29 octobre 2008
MEURTRES INACCEPTABLES : DEUX CASQUES BLEUS TUES A GOMA
Cette fois-ci, la Monuc doit demander des comptes au gouvernement provincial du Nord Kivu sur ces meurtres. Il est
inacceptable que des hommes qui quittent leurs pays pour venir aider un gouvernement, se fassent lyncher comme des
vulgaires criminels, par une foule manipulée par des autorités aux abois qui ont fait de la corruption leur mode de gestion.
Selon l’agence de presse catholique Misna, deux soldats de maintien de la paix appartenant à la force onusienne en
république démocratique du Congo, Monuc, ont trouvé la mort ce mardi, suite aux accrochages avec une foule en pleine
colère. Depuis quelques temps, les autorités congolaises manipulaient les populations, en attisant en elles, la haine de
la mission onusienne, en leur disant que c’est la Monuc qui soutient les forces rebelles, alors qu’elles sont victimes de
leur mauvaise gestion. Profitant de leur puissance médiatique et de leur influence populaire, ces autorités ne laissent
passer aucune occasion, pour dire tout le mal qu’ils pensent de la mission onusienne. Malgré tout ce que cette force
apporte comme soutien à ce gouvernement, il continue de demander plus. Dans cette affaire, le gouvernement congolais
agit avec une duplicité hors du commun. Or, le Général sénégalais Babacar Gaye, ancien commandant en chef de la
Monuc l’avait mentionné : « jamais une force onusienne n’est allé aussi loin dans le soutien apporté à un gouvernement.
» Mais les autorités de Kinshasa préfèrent faire la politique de la tête brûlée qui risque de se retourner contre elles. Voici
que la force onusienne qui fait de son mieux pour sauver Joseph Kabila vient de perdre deux de ses militaires. Que va dire
leurs gouvernements respectifs ? Quelle sera la réaction de leurs familles ? Il est temps pour les Nations Unies de
laisser Joseph Kabila assumer les conséquences de ses choix politiques. Que s’est-il passé au juste ?
Comme d’habitude, la population de Goma vient d’être encore victime de la manipulation politique, œuvre des
autorités irresponsables. Le gouvernement local estime qu’il faut passer par les manifestations populaires, pour pousser
les Nations Unies à agir en sa faveur. Ce qui le pousse à inciter la population à agir par Société Civile interposée. Ce qui
vient de se passer n’est pas une nouveauté. Il s’agit d’une répétition de ce qui s’était déjà passé. Cette fois-ci, mort d’
hommes s’en est suivi. Les autorités du Nord Kivu doivent être poursuivies pour ces meurtres inacceptables. Après les
affrontements entre la force onusienne et la population en ébullition, la police nationale congolaise est venue calmer la
situation. Elle a ainsi tiré sur les manifestants jusqu’à tuer quelques quatre personnes. Ce que la population n’a pas du
tout digéré. Elle s’est donc réfugiée sur les pierres comme le lui avait recommandé l’ancien ministre de l’intérieur, Denis
Kalume Numbi. Elle a donc commencée à lancer des coups de pierres sur les installations de la Monuc, les véhicules de
la force onusienne et sur les militaires de l’ONU. Dans cette violence téléguidée, un casque bleu de la Monuc a été atteint
d’une pierre sur la tête. Selon l’agence Misna, il n’a pas survécu à sa blessure. Dans la même hystérie populaire, un autre
casque bleu qui voulait aller au secours de son frère d’armes, s’est vu investi par une foule sans pitié. Celle-ci lui a
administré des coups jusqu’à ce qu’il en est mort. C’est tout simplement inacceptable. C’est l’horreur ! On se demande
jusque à quand, les Nations Unies vont continuer à soutenir ce gouvernement inique, qui n’hésite pas à cracher sur l’
assiette qui lui sert à manger. Il faudrait que la Monuc tire les leçons de ces meurtres barbares pour diligenter des
enquêtes sur ces manipulateurs des foules que sont les autorités locales et nationales. Le général Vicente Diaz de
Villegas avait raison de démissionner. La Monuc doit se ressaisir et reconnaître que Joseph Kabila n’est pas sérieux. C’
est un mauvais cheval sur lequel ils ont misé. Sinon, il sera trop tard.
