Le 23 novembre la sénatrice Els Schelfhout s'est rendue pour deux semaines en République Démocratique du Congo (RDC). L'objectif de sa mission: avoir des entretiens avec plusieurs organisations et personnes de différents domaines à Kinshasa et dans l'est du pays (Kivu) et prendre connaissance de la situation actuelle en Afrique centrale afin de rassembler de bonnes informations pour ses activités parlementaires sur le Congo. Els est rentrée bien informée mais elle ressent aussi mal au cœur pour la population à l'est du Congo, qui souffre énormément et semble être oubliée.

Le monde entier aime le Congo, mais pas les Congolais.”

Kinshasa – Goma

L'est du Congo n'est pas un sujet attrayant ni dans la politique, ni dans la presse : trop loin, trop grand, trop complexe... une forte accoutumance à la souffrance humaine. Les morts après un massacre récent à Lokweti sont simplement moins intéressants qu’un assassinat par exemple à Erps-Kwerps. Ceci est bien entendu regrettable. L’intérêt pour le Congo ne rapporte rien aux élections. Après la déclaration malheureuse de l'ancien ministre des Affaires étrangères et ensuite, fin de l'année passée, quand il semblait que les affrontements à l'est du pays commençaient à compter beaucoup de victimes parmi les civils, l’information sur le Congo s’est quasi arrêtée.

Les discussions actuelles sur la RDC EN BELGIQUE se limitent principalement à deux sujets: premièrement le rapport récent de l'ONU dans lequel est retenu sélectivement que le groupe rebelle FDLR serait soutenu à partir de la Belgique, et deuxièmement un éventuel voyage du Roi Albert II au Congo dans le cadre des 50 ans d'indépendance: « VA-T-IL LE FAIRE OU PAS ?»

Estimés à six millions de morts, les victimes directes ou indirectes de la violence dans les territoires près de la frontière avec le Soudan, l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi font partie des dommages collatéraux. Ce sont des chiffres tirés d’un rapport qui ne tardera pas à disparaître.

La richesse conduit à la pauvreté

Les provinces orientales du Congo disposent d'une immense quantité de ressources naturelles. L'est de la RDC a une terre très fertile. Les Kivus peuvent nourrir tout le Congo. Ce grenier Congolais peut également ravitailler toute l'Afrique subsaharienne. Le territoire se compose en grande partie de forêts appelées ‘les poumons verts de l’Afrique' et dispose de ressources naturelles qui alimentent l'égoïsme des prédateurs locaux et internationaux.

Mais ces terres fertiles peuvent à peine être exploitée, vu que le chemin vers les champs est parsemé de dangereuses embuscades: il arrive d’être violé aussi bien à l’allée tout comme au retour. Les poumons verts Congolais se voient déforestés. L’année passée, 23% du parc Virunga au Nord-Kivu a été coupé illégalement. Les troncs d’arbres deviennent du charbon de bois ‘makala’. Les ressources naturelles sont pillées de toute part, mais toutes ces méthodes ont un point commun : elles ne sont pas en faveur de la population. En 2008 le gouvernement congolais a recueilli 92 millions de dollars de revenus découlant de l’exploitation des ressources. Il a perdu 450 millions de dollars dû au manque d'enregistrement, au trafic, aux contrats frauduleux et à l’évasion fiscale. De 74,73 millions de dollars de taxes, le gouvernement a seulement encaissé 22%. L’année passée, 100 kg d’or congolais ont été officiellement exploités. En réalité – selon des estimations approximatives- il s’agit de 28.000 à 30.000 kg. Selon d’autres sources au moins 90% de l’extraction de l’or est illégalement exportée. Cobalt, coltan, casserite… Les documents ‘officieux’ indiquent que chaque camion chargé quittant la mine, perd 80% de sa charge. En route des groupes armés prélèvent des taxes: la route menant de la mine au comptoir est occupée successivement par les FDLR (rebelles hutu), les FARDC (armée congolaise) et le CNDP (milices tutsi). Ils veulent tous une part du gâteau. Les groupes armés peuvent aussi prélever des taxes sur cigarettes, batteries, carburant etc. La population doit payer une taxe ou ‘le pizzo’. Ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas s’esposent à subir les conséquences. Les pratiques maffieuse ne sont absolument pas étrangères aux groupes rebelles. Dans la brousse, ils se retrouvent armés l’un en face de l’autre; le long de la route, ils deviennent des commerçants et hommes d’affaires.

