BANA-CONGO

Mouvement de Pression pour la Libération du Congo (R.D.C.)

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Année du cinquantenaire des « indépendances » de bon nombre de pays d’Afrique, 2010 voit déjà son premier mois courir à sa fin. Autant dire que le compte à rebours des célébrations des cinquantenaires est déjà lancé, surtout pour le Congo – R.D.C.

Dans le cas précis de ce pays, l’agitation et la mobilisation trouble autour des préparatifs du cinquantième anniversaire du « 30 juin » suscitent bien de questions quant à l’attitude des uns et des autres intéressés de près ou de loin.

Comment ne pas s’étonner de la fébrilité faussement désintéressée de certains officiels ou particuliers belges qui s’impliquent avec un zèle qui dépasse de loin l’activisme souhaité des premiers concernés, les Congolais eux-mêmes ?

Que diraient les mêmes belges des ressortissants hollandais qui se permettraient de s’emparer de l’organisation d’un quelconque jubilé de l’indépendance de la Belgique comme eux sont en train de le faire pour le Congo ?

Que dirait-on des espagnols reproduisant le même geste à l’égard des néerlandais ? Des britanniques s’exhibant de la même façon vis-à-vis des américains ? Etc.

La plus curieuse des questions est soulevée par l’instrumentalisation d’une probable future visite royale à Kinshasa pour la circonstance. Noter que la même visite a été à maintes reprises évoquée comme prétexte pour venir à la rescousse d’une diplomatie approximative ou d’une politique peu avouable inspirée par des personnages peu scrupuleux qui veulent s’appuyer, dans la foulée, sur les moyens de l’Etat belge pour faire accréditer des opérations difficiles à laisser à découvert.

Pourquoi veut-on absolument amener le Roi à s’impliquer dans des opérations politiques aux issues incertaines relatives aux rapports d’Etat à Etat entre la Belgique et le Congo alors que, d’ordinaire, il n’est pas censé se mêler de politique ?

Hier, son illustre prédécesseur n’a pas pu supporter le rappel de devoir de mémoire qui lui a été fait par le Premier « Premier Ministre » du Congo lors de la cérémonie officielle de proclamation de l’indépendance.

Aujourd’hui, le Souverain, que l’on veut amener à se souiller les mains dans le Congo ensanglanté depuis bientôt vingt ans, est-il prêt à soutenir une autre interpellation sur la responsabilité de quelques-uns de ses sujets ou d’autres instances du royaume dans la dégradation de la situation du Congo des vingt dernières années ?

50 ans après le 30 juin 1960, le Congo présente une image moins glorieuse que celle qu’il pouvait présenter à cette date là. Tout n’est évidemment pas de la faute de l’autre, fut-il belge. Dans ses 50 ans, le Congo a connu aussi des heures de gloire qui pouvaient inciter ses fils et filles à des rêves de grandeur.

Le rôle joué par la Belgique dans l’aventure sécessionniste katangaise de 1960 ne se démontre plus. Le Congo a pu se rattraper plus tard, peut-être bien avec l’aide d’autres belges bien intentionnés, pour se ressouder et prendre un plus bel élan avec la « Constitution de Luluabourg ».

Si des esprits peu sincères peuvent douter d’une quelconque implication de la Belgique dans le coup d’Etat du 24 novembre 1965, il y a lieu de leur rappeler tout simplement que la notification de la déchéance du Chef d’Etat en fonction a été rédigée par un colonel belge.

Tout et le contraire a été dit sur le pouvoir né de ce coup d’Etat car il traînera 32 ans durant en laissant s’échapper par occasion quelques ambiguïtés de la politique belge.

Il n’y a pas longtemps de cela, on vient de voir comment l’ « expertise belge » dans la connaissance du Congo a transféré à celui-ci les conséquences des troubles créés au Rwanda voisin en 1994. Sans passer sous silence l’ineptie des solutions politiques imposées depuis lors au Congo après en avoir convaincu du bien fondé quelques partenaires « naïfs » de l’Union Européenne.

Est-il honnête et humain de la part du Souverain d’aller « fêter » les 50 ans d’indépendance du Congo alors que celui-ci est endeuillé injustement et placé sous un pouvoir de terreur d’Etat ?

Les cris de larme des Congolais et des Congolaises sont jusqu’à ce jour ignorés du reste du monde. Les cris de douleur des veuves, des orphelins et des victimes des atrocités les plus inimaginables laissent imperturbables la communauté dite internationale. Mais, les cris de colère et d’indignation du peuple congolais ne laisseront plus personne indifférent.

L’amitié brandie du Souverain ne peut pas se démontrer à travers une visite officielle qui ne pourrait s’interpréter que comme une prime au génocide non avoué du peuple Congolais perpétré depuis l’avènement de la fausse « libération » de l’AFDL prolongée par le pouvoir actuel régnant en R.D.C par la terreur, la corruption, le viol massif des femmes de tous âges, la tricherie et l’impunité. D’autres caractéristiques indéniables de ce pouvoir exécrable sont régulièrement fournies par M. Karel De Gucht et divers rapports crédibles des missions de l’ONU et d’ONG internationaux de protection des droits humains.

S’obstiner à défier l’honneur et la dignité du peuple congolais très durement éprouvé a un prix qu’il sera difficile d’éviter de payer demain si jamais …

Fait à Bruxelles, le 20 janvier 2010.

Pour BANA CONGO, Mouvement de Pression pour la Libération du Congo,

Aubin KIKONKA KILU KANDA