COMMUNIQUE DE PRESSE
Goma 14 decembre 2008

La Direction Politique du Mouvement communique ce qui suit à l’intention de l’opinion tant nationale qu’internationale :

1. La presse a fait état, ces dernières 48 heures, d’un rapport qu’aurait commis un groupe d’experts mandatés par l’ONU pour enquêter à l’Est de la RDC et qui incrimine, entre autres, le CNDP. Les Autorités supérieures du CNDP ont appris avec le plus grand étonnement, mais aussi avec la plus grande indignation les affabulations que contiendrait ce rapport, notamment quand il fait état de la collusion du CNDP avec le Gouvernement du Rwanda, mais aussi de son implication dans l’exploitation illégale des ressources minières de la RDC.


2. Le CNDP réaffirme publiquement qu’il ne doit sa naissance et ses capacités opérationnelles actuelles qu’à lui-même, à ses militants, à ses sympathisants et, très paradoxalement, à Joseph KABILA en personne. Le Commandant Suprême des FARDC est, en effet, notre plus grand pourvoyeur d’armes et de munitions depuis le processus avorté du « MIXAGE », début 2007, à ce jour. Sa gouvernance calamiteuse nous fournit les raisons essentielles de la légitimité de notre lutte.


3. Quant au Rwanda, le CNDP reste très reconnaissant à ses Autorités qui hébergent sur leur sol la quasi-totalité de nos compatriotes tutsi congolais, qu’ils soient réfugiés dans les camps gérés par le HCR ou tout simplement en exil au pays des milles collines, dans l’attente de retrouver leur Nord-Kivu natal. Alors, si régulièrement des jeunes gens rentrent chez eux au Congo, attirés par le désir irrépressible d’être en situation de faire revenir un jour leurs parents au bercail, il serait absurde d’en attribuer l’initiative au Gouvernement du Rwanda qui, de toute manière, n’a pas les moyens d’empêcher ce mouvement, sauf à faire de son pays une cage dont personne ne s’échappe. Michel JOBERT –paix à son âme- Ministre français des Affaires Etrangères sous POMPIDOU, rétorquait un jour à des journalistes qui s’étonnaient de la « compréhension » de la France à l’égard des palestiniens qui voulaient à tout prix rentrer en Palestine : « Tenter de remettre les pieds chez soi, est-ce forcément une agression » ? En l’occurrence, la réponse est dans la question.


4. Quant à l’exploitation illégale des ressources minières, le CNDP observe que seules deux mines se trouvent dans le territoire sous son contrôle : celle de BIBATAMA dont le groupe d’experts lui attribue l’exploitation, mais qui est, en fait, concédée à un notable Tutsi. Celui-ci l’exploite sur base des titres accordés par le Gouvernement de Kinshasa, mais en plus il s’agit d’un Sénateur totalement acquis au Président KABILA et sans aucune attache avec le CNDP. L’autre unité industrielle, la SOMIKIVU qui produit du pyrochlore appartient à un groupe allemand. A l’arrêt depuis 1996, elle n’a redémarré brièvement que pendant quelques mois en 2004 et, depuis, elle ne fonctionne plus.


5. En conséquence, le CNDP rejette catégoriquement, en ce qui le concerne, le rapport des experts onusiens qui relève plus du colportage que de l’investigation professionnelle. Il a des motivations purement politiques qui, d’une part, tiennent à impliquer le Rwanda pour déforcer ses prétentions légitimes à voir neutralisés définitivement les génocidaires FDLR et d’autre part à occulter la déroute du leadership de Joseph KABILA que le CNDP s’est donné pour tâche tout aussi légitime d’évincer.




Se NZABIRINDA DEOGRATIAS

Secrétaire Executif