Au Congo, il y a la scène, et aussi les coulisses. Sur scène, il est, encore et toujours question des fameux contrats chinois : ils sont examinés par le Parlement, qui représente après tout la seule instance légitimes, bien plus que les ambassades européennes ou des ONG autoproclamées gardiennes de la transparence (sauf lorsqu’il s’agît de leur propre bureaucratie…)Sur scène aussi, les vertueuses indignations et motions de soutien au président, où l’on défend avec raison la souveraineté du pays, mais sans trop s’appesantir sur le bien fondé des reproches et sans demander que soit ouvert le 6 eme chantier, celui de la lutte contre la corruption..

Dans les coulisses, il se passe des choses bien étranges : à Lubumbashi, un ressortissant français encore non identifié a été retrouvé mort en prison. Il avait subi des violences, mais on ignore si elles ont entraîné son décès, ou s’il aurait succombé à une crise d’hypotension diabétique. Bizarre : il serait entré illégalement, aurait veillé des soupçons et… aurait disparu dans un cachot. A Kinshasa aussi, c’est au cours d’un simple « incident » que l’ancien ministre de la Défense du RCD Goma Adolphe Onosumba a été grièvement blessé, au point de devoir être envoyé d’urgence en Afrique du Sud. Il aurait été agressé par des hommes en armes, d’anciens militaires, et apparemment victime d’un acte de banditisme. Il n’empêche que c(‘est un bien mauvais signal, auquel s’ajoutent des concentrations de militaires autour des prisons de Makala à Kinshasa et de Buluwo à Lubumbashi… S’agirait il de transférer des prisonniers sensibles, ou d’empêcher d’éventuelles tentatives d’évasion ?
L’expérience nous a appris qu’au Congo aussi, les diables se trouvent dans les détails. Et l’inquiétude que les contrats chinois suscite dans les rangs occidentaux, Belgique en tête, incite à penser qu’aucun incident ne doit être négligé ou sous estimé……


Colette Braeckman