Décidément, la voirie urbaine de la capitale congolaise est laissée à son triste sort. Celui de délabrement, obligeant automobilistes à traverser la «lacune Manzengele», non sans difficulté. En effet, si les gros véhicules, les Jeeps 4 X 4 et autres engins roulants arrivent à passer, les voitures ne le peuvent pas. Au risque de s’embourber et d’être englouties par les eaux de «Manzengele».

En dépit de la sonnette d’alarme lancée par la presse aux autorités compétentes, durant la saison sèche et à plusieurs reprises, ces dernières ont fait la sourde oreille. Cela non seulement en ce qui concerne «Libulu Manzengele», le vrai, mais aussi concernant toute la voirie de la ville, avec des routes défoncées à plusieurs endroits et jonchées de nids-de-poule.

Pour Manzengele, l’Hôtel de ville de Kinshasa a décidé de voler à son secours des usagers de cette artère en attendant que le gouvernement central, s’y mette. Aussi s’est-il contenté d’une solution palliative en remplissant le trou béant par du moellon et de la caillasse.

Lesquels se sont révélés peu efficaces pour contenir le poids des véhicules et les eaux de pluies.

Dame la pluie qui est tombée hier lundi 20 octobre sur la capitale, de 4h00’ à 11h00’, a aggravé la situation du «fameux» Libulu Manzengele et a rendu impraticables plusieurs artères de la capitale. Même si on n’a pas enregistré des dégâts matériels et humains, cette averse a, comme d’habitude, entraîné la rareté de moyens de transport en commun. Taxis et taxis-bus se comptaient sur les bouts de doigts. Ce qui a occasionné des retards aux lieux de service et perturbé l’emploi du temps de certaines personnes.

La rareté des véhicules sur les artères de la ville s’est expliquée, selon M. Mavila, conducteur de bus, par la présence des flaques d’eaux sur les artères. «C’est hasardeux de rouler sur une chaussée parsemée de trous et autres nids-de-poule remplis d’eau. Un ou les deux pneus avant peuvent très vite se retrouver dans un trou. Ou encore, il est difficile d’éviter un obstacle qui peut être source d’une crevaison», a-t-il fait remarquer.

Et un autre automobiliste d’ajouter : «Quand on sait combien coûte un pneu, il y a de quoi attendre la fin de la pluie. En outre, si vous travaillez pendant qu’il pleut, vous risquez de ne pas totaliser le montant du versement journalier. Vous serez dès lors obligé de prendre la différence à votre compte. Pour le cas d’une pluie matinale, autant dire au propriétaire du véhicule qu’on ne va travailler que pour une demi-journée. Car les gens doivent d’abord s’abriter jusqu’à ce qu’il cesse de pleuvoir».