RDCongo: le Rwanda maintient qu'il s'agit d'une affaire intérieure congolaise
- Accusé par Kinshasa de soutenir les rebelles dans le Nord-Kivu, le gouvernement rwandais a une nouvelle fois maintenu qu'il s'agissait d'une affaire intérieure congolaise et décliné mercredi une proposition de rencontre au sommet entre les présidents Kagame et Kabila. Le gouvernement de République démocratique du Congo (RDC) a dépêché mardi des émissaires à Kigali pour reprendre langue avec le pouvoir rwandais sur le climat de guerre dans l'est de la RDC, à la frontière avec le Rwanda, et organiser un sommet des deux présidents, a annoncé mercredi Kigali. Le président Paul Kagame a adressé une fin de non-recevoir aux demandes des émissaires, conduits par le chef de la diplomatie de RDC, Alexis Tambwe Mwamba. Ces émissaires ont fait part à M. Kagame "de la proposition de (Joseph) Kabila d'une rencontre au sommet sur les événements qui se déroulent actuellement" au Nord-Kivu, a déclaré à la radio gouvernementale, Radio Rwanda, Joseph Mutaboba, envoyé spécial du président rwandais pour la région des Grands lacs. M. Kagame leur a répondu que "le moment n'est pas encore indiqué pour une telle rencontre", a poursuivi M. Mutaboba, expliquant que le Rwanda souhaite que soient d'abord mis en application les accords signés entre les deux pays pour stabiliser la région. Selon Paul Kagame, la guerre entre l'armée de RDC et les rebelles du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda est "un problème qui concerne les Congolais", a poursuivi M. Mutaboba. Le gouvernement congolais accuse le pouvoir rwandais de soutenir les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda, ce que Kigali dément constamment. Face aux demandes congolaises, M. Kagame a réitéré ses propres exigences, sur le dossier d'une autre rébellion basée dans l'est de la RDC, celle des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Formées de combattants hutus rwandais, dont certains ont activement participé au génocide rwandais de 1994, les FLDR constituent une menace pour la sécurité du Rwanda aux yeux du régime de Kigali, qui a mis fin au génocide. M. Kagame exige en vain depuis des années leur désarmement, conformément aux engagements pris par les pays des Grands lacs africains. Jusque présent, Kinshasa s'est toujours refusé à entreprendre un désarmement forcé des FDLR. Le 20 octobre, l'armée congolaise a simplement enjoint les FDLR de retourner volontairement dans leur pays, faute de quoi elle "durcirait" ses actions. Laurent Nkunda considère lui aussi les FDLR comme une menace, non pour la sécurité du Rwanda, mais pour celle des Tutsis congolais, dont il prétend être le défenseur. Il justifie son action par l'incapacité de Kinshasa à neutraliser les FLDR, qui comptent environ 6.000 combattants, en accusant l'armée congolaise de collusion avec la rébellion. "Ils sont ensemble, encore maintenant", avait-il affirmé le 20 octobre à l'AFP, ajoutant: "nous nous battons contre les FDLR. Et la communauté internationale devrait également les combattre". L'incapacité de Kinshasa et de Kigali à coopérer pour neutraliser les rébellions du Kivu profite à tous les groupes armés de l'est de la RDC. Ils pillent les richesses minières et agricoles, commettent des exactions contre les civils en toute impunité depuis des années, et souvent avec la complicité de hauts responsables des services de sécurité des pays voisins, comme l'ont décrit à plusieurs reprises des rapports d'experts de l'ONU. "Les groupes armés se sont constitué des sanctuaires. Ils font la loi, ils gèrent (...) des centaines de carrières" d'extraction de minerais qui enrichissent leurs chefs, expliquait récemment à l'AFP un expert de la région.