L'opportunisme international

La communauté internationale laisse faire, bien que quelques initiatives servent d’exemples: une résolution sénatoriale et une proposition de loi aux Etats-Unis, des projets récents allemands et britanniques et enfin plus d’attention pour le Congo en Belgique. Mais soyons surtout réalistes: la plupart des pays avec un intérêt pour le Congo ont un plus grand intérêt à défendre : l’intérêt personnel. Ils ont développé des stratégies, l’un plus explicite et plus opportun que l’autre.

En dehors de l’Europe c’est surtout le Canada qui a des grands intérêts dans l’exploitation des ressources naturelles au Congo. Différentes multinationales sont active dans le secteur minier. En échange pour les concessions minières et toutes sortes de deals, ils offrent des services pour la reconstruction des routes et des infrastructures. La Chine a aussi le sens des affaires en RDC. Comme geste de remerciement pour un nombre des projets lucratifs, les Chinois ont promis des routes et des infrastructures. Malheureusement, ces projets ne font pas non plus la différence. Que vaut une école sans enseignants? Ou encore un hôpital sans médecins?

Au sein de l’Europe, la Grande Bretagne observe la situation en Afrique Centrale surtout à partir de Kampala et Nairobi. Avec comme importante tâche d’empêcher une éventuelle déstabilisation à partir de l’Afrique centrale. 'Oublier le passé' est le message. La culpabilité concernant le génocide rwandais a conduit à ce que le Royaume Uni se soit de plus en plus profilé comme état européen derrière le président rwandais Kagame.

Résultat : grâce au plaidoyer du conseiller personnel Tony Blair (!) le Rwanda est entré au Eastern African Community et récemment au Commenwealth. En Europe, il y a à peine une attitude critique vis-à-vis de Kagame, même si entretemps, il est connu de tous que son rôle dans le génocide n’était pas celui du cavalier blanc. Même si selon une étude – tenue secrète - de l’ONU, il semble incontestable qu’en ’97, des dizaines de milliers de hutu soient massacrés par des tutsi. Même si entretemps, il est plus que clair que les projets de Kagame dans l’est du Congo, riche et fertile, aient été très calculés. Qu’il s’agisse de l’appui au CNDP de Nkunda, du déplacement stratégique des réfugiés rwandais comme pions sur un échiquier pour annexer certains territoires congolais, de l’implication des troupes rwandaises dans ces territoire ; Kagame y agit comme bon lui semble.

Seulement quelques pays européens reconnaissent ses intentions perverses. Notre pays voisin, les Pays-Bas, a longtemps suivi la Grande Bretagne, mais récemment –sous l'influence des pays scandinaves- un processus de prise de conscience a commencé et les Pays-Bas ont diminué l’aide directe au Rwanda.

Pendant la guerre de 1998-2003, la France a fait le mauvais choix en pariant sur Jean-Pierre Bemba. A ce jour, elle a encore des problèmes avec l’arrivée du président Kabila au pouvoir.

Pendant la visite du président Sarkozy au Congo début 2009, les signes d’antipathie n’étaient donc pas un hasard. La France a pu mettre la main sur l’industrie du ciment en RDC. Les tentatives pour avoir accès aux mines d’uranium ont réussi en partie. La France est parvenue à mettre la main sur la mine de Shinkolobwe (Katanga).

La Tchèquie était un important fournisseur d’armes de la RDC. Après son adhésion à l’UE, les livraisons ont été reportées. Récemment, les relations se sont améliorées. Il y a entre autre une plus forte présence diplomatique à Kinshasa. La Suisse a tout juste découvert le Congo et réfléchit sur une politique de présence. Elle suppose qu’elle peut avoir de très grands intérêts en Afrique centrale, même s’il n’est pas encore clair de quels intérêts il s’agit. Les pays scandinaves à leur tour sont financièrement très actifs au Rwanda et en Ouganda. Le Portugal s’occupe plutôt des intérêts de son ancienne colonie l'Angola.

