La crise financière internationale et le conflit dans le Kivu ont ébranlé l’économie du pays selon le FMI© APANEWS

La crise financière internationale et l’aggravation du conflit dans les provinces orientales sont les deux grands chocs ayant ébranlé l’économie de la République démocratique du Congo (RDC), a indiqué une délégation du Fonds monétaire international (FMI), dans une déclaration rendue publique à Kinshasa, à l’issue d’une mission de 10 jours dans ce pays.

Selon le FMI, la baisse des prix des principaux produits d’exportation, notamment le cuivre et le cobalt, a eu des conséquences néfastes sur l’activité économique et l’emploi, en particulier dans le secteur minier, tandis que la diminution des recettes et l’augmentation des dépenses de sécurité ont entraîné une dégradation de la situation des finances publiques, une baisse des réserves internationales et des pressions sur le taux de change.

La délégation du FMI, conduite par M. Brian Ames, a estimé que les résultats obtenus dans le cadre de référence 2008 étaient dans l’ensemble conformes aux attentes fin septembre, mais la situation économique s’est détériorée au quatrième trimestre.

La croissance économique a été d’environ 8% en 2008 au lieu de 10% comme initialement prévu alors qu’une diminution de 30 % à 24 % de l’inflation est envisagée sous l’effet du reflux des cours mondiaux des produits pétroliers et des denrées alimentaires.

Depuis cinq ans, les réserves internationales sont à leur plus bas niveau. «Il est probable que la situation économique soit encore plus difficile en 2009 », a averti le FMI dans sa déclaration, soulignant que la baisse des exportations minières et ses retombées indirectes vont considérablement freiner l’activité économique, faire monter le chômage et fragiliser la balance des paiements. Toutefois, le FMI se dit «prêt à aider la RDC dans cette période difficile ».

La possibilité d’une assistance financière par le biais du volet «accès rapide» de la facilité de protection contre les chocs exogènes, pour un montant pouvant atteindre 25% de la quote-part (environ 200 millions de dollars Us) a été envisagée par la mission de l’institution financière internationale.

L’accès à ce financement sera soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI et conditionné par la bonne gestion des finances publiques, la poursuite de la mise en œuvre de politiques appropriées fac à la chute des prix des produits de base et par un engagement à préserver la viabilité de la dette extérieure.