l'armée régulière a abandonné Goma
Les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont abandonné mercredi la ville de Goma, dans l'est de la RDC devant l'avancée de la rébellion, selon des sources militaires et des habitants contactés par téléphone depuis Kinshasa. "C'est fini", a déclaré une source militaire, précisant que les FARDC allaient se replier vers la localité de Minova, située entre Goma et Bukavu, deux villes distantes d'une centaine de kilomètres. "Il n'y a plus aucun militaire dans la ville", a indiqué un habitant de Goma, sous couvert de l'anonymat. Les chars de combat des forces gouvernementales qui reviennent du front au nord de Goma "prennent la direction" de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, a-t-il ajouté. Selon un autre habitant, des hélicoptères de la Garde Républicaine (GR, garde présidentielle) ont décollé en direction du Sud-Kivu, frontalier du Rwanda. Des habitants de Goma ont commencé mercredi à fuir cette ville de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) devant l'afflux annoncé de dizaines de milliers de déplacés poussés par les combats entre l'armée et la rébellion, ont annoncé à l'AFP les autorités locales. "Les gens sont en débandade et la cité paniquée", a affirmé le gouverneur de la capitale provinciale du Nord-Kivu, Julien Paluku, joint par téléphone depuis Kinshasa. Selon lui, "pris de peur" en raison des combats, les déplacés qui se trouvaient à une dizaine de kilomètres au nord de Goma "se déversent dans la ville créant une panique générale parmi la population". Les bateaux qui relient Goma, à l'extrémité Nord du lac Kivu, à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, à l'extrémité Sud, sont pris d'assaut par les Gomatraciens en fuite, selon les services maritimes. "Beaucoup de gens fuient Goma par bateau vers Bukavu avec leurs familles, ils se bousculent", a précisé l'un des responsables dans la capitale du Sud-Kivu.
Les combats à l'arme lourde ont repris mercredi entre l'armée congolaise, appuyée par des hélicoptères de l'ONU, et la rébellion de Laurent Nkunda dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) où les civils déplacés se comptent par dizaines de milliers.
Joint par téléphone depuis Kampala, un représentant du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda a affirmé à l'AFP que la rébellion avait l'intention de conquérir d'ici "deux ou trois jours" Goma, capitale de la province du Nord-Kivu frontalière du Rwanda.
"Nous étions positionnés à seulement 15 km de la ville mais la Monuc (Mission de l'ONU en RDC) nous a envoyé ces hélicoptères de combats. Nous pensons que dans deux ou trois jours, nous serons en mesure de prendre la ville de Goma", a déclaré Amani Babu.
Les combats ont repris mercredi matin dans la zone disputée de Kibumba, à 30 km au nord de Goma.
En milieu de matinée, un journaliste de l'AFP qui se trouvait à 10 km au sud de Kibumba a pu entendre des tirs d'obus et de roquettes et voir deux hélicoptères de combat de la Monuc survoler la zone en direction des positions rebelles.
Un des hélicoptères de l'ONU, en tirant, "a touché par mégarde l'une de nos positions", a indiqué un commandant de l'armée congolaise (FARDC), sous couvert de l'anonymat.
La Monuc était déjà intervenue mardi avec ses hélicoptères contre le CNDP, affirmant avoir stoppé sa progression vers Goma.
Des tirs au mortier continuaient d'être échangés mercredi entre l'armée et les rebelles, dont les tirs partaient d'une colline de la localité de Kasizi, frontalière du Rwanda.
Selon un commandant des FARDC qui a requis l'anonymat, les hommes du CNDP sont "appuyés par des blindés rwandais qui pilonnent depuis les collines frontalières nos positions". Sept soldats gouvernementaux grièvement blessés ont été évacués vers Goma, a constaté l'AFP.
Plus au nord, les Casques bleus tenaient mercredi la localité de Rutshuru face à la rébellion, selon le chef des opérations militaires de la Monuc, le colonel Samba Tall. Rutshuru est un important centre administratif.
"Les FARDC ont abandonné mardi leurs positions. La Monuc protège la ville et va rester en protection de la population", a-t-il indiqué, évoquant néanmoins "quelques infiltrations d'éléments rebelles notamment près de l'hôpital de la ville".
Présente dans l'hôpital de Rutshuru, l'ONG MSF-Belgique a assuré qu'elle n'allait pas l'intention d'évacuer les lieux. "Nous avons neuf membres du personnel médical qui sont et travaillent à l'hôpital", a indiqué mercredi sa chargée de communication, Clio Van Cauter.
Des rumeurs avaient fait état d'une évacuation mardi de tous les humanitaires de Rutshuru.
