KINSHASA (AFP) - mardi 03 avril 2007 - 15h31 - L'ex-vice-président congolais Jean-Pierre Bemba était toujours mardi dans l'attente d'une évacuation sanitaire vers le Portugal, près de trois semaines après des violences meurtrières entre sa garde et l'armée régulière à Kinshasa.

L'adversaire malheureux du président Joseph Kabila à la présidentielle de 2006 est "hébergé" depuis le 22 mars dans une résidence de l'ambassade d'Afrique du Sud à Kinshasa.

La garde rapprochée de l'ex-chef rebelle, qui a combattu le régime de Kinshasa pendant la dernière guerre en République démocratique du Congo (1998-2003), a été totalement défaite par l'armée régulière. Les violences ont fait plus de 200 morts, selon des sources diplomatiques.

Le sénateur Bemba, leader du premier parti d'opposition en RDC, souhaite être soigné au Portugal suite à une fracture de la jambe, pour laquelle il avait déjà été soigné en décembre 2006 dans une clinique de Lisbonne.

Dimanche, l'ambassadeur du Portugal en RDC, Alfredo Duarte Costa, avait déclaré qu'un "accord de principe" était acquis pour une évacuation sanitaire de M. Bemba, qui s'était engagé par écrit à n'avoir "aucune activité politique" au Portugal.

"Il faut simplement que du côté des autorités congolaises, l'accord verbal donné au départ de M. Bemba pour des soins devienne un accord écrit", avait ajouté M. Duarte Costa.

Mardi, une autre source diplomatique a indiqué que "l'accord de principe (était) toujours valable". "Mais les choses traînent. On ne sait pas très bien pourquoi".

Joint à Lubumbashi (sud-est), où le président Joseph Kabila séjourne depuis quelques jours, un de ses collaborateurs a confirmé que "le président (avait) donné son accord" mais qu'il y avait encore de "petites choses à régler".

"Il n'y a pas de blocage au niveau de la primature", affirmait de son côté Godefroid Mayobo, le porte-parole du Premier ministre Antoine Gizenga. "Le Premier ministre n'a simplement pas été saisi dans cette affaire", a-t-il ajouté.

Pour un analyste politique occidental à Kinshasa, si le principe d'une évacuation sanitaire de l'ex-vice-président semble acquise au plus haut niveau de l'Etat, la majorité reste divisée sur cette question.

"Il y a dans le camp Kabila et Gizenga des extrémistes qui voudraient voir Bemba passer devant les tribunaux pour +haute trahison+, et qui font tout pour ralentir les choses", a-t-il indiqué.

Le gouvernement a accusé le sénateur Bemba, qui s'opposait pour des raisons de sécurité à l'intégration de ses hommes à l'armée régulière, d'avoir entretenu "une milice".

Le parquet général a ouvert le 23 mars une "information judiciaire" qui pourrait déboucher sur des poursuites contre M. Bemba, qui est couvert par son immunité parlementaire et reste théoriquement libre de ses mouvements.