Le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire Karel De Gucht a vivement critiqué dimanche, sur le plateau du Zevende Dag (VRT), le ministre belge des Affaires étrangères Steven Vanackere (CD&V) pour son entretien récent avec le président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila.

"Ce qui se passe au Congo est un drame inconcevable. En tant qu'être humain, je n'aurais pas pu me résoudre à avoir un entretien agréable avec Kabila, un verre de bière à la main", a déclaré M. De Gucht, l'un des prédécesseurs de M. Vanackere aux Affaires étrangères. Ce dernier avait rencontré mardi le chef de l'Etat congolais, au cours d'une escale à Lubumbashi lors d'un déplacement de plusieurs jours en Afrique centrale.

"Rencontre courtoise"
Dans un entretien enregistré diffusé dimanche sur la VRT, M. Vanackere observe qu'il ne revient pas à un ministre belge de "délivrer des diplômes", évoquant ainsi les positions de M. De Gucht sur la RDC, jugées offensantes par Kinshasa. Le chef de la diplomatie belge dément s'être "aplati" devant Joseph Kabila et qualifie son entretien avec ce dernier de "rencontre courtoise" au cours de laquelle aucun sujet n'a été évité.

Karel De Gucht, pour sa part, a ironisé sur le fait que, depuis qu'il n'est plus ministre des Affaires étrangères, "cela va mieux au Congo, il y a moins de viols, la situation dans l'est s'arrange et la corruption est combattue". "Si ce n'est pas le cas, je ne pourrais pas imaginer que le ministre Vanackere, si bien intentionné, aille boire un verre de bière avec Kabila. Je ne l'ai d'ailleurs jamais fait", a-t-il commenté.

Par ailleurs, interrogé sur l'éventualité d'une visite du roi Albert II en RDC le 30 juin prochain, à l'occasion des 50 ans de l'indépendance du pays, le ministre Vanackere considère que cette présence royale ne constituerait pas forcément une légitimation pour le gouvernement congolais, d'autant que bon nombre de chefs d'Etat feront à cette occasion leur visite officielle. "J'ai le sentiment que, pour gagner la confiance, l'on doit aussi donner quelque chose", a-t-il commenté. (belga/mb)