Dans ce contexte explosif, le président rwandais Paul Kagame a refusé mardi une rencontre directe avec son homologue de RDC, Joseph Kabila, assurant que le "problème" concerne "les Congolais", selon Radio Rwanda. Kigali a démenti ces dernières semaines tout soutien au CNDP.
Mardi, des milliers de civils ont fui les divers fronts. De nombreux déplacés par les derniers combats sont entrés dans Goma, où la situation semblait néanmoins calme mercredi.
Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 20.000 personnes avaient déjà fui lundi lors de l'attaque rebelle de Kibumba vers des camps de déplacés.
Mercredi, le diplomate en chef de l'Union européenne (UE) Javier Solana a appelé Laurent Nkunda à la "retenue" et s'est dit "extrêmement préoccupé par la détérioration de la situation au Nord-Kivu".
Le commissaire européen au Développement Louis Michel était attendu mercredi en RDC pour une "visite d'urgence".
Mardi soir, le Conseil de sécurité avait examiné, sans prendre de décision, une requête urgente de renforcement en hommes et matériel de la Monuc. Selon le chef de la Monuc, Alan Doss, environ 6.000 Casques bleus sur les 17.000 constituant la force sont engagés contre la rébellion dans le Nord-Kivu.
l'armée régulière a abandonné Goma
Les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont abandonné mercredi la ville de Goma, dans l'est de la RDC devant l'avancée de la rébellion. "C'est fini", a déclaré une source militaire, précisant que les FARDC allaient se replier vers la localité de Minova, située entre Goma et Bukavu, deux villes distantes d'une centaine de kilomètres. "Il n'y a plus aucun militaire dans la ville", a indiqué un habitant de Goma, sous le couvert de l'anonymat. Les chars de combat des forces gouvernementales qui reviennent du front au nord de Goma "prennent la direction" de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, a-t-il ajouté. Plus tôt dans la journée, 20.000 civils, poussés par un mouvement de panique, avaient convergé vers Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. ou sont passé les generaux des mabanga comme raous, kalume, colonel kasongo etc...
URGENCE
SIT IN DEVANT LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES BELGE POUR EXIGER LE DEPART DE KABILA SUITE A SA COMPLICITE DANS LE MASSACRE DE LA POPULATION DE L EST CE VRANDREDI 31 OCTOBRE 2008 A 14H00 A 16HOO
La Monuc, sans renforts, reste déterminée face aux rebelles
L'ONU est intervenue militairement mardi pour stopper la progression des rebelles de Laurent Nkunda vers Goma dans l'est de la RDC, alors que ceux-ci affirmaient avoir pris la localité de Rutshuru. Mais le Conseil de sécurité n'a pas voté l'envoi de nouveaus renforts.
Rutshuru aux mains des hommes de Nkunda
Les rebelles tutsis du général congolais Laurent Nkunda ont annoncé avoir capturé mardi la localité de Rutshuru, dans le Nord-Kivu, dans l'est du Congo démocratique. "Nous avons pris Rutshuru et la localité voisine de Kiwanja", a déclaré Bertrand Bisimwa, porte-parole des forces rebelles du Conseil national pour la défense du peuple (CNDP).
Auparavant, le chef des opérations de l'armée pour le Nord-Kivu, le colonel Delphin Kahimbi, avait admis qu'il devrait abandonner la ville face à l'avance rebelle qui a débuté dimanche.
Selon le porte-parole des rebelles tutsis, ces derniers ont également encerclé le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, Goma, situé à 100 km plus au sud. Cette dernière information n'a pas, pour le moment, pas pu être confirmée de source indépendante.
L'ONU est intervenue mardi pour stopper la progression des rebelles congolais de Laurent Nkunda vers Goma dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où des milliers de civils continuaient de fuir les fronts qui se multiplient dans le Nord-Kivu.
La Mission de l'ONU en RDC (Monuc) est intervenue avec ses hélicoptères de combat contre les hommes du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda dans la zone de Kibumba, à 30 km au nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.
"Préoccupée", l'ONU ne vote pas l'envoi de nouveaux renforts
Le Conseil de sécurité a examiné mardi, sans prendre de décision, une requête urgente de renforcement de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monuc) pour tenter d'empêcher la rébellion de Laurent Nkunda de prendre Goma (est).