C’est clair: la politique vis-à-vis du Congo de la plupart des pays actifs dans la région est conduite par l’intérêt personnel. Je ne suis pas naïve : c'est donnant donnant. Mais ce qui se passe maintenant, est hallucinant : une dizaine de milliard de dollars quittent le Congo par des fuites de capitaux, par des ventes frauduleuses de propriétés publiques, par des concessions et accords douteux qui ne sont qu’en faveur d’une petite élite congolaise et qui font sourire les partenaires commerciaux. Le gouvernement congolais a ‘carte blanche’ : du cash et pas d’ingérence.

‘Bonne gouvernance’ est au Congo un terme vide et signifie : prévoir que le propre clan se porte bien. Le gouvernement congolais néglige son obligation d’organiser les services de l’état et les finances. Les fonctionnaires, les militaires, la police, les médecins, les enseignants… sont payés rarement et très peu.

Un médecin à l’Hôpital Général de Référence, hôpital public, gagne à peu près 60 dollars par mois, un chirurgien, 100 dollars. Pour un enseignant c’est à peu près la moitié. Les militaires gagnent par mois entre 50 et 80 dollars. Tous se sentent obligés de compléter ce maigre salaire. Le médecin compte ‘une visite’. Ceux qui ne peuvent pas payer sont pris en otage à l’hôpital, sans soins. L’enseignant demande le minerval. C’est pour cela que beaucoup d’enfants ne peuvent pas aller à l’école. Le militaire utilise son arme pour avoir un salaire. Et les fonctionnaires… J'entendais dire: «  Le domaine public a été privatisé entre les mains de celui qui détient le cachet officiel. »

Le Congo n’est pas gouverné: crime et impunité vont main dans la main

Presque 80 fois plus grand que la Belgique, avec un budget d’état aussi grand que celui d’une ville moyenne belge, le pays est à la dérive et victime des projets et des stratégies perfides des pays voisins perturbant à cœur joie la moitié des frontières. Victime d’un gouvernement corrompu et impuissant d’affronter les troubles internes et les tensions ethniques. L'impuissance, l'incompétence et l’indifférence sont des caractéristiques des dames et messieurs élus du peuple. Et mauvaise volonté. Leur pays est victime de toutes formes d’agression, mais cela semble ne pas les toucher. Pauvreté extrême, angoisse et incertitude, maladie et désespoir se trouvent à la base des familles brisées et de la violence domestique. Des bandes de jeunes, pillages, rébellion, esclavage, viol des femmes et hommes, recrutement et incorporation d’enfants soldats… l’insécurité est un atout. Le gouvernement donne l’impression ne pas vouloir faire quelque chose. Par exemple : le colonel Kibanga, ‘le marteau’ Ndayambase, un homme avec une réputation horrible, était arrêté de courte durée. Il a fuit au territoire des FDLR. Il était condamné à 20 ans. Aujourd'hui, il se trouve commandant au sein d’une unité CNDP, intégré dans l’armée congolaise. Les coupables sont connus, mais leurs responsabilités ne sont pas engagées. L’impunité règne.

La communauté internationale se montre impuissante. Le peu d’espoir prématuré à l’occasion de Kymia II, l’accord entre le président Jospeh Kabila et le président Paul Kagame pour désarmer les rebelles FDLR avec une action conjointe, a accouché d’une souris. L’opération Kymia II est un échec. Les FDLR se sont retirés au fond de la brousse, une zone que les combattants connaissent par cœur. Les bataillons se regroupent, renforcés par des jeunes sans aucune conscience morale, sans perspective, qui ont grandi avec violence et en manque. En cas de danger, les FDLR peuvent souvent compter sur les habitants des villages limitrophes; leurs femmes, leurs enfants, leurs familles y habitent. Les Congolais disposent de peu et souvent de rien, mais ils ont tous des téléphones mobiles. Ainsi les FDLR ont souvent une meilleure vue sur les avancées des troupes FARDC que les FARDC elles-mêmes. ‘Je ne peux quand même pas dénoncer mon beau-fils ?’ me demandait un vieux monsieur hochant de la tête. Le prix que la population civile paie pour ce genre de ‘trahison’ est élevé: pillage, viol, torture, meurtre.

