De Gucht n'exprimait pas un point de vue personnel, "il parlait au nom de la Commission"

BRUXELLES La Commission européenne a fait bloc jeudi autour de l'actuel Commissaire à l'Aide au Développement, le Belge Karel De Gucht, déclaré persona non grata à Kinshasa après avoir mis en doute en décembre devant le Parlement européen l'efficacité de l'aide à la RDC.

Dans ses propos, sévèrement critiqués par les autorités congolaises, M. De Gucht n'exprimait pas un point de vue personnel, "il parlait au nom de la Commission" avec le soutien de son président José Manuel Barroso, a souligné jeudi un porte-parole de l'exécutif européen.
Selon une source européenne, le ministère congolais des Affaires étrangères vient, dans une note verbale au représentant européen à Kinshasa, de signifier à la Commission qu'une venue de M. De Gucht en RDC n'était pas souhaitée.
M. De Gucht avait indiqué fin novembre qu'il envisageait de se rendre sur place pour visiter un projet humanitaire à Goma, et aurait pu profiter de sa visite en RDC pour signer les conventions de mise en oeuvre de projets d'aide d'un montant de quelque 278,5 millions d'euros approuvés en décembre par la Commission européenne, selon son porte-parole.

Le 16 décembre, lors d'un débat au Parlement européen, M. De Gucht avait relevé que la Commission européenne dépensait beaucoup en matière d'aide humanitaire et de programmes visant à rétablir l'état de droit en RDC. "Le problème est quelle est l'efficacité de tout cela au bout du compte si vous n'avez pas d'interlocuteur approprié dans l'arène politique", avait-il remarqué.
Kinshasa avait déjà réagi avec virulence le jour même, en estimant que le Commissaire De Gucht se prenait "pour un donateur divin", et rappelant que ses déclarations "à l'emporte-pièce" avaient déjà créé en avril 2008 "une grave détérioration des relations" entre la RDC et la Belgique, dont il était ministre des Affaires étrangères.

De Gucht juge que la réaction congolaise va trop loin

"Je ne trouve pas cela commun de dire d'un commissaire européen qu'il est raciste, je ne trouve pas cela normal"


BRUXELLES Karel De Gucht a "le soutien total" du président de la Commission européenne José Manuel Barroso sur le Congo. Le commissaire européen Karel De Gucht a jugé jeudi sur les ondes de Radio 1 (VRT) que la réaction de Kinshasa à son analyse de la situation dans l'est de la RDC allait "trop loin" et n'était "pas normale". M. De Gucht affirme que son analyse était objective et qu'elle est ressentie comme telle au sein du parlement européen.

Il précise être intervenu au nom de la Commission européenne et assure que son intervention avait été concertée avec Catherine Ashton, la Haute représentante pour la politique étrangère de l'Union européenne.
Dans ces conditions, dit-il, c'est à la Commission européenne de réagir, et elle le fera sans doute jeudi ou vendredi, ajoute-t-il.

Personnellement, M. De Gucht juge que la réaction de Kinshasa va trop loin. "Je ne trouve pas cela commun de dire d'un commissaire européen qu'il est raciste, je ne trouve pas cela normal", commente-t-il.
M. De Gucht ne remet toutefois pas en question le récent paquet de mesures européennes pour la République démocratique du Congo, d'un montant de près de 280 millions d'euros. Mettant en avant l'importance primordiale de l'aide à la population civile en RDC, il refuse de faire de cette polémique une "affaire personnelle".

"Je pense que plusieurs choses au Congo, fondamentalement, ne fonctionnent pas et que la population en paie un prix particulièrement élevé. J'ai déjà dit tout cela une dizaine de fois de manière diplomatique. Je pense l'avoir dit désormais de manière très correcte et claire", ajoute le commissaire.