« Bana-Congo » Mouvement de Pression pour la Libération du R.D.C, attentif et vigilant sur tous les points susceptibles d’interférer à la liberté et à la souveraineté du Congo, s’est appliqué à l’analyse du rapport n° 150 de « International Crisis Group ».

Des questions.

   I.      Pourquoi la R.D.Congo, pays victime d’invasion et d’agressions doit-elle en dosser la responsabilité de l’insécurité de Rwanda et dans la région des grands lacs ?

II.      Pourquoi le silence des Tribunaux Internationaux et des solutions politiques « pour mettre à l’abri les auteurs des crimes ?

III.      Pourquoi la R.D.Congo doit-elle tout sacrifier aux surenchères rwandaises ?

IV.      Pourquoi la tolérance internationale aux régimes dictatoriaux des pouvoirs mono ethniques minoritaires au Rwanda et en Ouganda ?

V.      Et pourquoi pas des espaces de dialogue interethnique au Rwanda et en Ouganda, respectivement avec le F.D.L.R et L.R.A ?

      La publication de « Synthèse et Recommandations » du Rapport Afrique n° 150 de International Crisis Group en date du 11 mai 2009, loin d’offrir des perspectives encourageantes de paix « durable »livre des recettes d’une thérapie douteuse qui prédisposent un nouveau processus de machineries pour mettre a l’abri les auteurs des crimes odieux qui ont valu plus de 5 millions de  morts au Congo-(R.D.C)-

      La notoriété de « International Crisis Group », l’oblige à de sérieuses réserves, et en tout premier lieu,de se défaire du comportement partisan indécrotablement lié à une cause et toujours faire chorus aux surenchères d’une partie qui brandit une politique de victimisation pour s’autoriser des abus criminels dans la région.

       Ainsi, une analyse plus objective pourra mieux répondre à la problématique d’un avenir de paix et de justice dans la Région et influer sur des choix hégémoniques qui se manifestent par un rejet du droit international en violations récurrentes des frontières, en invasions barbares constantes, par des actes odieux de génocide,  crimes de guerre et crimes contre l’humanité, par un mépris affiché du processus démocratique et enfin, par l’usage constant de la menace et de la force.

        Il reste inexpliqué que « International Crisis Group » jusqu’ici « porte étendard de l’arme de la justice » et qui a convaincu de la nécessité de l’éradication de la culture de l’impunité comme préalable à toute réconciliation (Rapport Afrique n° 133, 31 Octobre 2007) bascule à un acharnement de la chasse aux Hutus du FDLR, comme devoir de résultat. 

        Il s’agit d’une dérive dans la perception du concept de la justice qui appelle à l’équité et à la neutralité sur la chose jugée.

         L’exercice de la justice que clame « International Crisis Group » ne peut se fixer de limites dans son champ d’action, ni de choix tendancieux ou des à priori et encore moins relativiser les faits.

On peut dès lors comprendre les difficultés (sinon l’option des choix) de « International Crisis Group » lequel, pour avoir épousé depuis toujours l’unique thèse tutsie au traitement des causes profondes à l’origine des conflits, s’est confiné aux arguments d’une rhétorique rwandaise indigeste et hypocrite compte tenu du mépris ostentatoire de la « démocratie » qui l’accompagne, pour ne rien dire des pratiques passées et présentes du fait de sa contribution massive aux atrocités majeures commises en R.D.C sur des populations civiles qui n’avaient aucun lien avec les Hutus.

Selon la règle de droit qui dit que « Nul  n’a le droit de se faire justice », la chasse aux Hutus classée dans ce rapport comme devoir de résultat et recommandations prioritaires sous la forme d’opérations conjointes contre les FDLR  discrédite purement et simplement  « International Crisis Group »tant que cela signifie autoriser le Rwanda à se faire justice, donner caution aux invasions barbares, pousser au crime et à la perpétuation  de la pratique du crime sans égard aux effets collatéraux sur les populations civiles innocentes.

