"Les deux missionnaires comboniens italiens qui se trouvaient à Duru n'ont pas été enlevés par les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du seigneur (Lord’s resistence army, Lra)", a dit à la MISNA le Secrétaire général des missionnaires comboniens, Père Umberto Pescantini, démentant ainsi officiellement les informations diffusées lundi par certaines sources de presse en vertu d'un communiqué du Fonds pour l'Enfance des Nations Unies (Unicef) faisant état de l'enlèvement de "deux missionnaires italiens" dans une attaque menée mercredi soir par les hommes de la Lra dans la zone de Dungu (dans la Province Orientale, située dans l'Est de la République Démocratique du Congo, à la frontière soudanaise), et plus précisément dans les agglomérations de Duru, Kiliwa et Nambia. Les trois prêtres comboniens, deux Italiens - Mario Benedetti et Ferruccio Gobbi - et un Soudanais - Peter Magalasi -, qui se trouvaient à Duru, représentent la seule présence missionnaire de la zone reculée du Parc de la Garamba. "Tous trois se trouvent maintenant à Yambio (premier village habité de l'autre côté de la frontière, en territoire soudanais, Ndlr) et attendent les papiers nécessaires pour se rendre en Ouganda, chez leurs confrères", ajoute Père Pescantini à la MISNA. Les trois missionnaires comboniens s'étaient séparés mercredi soir pendant l'attaque de la Lra contre Duru. Père Gobbi et Père Magalasi avaient immédiatement pris la fuite avec une partie de la population civile de Duru de l'autre côté de la frontière, au Soudan, trouvant refuge chez l'évêque de Yambio, tandis que Père Benedetti était resté en ville avec le reste des habitants qui n'avaient pas voulu abandonner le village. Ensuite, pendant le week-end, le dernier missionnaire italien présent à Duru s'est rendu à son tour au Soudan et a rejoint ses confrères. Tel que la MISNA l'avait déjà rapporté (cf. les archives République Démocratique du Congo de la MISNA de vendredi 19 septembre, à 10h59), l'attaque des rebelles de la Lra contre Duru s'est avérée l'une des plus violentes des derniers mois. Pendant l'incursion en effet, au moins quatre personnes ont été tuées, une centaine d'habitations brûlées (dont plusieurs centres missionnaires) et plus de 40 personnes, des enfants pour la plupart, ont été prises en otages par les rebelles, probablement pour porter leur butin. Les plus petits villages de Kiliwa et Nambia ont connu le même sort. Installés depuis des mois dans la forêt de la zone, les rebelles étaient arrivés dans la nuit de mercredi à jeudi dans l'aire de Duru, en quête de nourriture et de biens à piller. La semaine dernière, l'armée congolaise avait annoncé le déploiement de quelque 2000 soldats dans la zone de Dungu afin de mettre fin aux vexations commises par les rebelles ougandais à l'encontre des habitants locaux. Le groupe protagoniste du conflit qui a sévi pendant 20 ans au Nord-Ouganda et qui est engagé depuis près de deux ans dans un délicat et complexe processus de paix au Sud-Soudan, a été accusé à plusieurs reprises au cours des derniers mois de s'en prendre à la population de la zone par le biais de pillages, d'attaques, d'enlèvements et de violences. Selon la commission diocésaine de Justice et Paix de Dungu, les villages de Duru, Diabio et Doruma (à 85 kilomètres de Dungu) sont les plus affectés par les violences de la Lra. Un bilan dressé par cette même source indique que depuis fin décembre, les rebelles ougandais ont tué neuf personnes et en ont enlevé 50 autres. En dépit des progrès réalisés sur le front des négociations, l'officialisation d'un accord de paix entre le gouvernement ougandais et la Lra stagne depuis de longs mois, le chef du mouvement étant effrayé par le mandat d'arrêt international émis à son encontre.