Le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Alain Le Roy, a rendu compte au Conseil de la détérioration de la situation dans l'est de la RDC, où des milliers de civils fuient l'avance des rebelles du général tutsi congolais déchu Laurent Nkunda vers Goma, la capitale du Nord-Kivu.
Selon lui, le président de la RDC, Joseph Kabila, a demandé l'envoi d'une "force multinationale" pour épauler les Casques bleus de l'ONU dans l'est de la RDC.
Le chef de la Monuc, Alan Doss, avait promis peu auparavant que ses forces feraient tout pour arrêter l'avancée des hommes de Nkunda vers Goma et pour faire cesser les combats. S'exprimant de Kinshasa par vidéo-conférence, il avait décrit la situation dans la province du Nord-Kivu comme "très instable" et "tendue" après l'intervention d'hélicoptères de combat de la Monuc pour arrêter une offensive rebelle vers Goma.
Précisant que moins de 6.000 soldats sur les 17.000 de la Monuc luttaient contre les forces irrégulières du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) de Laurent Nkunda dans le Nord-Kivu, M. Doss a demandé l'octroi de deux bataillons d'infanterie légère ainsi que de quelques unités des forces spéciales et de police pour la renforcer.
A l'issue de ses consultations, le Conseil de sécurité s'est contenté d'adopter une déclaration dans laquelle ses membres "expriment leur grande préoccupation devant le regain de violence dans l'est de la RDC et condamnent fermement les opérations offensives".
Les mesures du gouverneur Muzito face à la situation de l'Est
Des décisions importantes se rapportant à la situation prévalant dans l'Est de la RDC ont été prises mardi, a annoncé le Premier ministre Adolphe Muzito,
au sortir d'une réunion présidée au Palais de la nation par le Chef de l'Etat, Joseph Kabila. Le Premier ministre a fait savoir que ces décisions consistent notamment à renforcer la situation dans cette partie du pays, en obtenant des partenaires extérieurs un appui à la MONUC (Mission de l’ONU en RDC) à travers une formule du genre Artémis (Forces de l’Union européenne en RDC il y a quelques années), dont les détails seront donnés dans un communiqué qui sera publié dans les heures qui suivent.
Les présidents de l'Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, les ministres Célestin Mbuyu Kabanga de l'Intérieur et de la sécurité et Charles Mwando Nsimba de la Défense nationale et des anciens combattants, les ambassadeurs des pays membres du Conseil de sécurité en RDC auxquels se sont joints le sous-secrétaire général de l'ONU chargé des Opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, et le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en RDC, Alan Doss, ont pris part à cette rencontre
européen Louis Michel est annoncé en RDC ce mercredi 29/10/08

Le commissaire européen à l'aide humanitaire, Louis Michel, se rendra mercredi en République démocratique du Congo (RDC), afin d'évaluer la situation humanitaire liée aux combats qui font rage au Nord-Kivu.
Louis Michel effectuera une visite de deux jours à Kinshasa, au cours de laquelle il devrait rencontrer le président Joseph Kabila et prendre contact avec le nouveau gouvernement, explique son porte-parole.
Il ne devrait par contre pas se rendre au Kivu, ni au Rwanda, et ne devrait pas rencontrer de représentants de l'opposition armée.
La visite devrait par ailleurs permettre au commissaire de signer avec les autorités congolaises le programme national d'aide au développement entre l'UE et la RDC, qui porte sur un montant de 514 millions d'euros entre 2008 et 2013, dans le cadre du 10e fonds européen de développementse
d évacuer son personnel de GOMAL'ONU en passe d évacuer son personnel de GOMA
Des casques bleus se préparent à évacuer une cinquantaine d'employés d'ONG menacés dans l'est du Congo démocratique par la progression des forces rebelles de Laurent Nkunda.
Le personnel humanitaire concerné travaille dans les environs de Rutshuru, à une centaine de kilomètres au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu. Mardi à l'aube, les rebelles tutsis se trouvaient à moins de dix kilomètres de cette localité.
Un porte-parole de l'agence onusienne de coordination de l'aide humanitaire (OCHA) a déclaré que le convoi était prêt pour l'évacuation. "Le convoi partira dans la journée", a-t-il ajouté.
