Le procès contre Thomas Lubanga Dyilo, ex-chef d’une milice sévissant en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, demeure suspendu. La décision a été annoncée hier par la Cour pénale internationale (Cpi) de La Haye, rejetant un recours des magistrats qui demandaient la réouverture du procès. La Cour d’appel, présidée par le juge Sang-Hyun Song, a établi que la suspension de la procédure n’implique pas la remise en liberté de l’accusé, considérée “non nécessaire à ce stade”. Mi-juin, une semaine avant le début du procès, la Chambre de première instance de la Cpi avait décidé la suspension du procès, sur demande de la défense qui objectait aux ministères publics de ne pas avoir rendu publics les documents prouvant les accusations contre Lubanga. Durant l’audience qui s’est tenue aujourd’hui, les juges de la Cour d’appel ont réaffirmé la validité de la suspension contre une demande d’annulation de l’accusation. Arrêté en 2005 dans la capitale congolaise Kinshasa, Lubanga est accusé d’une série de crimes de guerre, dont l’enrôlement forcé d’enfants soldats et leur implication dans les combats entre septembre 2002 et août 2003.[

PROVINCE ORIENTALE: LA POPULATION RIPOSTE À UNE INCURSION DE LA LRA

Une nouvelle incursion des rebelles ougandais de l'Armée de résistance du seigneur (Lra, Lord’s resistance army) à Bangadi, un village de la Province Orientale situé à 125 kilomètres au nord de Dungu, a été confirmée par des sources locales de la MISNA. Arrivés de nuit, les rebelles ont pris pour cible la population, interceptant les passants et s'appropriant tout ce qu'ils trouvaient. Selon la source de la MISNA, la population locale a alors riposté en tendant à son tour une embuscade, qui a donné lieu à des affrontements entre les deux camps, soldés par le décès de six Congolais et d'un rebelle. Quant au nombre de blessés, il est toujours incertain. Pendant ce temps, l'armée tente de reprendre le contrôle du territoire - l'un des plus reculés du Congo -, théâtre depuis un mois de diverses incursions de groupes du mouvement armé ougandais, qui a construit plusieurs bases dans la forêt depuis 2006. Jusqu'au mois dernier, à l'exception d'incidents sporadiques, les rebelles n'avaient jamais fait preuve d'agressivité à l'encontre de la population locale. Mais à la mi-septembre, en attaquant le village de Duru, ils ont brûlé les habitations, la mission combonienne locale et pris en otage une centaine d'adolescents dont on n'a plus aucune nouvelle. Les incursions ont en outre obligé des milliers de personnes à abandonner leurs foyers : d'après certaines estimations, près de 3000 personnes déplacées se trouvent à Dungu, plusieurs milliers dans les campagnes environnantes et au moins 5000 dans la ville sud-soudanaise de Yambio. (GB/CN)
[CO]