BANA-CONGO                         

Mouvement de Pression pour la Libération du Congo (R.D.C.)

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17 mai Journée du GENOCIDE  CONGOLAIS

In Memoriam – Afin que plus aucun Congolais n’oublie.

Depuis la maléfique date du 17 mai 1997, le peuple congolais se retrouve chaque année au cœur de guerres amenées de l’extérieur par des forces d’agression qui ne se gênent pas de se proclamer « forces de libération » avec la complicité criminelle de quelques médias et hommes de presse se réclamant « spécialistes du Congo » pour les besoins de la cause.

Des querelles intestines de partage de pouvoir entre alliés de l’AFDL, on est vite tombé depuis 1998 dans des aventures répétées de fausses rébellions puis de guerres directes entre des armées régulières étrangères, en l’occurrence l’armée rwandaise et l’armée ougandaise qui se sont affrontées, plus d’une fois, à coups d’obus en plein centres urbains dans la Province Orientale.

Là où les prétendues « forces de libération » règnent, la démocratie disparaît, le respect élémentaire de la personne humaine disparaît, les atrocités les plus inimaginables sont commises comme pour vérifier in vivo les expérimentations les plus abjectes sur des corps humains et renforcer la terreur vis-à-vis des populations civiles.

Fort des exploits macabres ci-dessus évoqués, le pouvoir criminel installé à Kinshasa sous des dehors ridicules de « démocratie » se consolide par la terreur que lui permettent les moyens de l’Etat et par le mépris des Droits de l’Homme. Lui non plus n’a pas hésité à perpétuer le règne du crime et de la terreur. A plusieurs reprises, de 2006 à ce jour, il a fait usage d’armes lourdes en pleins centres urbains, à Kinshasa et au Bas-Congo, soit pour réprimer des populations civiles traitées de « terroristes » ou d’ « ennemis de la démocratie », soit pour évincer des concurrents politiques en dehors de toutes voies démocratiques.

Au bout du compte, en douze ans de pouvoir « afdélien » (A.F.D.L), « péperdien » (PPRD) et « aém-pien » (A.M.P), le peuple congolais se retrouve amputé de plus de 6 millions d’âmes, victimes directes ou collatérales du pouvoir sanguinaire installé depuis la sinistre date du 17 mai 1997. Ce tarif est plus fort que celui payé par l’Europe lors de la guerre de 1914-1918 ou de la guerre de 1940-1945 ; par l’ex-Yougoslavie lors de la Guerre des Balkans ; par le Rwanda lors du « génocide » de 1994. Ce tarif est de loin plus fort encore vis-à-vis des victimes des rebellions et sécessions des 5 premières années de l’indépendance du Congo ou des victimes des attaques des mercenaires étrangers ou des répressions discrètes connues au cours des 32 ans suivants. Même cumulées sur les 37 ans précédents, les victimes que le Congo pleure déjà en millions rien que sur les 12 ans des Kabila ont atteint des chiffres insupportables.

Les médias et les instances qui se sont émus pour le cas du voisin oriental du Congo jouent des pieds et de la tête pour minimiser au mieux le génocide infligé au peuple congolais depuis le 17 mai 1997. Cela d’autant plus facilement que le pouvoir caméléon introduit à Kinshasa y trouve son compte. Ses tergiversations récentes dans l’ « Affaire Nkundabatware » en sont des indices frappants. Les primes aux fauteuils ministériels, des amnisties amnésiques généralisées accordées aux soi-disant « forces rebelles » et la transformation de celles-ci en « partis politiques » ou en « unités » de l’armée régulière sont d’autres indices de la complicité consciente du pouvoir génocidaire de Kinshasa.

Si hier des opérations ridiculement « mixtes » devraient servir à rassurer le voisin rwandais, aujourd’hui il n’est pas acceptable que le même voisin serve de protecteur au sinistre Nkundabatware dès lors que ce personnage a de lourdes parts de responsabilité dans le « génocide congolais », notamment dans ses aventures guerrières depuis 2000 à Kisangani puis dans le Sud et Nord Kivu, surtout ces trois dernières années.

Il n’est pas question de passer au titre de pertes et profits pour le compte d’un pouvoir sanguinaire les 6 millions de morts congolais enregistrés depuis 1997. La majorité de ces victimes se compte parmi les populations dites « de l’Est » du Congo, réclamées pourtant comme vivier électoral naturel dudit pouvoir. Il est donc difficile de s’expliquer ce mépris affiché vis-à-vis de nos morts de l’Est : pas de sépultures, pas de stèles ni de monuments commémoratifs, pas une seule journée dédiée à leur pensée.

Dans tous les pays du monde, il est de coutume de consacrer un jour de l’année en hommage aux citoyens morts pour le pays. Par devoir de mémoire, cette journée de souvenir sert à la fois de manifestation solidaire de compassion de la communauté nationale et de transfert de témoin à la postérité.

Trop d’indices probants incitent à dire que ce manque d’investissement affectif des officiels de Kinshasa à l’endroit d’un peuple en deuil injustifié permanent témoigne d’une "désolidarisation" liée aux origines plus que douteuses du pouvoir caméléon et à sa participation active aux crimes monstrueux ayant coûté la vie à ces millions de Congolais.

BANA CONGO exhorte chacune des Congolaises et chacun des Congolais d’avoir, même sans stèle, sans monuments commémoratifs ni accompagnements médiatiques, une pensée pieuse à la mémoire de tous nos paisibles compatriotes, injustement livrés à la mort depuis l’intrusion des agents de la mort à la direction du Congo, le 17 mai 1997.

La date du 17 mai doit désormais être considérée comme date symbole du pire des malheurs qu’aucune fille, aucun fils digne du Congo de nos ancêtres ne doit jamais fêter. Elle doit être une date de méditation profonde sur les causes réelles de l’hécatombe injuste causée par des mains armées étrangères et de l’abandon des veuves, des orphelins et autres traumatisés des violences diverses de guerres et de répressions criminelles.

La tendance à la résignation doit être surmontée. BANA CONGO invite le peuple Congolais à se ressaisir et à reprendre courage.

Ce 17 mai 2009 : que chacun reste chez soi, dans la méditation à la pensée de nos 6 millions de morts.

"La mémoire n’est rien si elle n’est pas une prise de conscience. Il faut rejeter la tentation de l’oubli", dixit Michèle ALLIOT-MARIE, Ministre française de l’Intérieur, lors de la Journée Commémorative de l’Esclavage, Bordeaux, le 10 mai 2009.

                           Pour BANA CONGO, Mouvement de Pression pour la Libération du Congo,

                  Aubin KIKONKA  KILU KANDA

                                                                       Président

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