Exit Laurent NkundaExit Laurent Nkunda© Jeune Afrique

L’arrestation, le 21 janvier à Gisenyi (Rwanda), du général rebelle congolais Laurent Nkunda, leader du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), au moment même où les armées rwandaise et congolaise sont engagées dans des opérations communes dans le Nord-Kivu, est a priori surprenante. Pourtant, elle était attendue par ceux qui ont suivi de près le dossier, ces dernières semaines.

L’entrée en République démocratique du Congo de milliers de soldats rwandais pour « traquer » les membres des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) a été largement orchestrée par les États-Unis, impliqués depuis longtemps dans la région. Les Américains ont en effet demandé au gouvernement congolais d’accepter cette opération pour prouver sa bonne foi à Kigali, qui l’accuse de soutenir les FDLR. Mais faire revenir l’armée rwandaise en RD Congo comportait un risque politique majeur pour le président Joseph Kabila. D’où la contrepartie exigée par Washington auprès du Rwanda : lâcher Nkunda et le neutraliser.

Pour cela, il fallait commencer par affaiblir ce dernier au sein même de son mouvement. Ce rôle a été confié à Bosco Ntaganda, l’un de ses commandants, qui, contre toute attente, a annoncé la fin de la rébellion et le ralliement de ses hommes à l’armée régulière. Nkunda n’a pas vu venir la fin de son aventure. À cet égard, les négociations de Nairobi avec les autorités congolaises semblent n’avoir été qu’un piège dans lequel il est tombé.

Kagamé agacé

D’autres raisons ont contribué au changement d’attitude du Rwanda, qui, malgré les accusations de son voisin, a toujours soutenu que Nkunda était une affaire purement congolaise. La réalité est différente. À Kigali, même si la « cause » défendue par le général rebelle était populaire au sein de l’opinion, ses agissements avaient fini par agacer le président Paul Kagamé lui-même. En réalité, Nkunda était devenu « incontrôlable ». Surtout depuis qu’en novembre 2008, grisé par ses victoires sur l’armée congolaise, il avait juré de marcher sur Kinshasa. Une ambition démesurée qui n’a pas manqué de gêner le Rwanda vis-à-vis de ses partenaires étrangers. Lesquels ont menacé avec de plus en plus d’insistance de suspendre leur aide financière. C’est ce qu’ont fait les Pays-Bas, en décembre 2008, bientôt suivis par la Suède mais aussi le Royaume-Uni, l’un des plus sûrs soutiens du régime rwandais.

Laurent Nkunda hors jeu, que va-t-il se passer ? Restera-t-il détenu au Rwanda ou sera-t-il livré aux autorités congolaises ? Prendra-t-il le chemin de l’exil en Afrique du Sud ou dans un autre pays, comme les Américains lui en ont déjà fait la proposition ? Une chose est sûre : le chef du CNDP, qui avait été amnistié pour faits de rébellion lors de la Conférence de Goma, en janvier 2008, risque d’être à nouveau poursuivi, chez lui, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

85 enfants soldats libérés par des milices au Nord-Kivu

85 enfants soldats libérés par des milices au Nord-Kivu85 enfants soldats libérés par des milices au Nord-Kivu© AFP

Un total de 85 enfants ont été libérés la semaine dernière par les milices Maï-Maï opérant dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), s'est félicité le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef).

Les enfants, âgés entre sept et 17 ans, ont été relâchés en deux fois au terme de pourparlers avec les milices, a précisé la porte-parole de l'organisation à Genève Véronique Taveau.

Les Maï-Maï forment une milice locale qui combat aux côtés des forces gouvernementales la rébellion du Tutsi congolais Laurent Nkunda, active dans la région du Nord-Kivu.

Un premier groupe de 65 enfants, dont deux filles, a été libéré jeudi dernier, et un deuxième de 20 enfants, dont trois filles, dimanche.

"Les enfants étaient affamés, traumatisés, apeurés, lorsque nous les avons retrouvés", a déclaré la porte-parole de l'Unicef. Ils ont été accueillis dans le centre de démobilisation des enfants de l'ONU à Goma, la capitale du Nord-Kivu.

L'identification de leur famille prendra du temps, a-t-elle ajouté, car "c'est un processus long et la zone doit être sécurisée".

Selon l'agence de l'ONU, environ 2. 000 enfants sont encore incorporés dans des milices dans le Nord-Kivu.

L'Unicef espère que d'autres libérations d'enfants recrutés par les milices pourront avoir lieu dans les prochains mois. "Nous avons l'espoir qu'un nombre significatif d'entre eux, près de 1. 500, soient relâchés", a déclaré Mme Taveau.