Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé lundi d'un an, tout en le renforçant, le mandat de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) en intégrant notamment quatre propositions faites par la Belgique, dont la possibilité d'agir davantage contre l'exploitation des ressources naturelles, a-t-on appris de source diplomatique.

Un an avec les mêmes effectifs
Dans sa résolution 1856 adoptée dans l'après-midi (heure locale) à l'unanimité, en présence du ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, le Conseil a prolongé le mandat de la MONUC jusqu'au 31 décembre 2009, avec des effectifs maintenus à niveau (plus de 22.000 Casques bleus, observateurs et policiers).

Le mandat actuel expirait le 31 décembre prochain, mais la persistance des tensions dans l'est de la RDC, théâtre d'affrontements depuis fin août entre l'armée congolaise et la rébellion du général tutsi Laurent Nkunda, avait rendu sa prolongation inéluctable.

Priorité aux Kivus
Dans sa résolution 1843, adoptée le 20 novembre, le Conseil avait déjà autorisé "une augmentation temporaire d'un maximum de 2.785 hommes des effectifs militaires" de la MONUC "et de 300 hommes au maximum de ses effectifs de police". La MONUC compte déjà quelque 17.000 Casques bleus et policiers.

Lundi, le Conseil a autorisé "le maintien d'effectifs pouvant atteindre 19.815 militaires, 760 observateurs militaires, 391 personnels de police et 1.050 membres d'unités de maintien de l'ordre" jusque fin décembre 2009. La résolution demande à la MONUC "d'accorder la priorité absolue à la réponse à apporter à la crise des Kivus, en particulier en ce qui concerne la protection des civils".

4 éléments nouveaux
Sur proposition de la Belgique, quatre éléments ont été intégrés dans le nouveau mandat, dont la possibilité pour la MONUC d'organiser de sa propre initiative des opérations contre les groupes armés, mais en concertation avec les Forces armées de la RDC (FARDC) et le renforcement du rôle de la MONUC dans la lutte contre l'exploitation illégale des ressources naturelles - qui est l'une des causes principales de la persistance des violences à l'est de la RDC.

La résolution appelle aussi les autorités congolaises à progresser rapidement dans la réforme en profondeur du secteur de sécurité (armée, police et justice). Elle contient enfin un appel au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à renforcer l'organisation de la MONUC, notamment en élaborant des règles d'engagement claires (les circonstances dans lesquelles les Casques bleus peuvent faire usage de la force). (belga/th)