Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé mardi au cessez-le-feu dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et condamné les récents propos du chef rebelle Laurent Nkunda appelant à un soulèvement national.

Dans une déclaration lue par son président en octobre, l'ambassadeur de Chine Zhang Yesui, le Conseil "exprime sa profonde préoccupation face au regain de violence" dans l'est de la RDC et "aux conséquences qui pourraient s'ensuivre pour la région". Il "demande instamment à toutes les parties d'observer immédiatement un cessez-le-feu".

Réaffirmant que la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RDC doivent être respectées, le Conseil demande à nouveau à tous les groupes armés "de déposer immédiatement les armes et de se présenter sans plus tarder et sans conditions préalables aux autorités congolaises et à la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) en vue de leur désarmement, rapatriement, réinstallation ou réintégration".

Il réaffirme la validité des processus de Goma et de Nairobi pour parvenir à la stabilisation de l'est du pays et exhorte toutes les parties à ces accords "à s'acquitter de leurs engagements de manière effective et de bonne foi".

À ce propos, le Conseil "condamne avec force les récentes déclarations de Laurent Nkunda appelant à un soulèvement national."

Des combats opposent depuis le 28 août le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du général tutsi déchu Laurent Nkunda aux Forces armées de RDC (FARDC) dans les collines du Nord-Kivu, en violation d'un cessez-le-feu issu de l'accord de paix de Goma, la capitale provinciale, signé en janvier 2008.

Début octobre, Nkunda a appelé tous les Congolais "à se mettre debout contre un gouvernement qui a trahi son peuple" et affirmé la détermination de son mouvement à "porter sa lutte jusqu'à la libération du peuple".

Par ailleurs, le Conseil "engage les gouvernements de la RDC et du Rwanda à s'efforcer d'urgence de régler leurs différends".

Il engage également le gouvernement de la RDC à "faire en sorte qu'il n'y ait aucune coopération entre des éléments des FARDC et les FDLR" et demande aussi aux gouvernements de la région de "cesser tout soutien aux groupes armés" de l'est de la RDC.

Basées dans cette zone, les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) regroupent quelque 6.000 combattants hutus, dont certains ont participé au génocide rwandais.

Kinshasa accuse régulièrement le Rwanda voisin de soutenir la rébellion de Nkunda, ce dernier accusant en retour Kinshasa d'être allié aux FDLR.

Le Conseil se contente en outre de "prendre note" de la demande de moyens supplémentaires pour la Monuc formulée le 3 octobre par le représentant de l'ONU en RDC, Alan Doss. Il prie le secrétaire général, Ban Ki-moon, de lui faire des recommandations à cet égard.

Avec plus de 17.000 soldats, la Monuc est la plus importante force de maintien de la paix de l'ONU, mais elle doit aider les forces gouvernementales à faire régner l'ordre dans une région immense et instable depuis des années, aux confins du Rwanda, de l'Ouganda, du Soudan et de la République centrafricaine.

Enfin le Conseil condamne les récentes attaques lancées en RDC par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA, groupe rebelle ougandais), et rappelle les actes d'accusation établis par la Cour pénale internationale contre des dirigeants de la LRA, notamment pour enrôlement d'enfants par enlèvement, constitutif de crime de guerre.