Le dossier du départ de Jean-Pierre Bemba au Portugal n’a pas encore atterri sur la table du Premier ministre Antoine Gizenga.
Selon une rumeur qui a circulé avec persistance pendant le week-end dans les milieux politiques de Kinshasa, le cabinet du Premier Ministre, Antoine Gizenga, aurait déjà été saisi du dossier de demande de sortie du sénateur Jean-Pierre Bemba pour le Portugal. Le Phare a appris, après vérification, que le dossier n’a pas encore atterri sur la table de travail du chef du gouvernement.

Mais, à en croire une source proche de la Primature, les services compétents seraient disposés à l’examiner au cas où il devrait transiter par le cabinet du Premier ministre.

Selon la même source, compte tenu de sa délicatesse, l’examen éventuel de son contenu devrait se faire à la lumière de la procédure judiciaire à appliquer au sénateur Jean-Pierre Bemba. La question de fond devrait consister à savoir si l’intéressé cherche à sortir du pays pour une raison plausible ayant trait à sa santé ou s’il s’agirait d’un faux fuyant.

Le dossier judiciaire en veilleuse

Des informations parvenues le week-end au Phare indiquent qu’au stade actuel, le dossier judiciaire de Jean-Pierre Bemba est encore en veilleuse. Le Parquet Général de la République, laisse-t-on entendre, serait toujours dans l’attente des conclusions des enquêtes diligentées en vue d’établir les responsabilités dans les affrontements armés du 22 au 23 mars 2007 entre les troupes des Fardc et celles chargées de la sécurité de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba.

Avant toute poursuite judiciaire à l’endroit de ce dernier, précise-t-on, il faudrait que soit établie formellement, sa part de responsabilités dans lesdits événements et que soit levée, par le Sénat, son immunité.

Sortie très « encadrée »

A entendre parler l’ambassadeur du Portugal à Kinshasa, dans son entretien avec Radio Okapi, il ne fait l’ombre d’aucun doute que la sortie de Jean-Pierre Bemba pour l’étranger, si elle était autorisée, serait « très encadrée ». Cet encadrement partirait des engagements écrits du précité et du gouvernement congolais pour s’étendre au « code de bonne conduite » à observer par le candidat à un exil qui ne dit pas son nom.

En effet, de l’avis de nombreux observateurs avisés, l’interdiction faite à Jean-Pierre Bemba de n’entreprendre en territoire portugais aucune activité politique de nature à gêner le pouvoir en place à Kinshasa est d’ordinaire appliquée aux demandeurs d’asile politique. D’où l’opinion est en droit de se demander si le séjour portugais du « Chairman » ne cacherait pas, dernière l’écran sanitaire, un départ négocié en exil.

Vers des ajustements politiques

Dans le microcosme politique de Kinshasa, l’on s’attend de plus en plus à une absence prolongée de Jean-Pierre Bemba de la RDC. Une telle situation devrait fatalement entraîner des ajustements politiques tant au niveau du Mouvement de Libération du Congo (MLC) que de l’Union pour la Nation (UN), les deux structures politiques que préside le sénateur.

De nouveaux ténors seraient sans doute désignés pour « gérer » l’opposition forte et républicaine annoncée par l’ancien challenger de Joseph Kabila au second tour de la présidentielle, dès le lendemain de la confirmation de sa défaite électorale par la Cour Suprême de Justice.

Kimp.

© Copyright Le Phare