RDC allait "trop loin" et n'était "pas normale". M. De Gucht affirme que son analyse était objective et qu'elle est ressentie comme telle au sein du parlement européen.
Il précise être intervenu au nom de la Commission européenne et assure que son intervention avait été concertée avec Catherine Ashton, la Haute représentante pour la politique étrangère de l'Union européenne.
Dans ces conditions, dit-il, c'est à la Commission européenne de réagir, et elle le fera sans doute jeudi ou vendredi, ajoute-t-il.
Personnellement, M. De Gucht juge que la réaction de Kinshasa va trop loin. "Je ne trouve pas cela commun de dire d'un commissaire européen qu'il est raciste, je ne trouve pas cela normal", commente-t-il.
M. De Gucht ne remet toutefois pas en question le récent paquet de mesures européennes pour la République démocratique du Congo, d'un montant de près de 280 millions d'euros. Mettant en avant l'importance primordiale de l'aide à la population civile en RDC, il refuse de faire de cette polémique une "affaire personnelle".
"Je pense que plusieurs choses au Congo, fondamentalement, ne fonctionnent pas et que la population en paie un prix particulièrement élevé. J'ai déjà dit tout cela une dizaine de fois de manière diplomatique. Je pense l'avoir dit désormais de manière très correcte et claire", ajoute le commissaire.
03 janvier 2010
TSHISEKEDI EST SA FAMILLES LE 23DECEMBRE A BRUXELLES