De même, dans  cette perspective, la menace est à peine voilée qui pèse sur certains pays cités ou résident des dirigeants F.D.L.R : Cameroun, République Centrafricaine, Zambie et le Kenya. Ce qui risque de produire pour effet la militarisation à outrance de l’espace de l’Afrique Centrale face à la menace de l’invasion tutsi que soutiennent certaines puissances. Et donc un lever de boucliers de tous les peuples bantous d’Afrique contre la menace de l’instauration de «  l’empire Ima-Tutsi », véritable clé du problème.

Cependant, si l’on veut ramener les choses à des dimensions moins catastrophiques, il faut recourir à des contributions plus honnêtes à la place d’assurer à une partie « la liberté absolue d’user de la force et du crime ou de menacer d’en user »

Si donc le postulat de base est de trouver une stratégie durable de construire la paix en R.D.C et dans la Région des grands lacs, seules TROIS exigences majeures sont à prendre en compte :

1 La reconnaissance du Génocide congolais.

2 La poursuite des travaux de la Conférence Nationale Souveraine interrompue.

3 L’organisation des espaces  de dialogue inter ethnique sécurisés par l’ONU dans le Rwanda et en Ouganda.

1 Reconnaissance du génocide Congolais

      En effet, sur l’ensemble des recommandations formulées à l’égard du Gouvernement Congolais sur la feuille de route de « International Crisis Group », « BANA-CONGO » peut rassurer que le peuple congolais ne se fait plus d’illusion  sur la nature d’un pouvoir VASSAL du Rwanda, mis en place par une conjuration internationale à l’appui des envahisseurs rwandais et autres pour des prétendues raisons géostratégiques et l’accaparement malhonnête des richesses minières du Congo.. Et que la véritable approche de paix doit se reformuler en termes de justice neutre et internationale et de condamnation des agressions, de violations du droit international en matières de génocide, de crimes de guerre et de crime contre l’humanité dont le décompte funeste est de 5 Millions de morts et en exige reparation.

    Toute négociation est un euphémisme pour capitulation si on ne projette pas l’ombre d’une justice implacable sur le fait du Génocide congolais à la table des pourparlers.

Il y eut le procès de Nuremberg qui jugea les criminels NAZIS après l’innommable commis sur les Millions de juifs entre 1940-1945 et que l’on continue à commémorer jusqu'à ce jour.

      Dans le sillage de ce tribunal qui a permis de fixer les sanctions appropriées pour forte atteinte aux droits de l’homme dans le chef des personnes ou groupes tentés par la haine ou la volonté de puissance et qui peuvent commettre les crimes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, l’Organisation des Nations Unis a trouvé un large consensus par l’érection des tribunaux spécifiques pour en juger.

      Tel a été le cas pour le Rwanda, l’ex-Yougoslavie…Cependant aucune de ces instances ne semble résorber l’extraordinaire moisson de crimes caractérisés commis en RDC depuis 1996.

Pour « BANA-CONGO », « International Crisis Group » devrait étendre sa logique de condamnation de la culture d’impunité en R.D.Congo à la condamnation du laxisme inexplicable des tribunaux internationaux appelés à juger des crimes du génocide congolais et de même à la condamnation des « accords » Congo -Rwanda qui sont des subterfuges de prétendues solutions politiques utilisées pour éluder le fait des crimes, pour effacer les meurtres et les assassinats, violences massives et barbaries et pour mettre à l’abri leurs auteurs, co-auteurs, exécutants et instigateurs.

      Les retards et reports cumulés d’une action de justice internationale d’envergure, neutre et équitable ont alourdi chaque fois une comptabilité macabre de victimes civiles innocentes, qui démentent les manœuvres camouflées et intéressées des solutions politiques.

       Les cas  des attaques répètées des FDLR sur les populations civiles en représailles des opérations conjointes des armées rwandaises et congolaises sont bien la preuve de l’échec de « solutions politiques ».

       Il ne peut être possible d’occulter les réalités de l’ampleur des entreprises de mort, de massacres, de viols de dévastations et de pillages orchestrées par le pouvoir mono éthique du Rwanda sous quelque prétexte que ce soit.      

       L’option de la justice étant la seule pour garantir la paix dans la Région.

2. Organisation des Espaces de Dialogue interethnique au Rwanda et en Ouganda.

       Des lors que l’agression contre la R.D.Congo est une réalité témoignée dans tous les rapports crédibles des Organismes internationaux, il est irrationnel d’inverser les rôles de victime à celui de bourreau et rendre la R.D.Congo responsable de l’insécurité dans la Région.

