Le chef rebelle du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), Laurent Nkunda, a accusé les troupes de l'armée congolaise de "violer le cessez-le-feu" et appelé l'ONU à obtenir leur retrait des zones dont le CNDP s'est désengagé sur le front de Goma (est).

Le 29 octobre, le CNDP "avait décidé" un retrait des alentours de l'aéroport de Goma (capitale du Nord-Kivu) où ses troupes étaient campées après une offensive de la coalition gouvernementale sur ses positions, écrit Nkunda dans une lettre adressée mercredi au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

"Ce retrait unilatéral fut effectué sur 12 km dont la gestion et le contrôle furent exclusivement confiés à la Monuc", la Mission de l'ONU en RDC, souligne cette lettre dénonçant "une violation du cessez-le-feu" et dont l'AFP a obtenu jeudi une copie.

"Au moment où nous vous écrivons, notre mouvement est au regret de constater que les troupes de la coalition gouvernementale se sont redéployées dans cette zone et acheminent des renforts de manière continuelle au point où les deux forces ne sont éloignées l'une de l'autre que de 150 mètres", poursuit le chef rebelle.

Nkunda affirme d'autre part que "les actes de provocation se multiplient" citant "des tirs" que ses "troupes subissent depuis le 23 novembre de la part des forces d'en face" auxquels son "mouvement s'est abstenu de répondre".

"Prenant la mesure de la gravité que présente cette situation et des conséquences qu'elle risquerait d'entraîner, notre mouvement vous prie d'obtenir le retrait de troupes gouvernementales sur cet axe le plus tôt possible" ajoute le général dans sa lettre à Ban Ki-moon.

Les Forces armées de RDC (FARDC) et la rébellion s'accusent depuis samedi d'opérer des mouvements de troupes près du camp de déplacés de Kibati, à 15 km au nord de Goma, où est située une des principales lignes de front de cette province.

L'armée congolaise avait mis en garde mardi contre un "risque d'affrontement imminent" avec les rebelles.

La Monuc a confirmé mardi que les belligérants étaient "très rapprochés les uns des autres à Kibati", ce qui est "une source potentielle de tension", et a demandé aux groupes armés, et notamment au CNDP, "de s'abstenir de tout acte menaçant et de respecter la cessation des hostilités".

Dans un autre communiqué parvenu jeudi à l'AFP, Nkunda assure que le CNDP "ne prendra aucunement l'initiative de la guerre susceptible de perturber la sérénité" à Goma, "surtout en ce moment où la solution politique semble l'emporter sur celle militaire, en dépit des réticences de la partie adverse".

Le CNDP a refusé samedi de signer une déclaration conjointe de cessation des hostilités avec des représentants du gouvernement de Kinshasa lors des pourparlers de paix à Nairobi. De surcroît, la rébellion a refusé de s'engager de nouveau à respecter son propre cessez-le-feu unilatéral décrété fin octobre.

Les pourparlers doivent reprendre le 7 janvier à Nairobi.