15 janvier 2009
Lubumbashi : Le triste sort de l’hôpital Jason Sendwe

Renommé jadis pour la qualité des services rendus aux populations de toute l’Afrique centrale, l’hôpital Jason Sendwe de Lubumbashi ne reste que l’ombre de lui-même et si on n’y prend garde, il va bientôt rendre l’âme. Les différentes parties de cet établissement hospitalier succombent les unes après les autres. L’ascenseur est mort depuis un peu plus de six mois. Difficile donc pour le personnel d’assurer la liaison entre différents services repartis dans les 4 étages du bâtiment.
Le transport des malades en état d’incapacité de marche d’un pavillon à un autre ou d’un étage à un autre, s’effectue avec les moyens du bord. Pas surprenant donc de croiser dans les couloirs ou dans les escaliers, un malade sur le dos d’un infirmier avec tous les risques qui peuvent en résulter (retard en intervention pour les cas les plus urgents, contamination pour les transporteurs,…).
Les deux ambulances « don de moïse » agonisent et sont passées sur briques, en attendant leur démantèlement et peut-être la vente des pièces sur le marché noir. La pharmacie elle aussi a poussé son dernier souffle. Les malades sont donc obligés d’aller s’approvisionner en médicaments dans les petites officines de la ville.
A tout ceci s’ajoute le problème de coupures intempestives d’électricité qui cause des dégâts énormes, notamment avec les nouveaux nés prématurés dont les couveuses fonctionnent au courant électrique, une denrée de plus en plus rare au Congo.
Je crains beaucoup pour la vie de l’hôpital Jason Sendwe. Ceux qui peuvent le sauver sont trop occupés à exploiter le cuivre et d’autres minerais. Lorsqu’ils tombent malades, ils ont les moyens d’aller se faire soigner en Afrique du sud. Ceux qui ne peuvent pas s’offrir ce luxe peuvent toujours crever.
Kinshasa : La raison de l’homme armé est toujours la meilleure

Ça va faire un peu plus d’un mois qu’un général des FARDC (forces armées de la République démocratique du Congo) a aménagé près de chez moi. J’ai appris l’arrivée du nouveau voisin d’une manière assez particulière. En me ramenant chez moi il y a quelques jours, le taximan s’est fait battre par deux militaires commis à la garde du Général. Son péché : s’être arrêté devant la parcelle qu’occupe le chef pour me déposer.
Je me dirigeais déjà vers chez moi quand j’ai entendu du bruit derrière moi. En revenant sur mes pas pour voir ce qui se passait, l’un des deux soldats m’a crié : « Yo oyebi te que mokonzi avandaka awa, olingi kosala attentat? Soki omeki lisusu kotelemisa mutuka awa to ko tia yo na cachot…» Traduction: « Tu ne sais pas que c’est la résidence d’un chef? Tu veux faire un attentat ou quoi? Si tu oses encore stationner un véhicule ici, nous allons te jeter au cachot. »
Observant autour de moi, je n’ai vu aucun panneau ou indication mentionnant qu’il était interdit de s’arrêter à cet endroit. Je n’ai pas osé discuter, sachant très bien comment finissent ceux qui osent se mettre en opposition avec ces hommes forts armés.
Une interrogation se ballade dans ma tête : Devrions-nous déplacer les arrêts de bus à chaque fois qu’une autorité s’installe à proximité? N’étant jamais sortie de mon pays, je me demande si les choses se passent de la même manière ailleurs. Ici à Kinshasa, les habitations des officiers militaires sont des endroits interdits. Des rues entières sont parfois barricadées juste parce qu’une autorité politique y habite. Tout cela sans compter le spectacle habituel des cortèges des ministres, députés, leurs copines et leurs enfants qui obligent tout le monde à sortir des routes pour les laisser passer
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