La MONUC soutenait l’action conjointe de l’armée congolaise et du CNDP par la livraison de nourriture, le transport et l’évacuation médicale. Mais elle n’avait rien à faire avec le planning opérationnel. Maintenant la MONUC se retrouve entre le marteau et l’enclume. Chaque année bonne pour 1 milliards de dollars – une capacité selon certains trop insuffisante pour sa tâche – la MONUC n’a pas réussi à protéger la population civile au Kivu. Les architectes de Kimya II ont trompé la mission onusienne. Elle jouit dune mauvaise réputation de la part des ‘experts’ de l’ONU elle-même et encore une fois diffamée par la presse. Sa dernière confiance en soi diminue, aussi sous les commentaires au niveau international. Il n’est pas exclu que la MONUC fasse dans les 6 mois suivants ce que Kabila aimerait voir le plus: disparaître en silence. Cela serait une très mauvaise chose. Avec une attitude conséquente de la communauté internationale la MONUC a un rôle à jouer.

Le processus de paix est un échec. Il me semble mieux de reconnaitre cela et d’exposer les causes afin d’anticiper les conséquences. Un faux optimisme ne sert à personne, les Congolais en premier lieu.

A partir de leur cages dorées, les expatriés de l’ONU passent devant la misère des Congolais et sont trop occupés à écrire des rapports.

Ce qui caractérise les 84 organisations internationales actives à Goma, permettez-moi l’expression, c’est du protagonisme et de l’egomanagement. De grandes jeeps, avec lesquelles ils sont responsables pour de grands soucis de circulations sur les routes de Goma.

EUSEC (European Security) est la mission européenne spéciale qui fourni l’assistance à la réforme du secteur de sécurité en conseillant les autorités congolaises sur le processus d’intégration des FARDC. Elle doit également soutenir les réformes administratives de l’armée. La mission reconnaît que l’intégration du CNDP de Nkunda et de l’autre criminel, Ntaganda, dans les FARDC n’est pas une réussite. ‘Un vrai bordel’. Pendant la première partie de 2008, le CNDP se trouvait dans deux petits territoires au-dessus du lac Kivu au Nord-Kivu. Fin 2008, la présence de cette milice tutsi, soutenue par le Rwanda, s’est étendue. Aujourd’hui, on peut constater que le CNDP a la région de Masisi complètement sous son contrôle. Le CNDP disposerait encore d’un millier d’armes non enregistrées.

Kymia II n’est pas une opération militaire de l’armée congolaise, mais des Rwandais. Chez les groupes de résistances armés congolais (les ‘non rwandophones’) ; Mai Mai ; APCLS et PARECO, il y a beaucoup d’incompréhension et de colère vis-à-vis de l’accord. Il n'y a pas très longtemps, ils se battaient à côté des troupes congolaises pour repousser le CNDP. Maintenant, ce sont 'les méchants' et se livrent comme les autres aux vols, pillages, viols et tueries. La tension augmente.

EUPOL est une initiative européenne pour assister à la réforme de la police. Elle a également obtenu - à partir de Kinshasa – peu de résultats. Et puis, il y a REJUSCO, qui devrait appuyer la reconstruction de la justice… Il n’y pas d’état de droit, il n’y pas de juridiction, il n’y pas de justice. Crime et impunité vont de pair au Congo. Cela ne changera pas tant que la police, les juges et les gardiens de prison ne sont pas ou peu payés.

Si Les Etats-Unis et l’Europe disaient: ça suffit maintenant, ça sera fini!” Mais ils ne disent rien.

Et ou sont les Belges ?

Avec un président européen, avec la présidence européenne en 2010, avec la fête de 50 ans d’indépendance au Congo… des attentes émergent. Avec notre connaissance et nos compréhensions de notre ancienne colonie, nous pouvons faire la différence.

