Paul Kagamé : « Je ne connais pas Laurent Nkunda »

A la veille du quinzième anniversaire du génocide et alors que les troupes rwandaises viennent d’achever leur retrait du Kivu, le président Kagamé s’explique, dans Jeune Afrique, sur le cas Nkunda, sur ses relations avec Kabila, le plan Sarkozy pour la région des grands lacs et la CPI.

Dans cette longue interview accordée à l’hebdomadaire panafricain, le chef de l’Etat rwandais dresse le bilan de l’opération ‘Umoja Wetu’ - ‘notre unité’ en swahili - menée dans le Nord Kivu conjointement avec l’armée congolaise contre les rebelles des FDLR : « sur le plan militaire, nous avons brisé l’épine dorsale des FDLR. Mais il reste encore du travail à faire… » déclare-t-il. Et se félicite des bonnes relations qu’il entretient avec Joseph Kabila :« Entre le Rwanda et la RD Congo, l’heure est à la coopération, à la confiance mutuelle et là la solution consensuelle des problèmes communs ».

Paul Kagamé aborde également le cas Laurent Nkunda. Sans états d’âme. Le président rwandais nie toute relation avec le chef rebelle congolais (« Je ne connais pas Laurent Nkunda, je ne l’ai jamais rencontré, je ne l’ai jamais vu ailleurs qu’à la télévision ») et révèle les circonstances de son arrestation (« la réalité est qu’il s’est livré à nous »). Quant aux informations selon lesquelles Laurent Nkunda aurait été membre de l’armée patriotique rwandaise de 1991 à 1996 ? « Ce sont des idioties » selon Kagamé.

Autoritaire, croyant aux rapports de force, il tient à souligner qu’« en règle générale, les pressions, ça ne marche pas sur le Rwanda », en réponse aux présumées pressions que les américains et les britanniques exerceraient sur lui.

Enfin, le leader rwandais prend ses distances sur le plan de règlement et de coopération de Nicolas Sarkozy pour la région des grands lacs (« je ne suis pas demandeur d’un quelconque plan pour la région, et j’ignore pourquoi le Rwanda est mêlé à cela »), affirme que l’évolution des relations avec la France dépendra du cas Rose Kabuye (« c’est même une évidence ») et s’oppose au mandat d’arrêt international contre le président soudanais El-Béchir (« Je n’ai pas confiance dans cette CPI. Ce n’est pas avec elle qu’une justice mondiale impartiale et équitable pourra être rendue ».)