Radio Okapi, qui bénéficie d'un programme de soutien de l'Onu, a signalé par ailleurs de nouveaux affrontements autour de Kibumba, à 20 km au nord de Goma, où de violents combats se sont produits lundi entre les forces rebelles et l'armée congolaise.
Rutshuru et Kibumba abritent des dizaines de milliers de réfugiés déplacés par des années de combats dans l'est de la République démocratique du Congo.
"A Rutshuru, les populations fuient vers le nord. Nous avons entendu parler d'une évacuation mais pour le moment, nous n'envisageons pas de partir", a dit Axelle de la Motte Saint-Pierre, numéro deux de la mission de Médecins sans frontières au Nord-Kivu.
"La panique est totale en ville. Les combats se déroulent désormais à cinq kilomètres environ de Rutshuru", a déclaré un responsable local, Dominique Bofondo, joint par téléphone.
Le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Nkunda accuse l'armée congolaise de collaborer avec les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), qui intègre des miliciens hutus et d'anciens soldats rwandais impliqués dans le génocide des Tutsis rwandais de 1994.
TÉMOIGNAGES DE GOMA, ENTRE COMBATS ET CHAOS
"Il règne l'atmosphère la pire des trois dernières années. C'est un chaos généralisé, avec des nouvelles de combats et de fuites massives et une confusion dangereuse" : c'est en ces termes qu'une source de la MISNA contactée mardi à Goma décrit le climat du chef-lieu du Nord-Kivu, la turbulente province orientale de la République Démocratique du Congo où sévissent depuis plusieurs mois des combats entre l'armée régulière et les rebelles du Cndp sous commandement du général dissident pro-rwandais Laurent Nkunda. "La situation est très tendue. À partir des informations que nous recevons, de violents combats sont en cours depuis ce matin autour de la ville de Rutshuru. D'après les dernières nouvelles, les hommes de Nkunda ont battu l'armée congolaise et seraient déjà entrés dans la banlieue de la ville. À Kiwanza (un quartier de la périphérie de Rutshuru) se situe une base de la Monuc (mission de l'Onu dans le pays, Ndlr) et nous ignorons la manière dont les casques bleus réagiront", ajoute la source de la MISNA, avant de préciser que des milliers de civils quittent la zone et suivent deux directions : "Certains vont vers le Nord ; d'autres en revanche se dirigent vers Goma". Les informations recueillies par la MISNA confirment que les rebelles du Cndp se sont divisés quant à eux en deux colonnes : alors qu'un bataillon combat pour s'emparer du contrôle de Rutshuru (important carrefour à proximité de la frontière de l'Ouganda et du Rwanda) et de la zone environnante, l'autre se déplace vers le Sud en direction de Goma. En effet, des combats se vérifient également dans la zone de Kibumba, à une vingtaine de kilomètres au nord de Goma, sur l'axe routier qui mène vers Rutshuru, à une cinquantaine de kilomètres plus au nord. "Les militaires congolais perdent du terrain et se retirent peu à peu de leurs positions initiales", ajoute une autre source de la MISNA, particulièrement bien renseignée sur les développements militaires et qui estime vraisemblable la participation de renforts externes au Cndp, qui s'était montré incapable dans les combats des derniers mois de remporter sur le terrain des résultats d'une telle ampleur. "Les soldats de l'armée ont également retiré de la zone quatre des six chars d'assaut qu'ils avaient envoyés sur la ligne de front. À leur retraite tactique vient par ailleurs s'ajouter la véritable débâcle de certains bataillons. Depuis lundi, on voit en effet des militaires en uniforme s'enfuir à pied avec leurs familles, en emportant casseroles et matelas", ajoute notre interlocuteur. Pendant ce temps, aucun bilan des victimes des derniers combats n'est encore disponible. "Nous n'arrivons même pas à compter les vivants, ce n'est donc pas la peine d'envisager de le faire pour les morts", dit un agent humanitaire qui préfère rester anonyme, tout en confirmant que des dizaines de milliers de personnes (peut-être plus de 100.000) se sont mises en route depuis le week-end dernier pour échapper aux violences. "Nous ne sommes pas en mesure de fournir des estimations précises. Nombre des civils en fuite s'étaient déjà enfuis au