Conscient de la nouvelle donne qui prévaut dans les Grands lacs africains et accusant sportivement le coup, le numéro 1 rwandais tente dorénavant de se ménager un espace dans la nouvelle dynamique en cours. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il s'empresse d'offrir ses soins et services à la Rdc en vue de consolider la paix à l'Est et dans la région des Grands Lacs. Il propose une nouvelle opération militaire conjointe Rdc-Rwanda.L'enjeu communicationnel est fort clair. Primo, c'est un appel des pieds en direction de Washington. Secundo, c'est une manière de suggérer et pourquoi pas d'imposer à la longue une pax rwandana aux décideurs de la planète.Véritable croche-pied tendu à Hilary Clinton, la proposition de Kigali s'impose finalement comme l'ultime schéma de stabilisation. Le refuser, c'est prendre devant l'histoire la lourde responsabilité de tout dérapage futur et éventuel.L'accepter, c'est reconnaître l'incontournabilité de Kigali dans la crise en cours. Au fond la dialectique se révèle fort impitoyable. Le schéma « Kagamien » oblige Hilary Clinton à poser un geste de communication publique en terme dégagement ou de renoncement face à une crise des plus inextricables. La dame saura-t-elle concilier les vues de son époux, ancien président et ceux de son actuel patron ?L'avenir nous le dira. Mais toujours est-il que reste bien malin celui qui, mieux que d'y penser le premier, l'a dit tout haut avant tout le monde. Dans le vaste et rentable marché de pacification et stabilisation de la région des Grands Lacs Africains, le président rwandais sait toujours trouver de quoi revendre. . Après avoir, pendant bien longtemps, écoulé à la criée la menace des génocidaires rwandais implantés sur le sol congolais, il a su, lorsque la consommation internationale était en panne d'achat, changer très vite de marchandise. Mais en réalité, celle-ci n'a pas du tout changé, excepté sa présentation.Ainsi au gré de ce revirement spectaculaire, Nkunda Batware a été transformé un matin en produit rare et très recherché. Croupissant désormais dans une geôle rwandaise, celui-ci a redonné un goût prisé aux affaires dans la région. Et dans la foulée intervenait l'opération conjointe umoja wetu. Pour la première fois depuis 1996 et 1997, les troupes congolaises traquaient un ennemi commun avec leurs voisines rwandaises. Moment inespéré dans la région. Véritable blanchisserie politique qui a permis de passer à perte et à profit tout l'actif et le passif d'un long contentieux politico-militaire lourd de dégâts matériels et humains. Hier, avant le fameux revirement, Washington servait de blanchisserie aveugle. Et c'est particulièrement l'administration Clinton qui a joué les dépoussiéreuses acharnées et dévouées.Les choses ont ainsi perduré jusqu'à l'ère Bush fils. Kigali a eu droit à toute la reconnaissance requise.Mais depuis l'arrivée de l'Afro Américain Obàma, la girouette placée sur le toit de la région africaine des Grands Lacs indique que le vent a changé de direction.C'est d'abord Nicolas Sarkozy qui débarque en grandes pompes à Kinshasa. C'est ensuite Hilary Clinton qui s'y trouve annoncée. L'an prochain c'est le roi des Belges qui vient fêter le cinquantenaire de l'indépendance du Congo à Kinshasa. L'épicentre des Grands Lacs Africains commence à changer. C'est indéniable.