     Depuis 1996, il existe un  faisceau de faits concordants qui par leur nature criminelle, établissent la réalité des situations de catastrophe dans certaines régions de la R.D.Congo, particulièrement dans les Kivus à une échelle jamais atteinte dans n’importe quelle contrée du monde.

      A ce sujet, précisément, des études antérieures et plusieurs autres rapports des organismes des Nations Unies ont depuis des années établi la dangerosité récurrente des deux kivus qui demeurent à ce jour les terreaux d’où émanent des conflits à répétition à cause d’une histoire coloniale qui a longtemps contribué à l’exacerbation des conflits interethniques au Rwanda et dont l’onde de choc n’a pas épargné l’ex-zaïre voisin.

      Cette politique néo-coloniale néfaste qui constitue l’arrière-plan des malheurs des congolais de ces régions n’en est pas moins jumelle à une autre truffée de contradictions qui sont celle des choix d’un arbitrage partisan dans le chef du Commissaire Européen en charge de la Coopération, M. Louis Michel, favorable et très intéressé à une politique de transfert de la population rwandaise, au pillage des ressources minières du Congo et à l’impunité des criminels.

       Il faut reconnaître au peuple Congolais le courage et le mérite d’avoir surmonté ses difficultés internes, d’avoir crée un Etat-Nation et d’avoir combattu la dictature ensemble dans le cadre de la Conférence Nationale Souveraine, laquelle lui a permis de fixer ses choix en et en projet de société en tous domaines : d’éthique, de paix, de justice et animateurs.

       En conséquence, rien ne justifie plus la recommandation relative à une commission vérité, justice et paix pour la R D Congo, une étape franchie en responsables par les congolais à la CNS interrompue par l’invasion  de l’AFDL.

     Tant qu’il y a la nécessite de dominer le spectre de l’insécurité, et pour ne plus induire en erreur tous les acteurs investis dans la recherche des solutions de paix dans la Région des grands lacs, « BANA-CONGO » appelle à faciliter la mise en œuvre des espaces de dialogue interethnique en Ouganda et au Rwanda, espaces sécurises par l’ONU et permettre à la RDC de clôturer sa Conférence Nationale Souveraine.

Nul ne peut plus nier l’absence de pratique démocratique en Ouganda et au Rwanda où s’exerce un imperium dictatorial de pouvoir mono ethnique sous des menaces de crimes et de tortures. Il est donc absolument faux de faire porter à la R.D.Congo la responsabilité de l’insécurité dans la région ni d’orienter l’opinion à accréditer ce mensonge. 

      Pour « BANA-CONGO », une contribution efficace pour que règne la paix durable dans la Région  consisterait à ramener dans leur pays respectif la L.R.A. et le F.D.L.R. pour débattre ensemble et librement avec les autres des différends qui les opposent et trouver des alternatives constructives pour leurs pays.

     Ne serait l’invasion de l’A.F.D.L. dont le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi sont les pays initiateurs pour une cause connue : l’instauration de l’Empire Ima-Tutsi (déclaration de Paul Kagamé), la Conférence Nationale Souveraine de l’ex-Zaïre aurait conduit la R.D.Congo à d’autre destin de paix et de progrès, avec des institutions, d’une légitimité plus crédible, d’autant que tous les autres pays africains où se sont déroulées les Conférences Nationales ont  connu par la suite une accalmie et une évolution progressive vers la démocratie selon le schéma de la Baule combattu mais qui s’impose désormais et qui demeure à la portée de tous.

      Enfin, « BANA-CONGO » tient à épingler également la tendance de la feuille de route à vouloir orienter l’opinion ( et la justice) vers les seuls faits des crimes de viols au risque d’étouffer tous les autres crimes autant odieux et barbares.

1.      «  BANA-CONGO » convie « International Crisis Group » à plus de circonspection et de transparence, a plus d’objectivité  et de transcendance pour des solutions justes à la paix dans la Région des Grands Lacs.

                                                                                                                                   Président

                                                                                              AUBIN KIKONKA KILU KANDA