cours des dernières semaines et les affrontements empêchent les déplacements et de vérifier les chiffres", dit à la MISNA une source du Bureau de coordination des Affaires Humanitaires (Ocha ou Bcah) des Nations Unies, commentant les déclarations du gouverneur du Nord-Kivu qui a parlé mardi, à la radio, de "deux millions de personnes déplacées" : un chiffre que certains coopérants humanitaires jugent excessif, préférant donner une estimation de 1.300.000 personnes au maximum. À ce cadre déjà complexe s'est ajoutée au cours des dernières heures la nouvelle de la démission du général espagnol placé à la tête de la Monuc. "La Monuc est paralysée. Aujourd'hui, toutes les réunions ont été annulées et les véhicules ne circulent pas pour éviter des tensions avec la population qui proteste toujours contre l'immobilisme des casques bleus et de la communauté internationale", ajoute la source de la MISNA à Goma. La riposte des soldats de maintien de la paix à la manifestation des civils qui a eu lieu lundi dans le chef-lieu du Nord-Kivu contre le siège local de la mission des Nations Unies a également contribué à accentuer les tensions entre la population locale et la Monuc. En effet, selon des sources bien informées, pour disperser la foule qui lançait des pierres contre la base de l'Onu, les casques bleus auraient ouvert le feu, tuant deux civils au moins (certains parlent même d'une troisième victime) et un militaire congolais. Des informations devant encore faire l'objet de confirmation font par ailleurs état du décès de deux casques bleus : un atteint à la tête par une pierre et l'autre tué par la colère de la foule. (MZ/CN) | ||
Des milliers de civils en fuite en RDC, l'ONU attaque les rebelles
Des milliers de civils continuaient mardi à fuir les combats dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) entre l'armée et les rebelles de Laurent Nkunda, dont l'ONU dit avoir stoppé la progression vers Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.
Ces déplacés fuient les affrontements qui ont éclaté lundi dans la localité de Kibumba, à 30 km au nord de Goma, et se poursuivaient mardi. Sur la route, à une dizaine de km au sud de Kibumba, des dizaines de soldats de l'armée congolaise (FARDC) refluaient vers Goma dépassés par des blindés de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc).
Stratégie de guérilla
"Nous nous efforçons de sécuriser les centres urbains, la politique du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda) qui consiste à pousser les déplacés vers les villes est inacceptable", a affirmé la porte-parole de la Monuc à Goma, Sylvie Van der Wildenbeg.
Selon elle, la rébellion a adopté depuis dimanche "une stratégie de guérilla en ouvrant de multiples fronts" afin de disperser les forces gouvernementales et de la Monuc - le CNDP a tiré lundi sur la base de la Monuc à Kibumba, blessant un Casque bleu. Militairement, la situation était assez confuse mardi. La Monuc est intervenue avec ses hélicoptères de combat.
Combats multiples
"L'utilisation de nos hélicoptères de combat contre le CNDP dans la zone de Kibumba vient de permettre de disperser les rebelles et de bloquer leur progression", a indiqué Mme Van der Wildenberg. Mais des combats étaient aussi signalés plus au nord, vers le centre administratif de Rutshuru, à une centaine de km de Goma, où l'ONU a un temps envisagé d'évacuer le personnel humanitaire avant d'y renoncer à cause de la dégradation de la situation sécuritaire dans cette zone.
"Nous sommes à 4 km de Rutshuru centre", a affirmé le porte-parole du CNDP, Bertrand Bisimwa. "Les FARDC ont relancé ce matin les combats contre nos positions. Nous sommes aussi à 16 km de Goma", a-t-il ajouté, sans que cela soit confirmé de source indépendante. Une grande partie des civils en fuite se sont arrêtés dans la localité de Kibati, à 6 km de Goma, où se trouve un camp de déplacés de guerre.
Déplacés
Depuis la reprise des combats le 28 août, en violation d'un cessez-le-feu signé en janvier, Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir activement le CNDP, ce que Kigali dément. Le commissaire européen au Développement Louis Michel effectuera à partir de mercredi une "visite d'urgence" en RDC pour évaluer les besoins engendrés par les combats.
Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué mardi qu'il allait aider 20.000 personnes, qui ont fui lundi lors de l'attaque rebelle de Kibumba et sont déjà dans des camps de déplacés, ainsi que 10.000 autres des villages alentours qui ont également fui. Depuis le 28 août, les affrontements dans le Nord-Kivu ont jeté sur les routes quelque 200.000 personnes de plus.
28 octobre 2008
Les rebelles nkundistes approchent de Goma, la Monuc impuissante
Près de 20 000 civils ont fui lundi les combats entre la rébellion congolaise de Laurent Nkunda et l'armée dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Les rebelles, qui ont lancé une offensive durant le week-end, se sont approchés ce lundi de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, provoquant un vent de panique dans la ville et la colère de la population qui a manifesté devant le siège de la Mission des Nations unies en RDC (Monuc). Dans ce contexte, la démission du commandant de la Monuc pour « raisons personnelles » ne trompe personne.
Après avoir pris dimanche le contrôle de la base militaire de Rumangabo, au nord de Goma, les rebelles de Laurent Nkunda ont progressé lundi en direction de Goma. Ils ont attaqué notamment le village de Kibumba, à une trentaine de kilomètres de la capitale du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Du coup, des troubles ont éclaté à Goma lundi matin, accompagnés d'un vent de panique.
Des Casques bleus ont dû tirer en l'air pour disperser les manifestants devant le siège de la Monuc à Goma.
Pendant ce temps à New York, l'ONU annonçait la démission du commandant des Casques bleus de la Monuc, le général espagnol Vicente Diaz de Villegas, officiellement pour des « raisons personnelles ». Nommé il y a deux mois, le général Vicente Diaz de Villegas avait pris ses fonctions depuis seulement trois semaines. De source diplomatique, on indique cependant que le général Diaz estime que la Monuc n'a pas les moyens de faire face à sa tâche, alors qu'elle est confrontée à une nette détérioration de la situation dans l'est de la RDC.
L'ONU préoccupée par les attaques des rebelles : le Conseil de sécurité se réunit ce mardi
« Depuis plusieurs semaines, l'ONU demande au Conseil de sécurité de muscler sa mission. Jusqu'ici le Conseil a toujours refusé, mais la situation change tous les jours.»
| La terrible impuissance de la Monuc |
Si l'ONU à New York n'a guère semblé ces derniers mois prendre la mesure de la situation à l'est du Congo, la démission du commandant des forces de la Monuc va peut-être provoquer un électrochoc .Cette démission du Général Diaz de Villegas, trois semaines seulement après son arrivée à Kinshsa, tire la sonnette d'alarme. La Monuc est aujourd'hui totalement paralysée et la question que beaucoup de monde se pose, c'est - à quoi sert la mission onusienne, puisqu'elle se révèle incapable de remplir son mandat de protection des populations, prise entre l'enclume et le marteau. Le gouvernement congolais dont l'armée subit de lourdes défaites voudrait qu'elle se batte contre la rébellion du CNDP. Les rebelles de Laurent Nkunda, eux, jugent qu'elle a perdu sa neutralité et la considèrent désormais comme un ennemi. Casques bleus et personnels civils sont également pris pour cible par des manifestants manipulés mais légitimement excédés. Le Général démissionnaire a visiblement estimé qu'en l'état, la Monuc ne disposait ni d'un format militaire suffisant, ni d'un cadrage clair pour imposer un règlement politique de cette nouvelle crise. Après les élections de 2006, la communauté internationale s'est désinvestie, considérant qu'elle avait réussi la pacification du Congo. La Monuc a pâti de cette erreur de jugement. Deux ans plus tard, la guerre fait rage et plus d'un million de Congolais sont déplacés dans le nord Kivu. Leurs souffrances laisseront-elles la communauté internationale résignée et impassible ? |
Roger Rachidy Tumbula
Maire de Goma
La population a pensé, à tort, que la Monuc ne l'assiste pas
Sylvie Van Den Wildenberg
La porte-parole de la Monuc à Goma
« Il y a des gens qui ont une tendance à jeter le blâme sur la Monuc pour tous les maux qui se passent dans cette province. »