Nous avons le choix: soit nous mobilisons nos atouts pour la journée de l’indépendance et nous envoyons des troupes d’élite au ‘Boulevard du 30 juin’, ou ils montreront à leurs collègues congolais ce qui est l’ordre et la discipline. Nous envoyons en même temps le couple royal. Assis à côté du président Kabila, ils peuvent saluer et sourire aux enfants noirs qui chantent successivement l’hymne national belge et congolais.

Soit, nous mobilisons nos atouts pour un Congo indépendant qui est capable de se gouverner soi-même, avec des tribunaux, écoles, universités, hôpitaux, routes, infrastructures, chemins de fer, ports et aéroports… Nous avons un rêve pour le Congo et pour les Congolais. Un rêve que nous changeons en ambitions réalistes.

Nous organisons des tribunaux et cours qui veillent à ce que les lois soient respectées et que les violations punies.

Nous formons une armée disciplinée, bien équipée et bien assistée: pas dans les rues, mais dans des casernes, mobilisable à tout instant et en tout lieu, lorsqu’une nécessité s’impose.

Nous désarmons les rebelles, et nous leur offrons une perspective : ‘un toit pour une arme’, la possibilité d’échanger une arme pour construire une vie.

Nous construisons une académie de police, ou hommes et femmes sont formés et proches de la population.

Nous construisons des hôpitaux, des écoles, des universités… mais pas à l’inconditionnel: médecins, infirmières, enseignants, professeurs… reçoivent un salaire acceptable et l’enseignement est gratuit.

Nous formons des douanes, nous appuyons une relance économique, en commençant par la promotion de la transparence dans le commerce des ressources naturelles. En contribuant à l’exploitation et la vente des ressources dans un cadre légal afin que les entrées beneficient à la population. Avec la construction des fours à concentration dans lesquels les minerais bruts peuvent être transformés. Nous pouvons créer une valeur ajoutée pour l’emploi et l’économie locale. En développant l’agriculture – la vraie richesse du Congo- et les infrastructures routières, les boîtes de tomate purée ne doivent plus être importées en masse à partir de la Chine, mais les tomates cultivées sur les champs peuvent être transportées vers les villes pour consommation.

Nous organisons des programmes de soutien pour la population. Nous creusons des puis d’eaux, pour que les femmes et enfants ne doivent plus marcher des kilomètres sur des chemins dangereux pour avoir accès à de l’eau. Nous prévoyons de l’électricité pour que les femmes ne soient plus livrées à toutes sortes de dangers.

Nous formulons des objectifs au niveau macro et micro, nous établissons des bonnes pratiques qui motivent, enthousiasment et stimulent les autres pays membres de l’UE et la communauté internationale à agir unanimement.

Nous avons le choix: nous ignorons la souffrance de millions de congolais et nous n’entreprenons rien ou nous attaquons les causes en profondeur.

Espérence: ‘Que Dieu vous bénisse’

Espérence était assisse blottie sur une caisse en bois. Sa maison: une baraque de sac en plastique et des morceaux de tôles ondulées. La pluie laissait des traces par terre. Elle courbait les orteils, déformés par les longues promenades sur des pierres et pour éviter l’eau. Elle ne bougeait pas. Ensuite, elle commençait à raconter qu’elle a été veuve et responsable de la mort de son mari. Tout lui a été pris. Elle a uniquement ses enfants : cinq en total. Mais elle ne sait pas ou ils traînent. Dehors. De toute façon, elle n’a rien à leur offrir. Elle redresse ses épaules. Il y a quelques jours, elle était violée. En route pour les champs, elle a été arrêtée et coincée à terre: ‘C’étaient des hommes en uniforme’, chuchotait elle. Et soudain des larmes coulaient sur ses joues. Un moment, le monde s’arrêta...

Des opinions basées sur des entretiens avec l'ONU-MONUC, l'EUSEC, l'EUPOL, le REJUSCO, d'ONGs internationales et locales, des soeurs, des pères et des prêtes, de partout, des parlementaires et politiciens congolais, chefs locaux, propriétaires des comptoirs, des hommes d’affaires, des diplomates, des médecins, des enseignants, des soldats, des réfugiés, des enfants … et des femmes : violées, humiliées et désespérées : les éternelles victimes.

Remerciement à mes ‘compagnons de route’

Els Schelfhout

Sénatrice