Commandement

des Forces Patriotiques Congolaises (FPC/FNR)
GOMA, RD Congo

Goma, le 20 janvier 2007

DENONCIATION DU NOUVEAU PLAN DE COLONISATION DU NORD-KIVU CONCLUE PAR LE RWANDA ET LE PRESIDENT JOSEPH KABILA


Après avoir enregistré plusieurs plaintes et cris d’alarmes de fils et filles du Nord-Kivu, le Commandement des Forces Patriotiques Congolaises, branche armée du Front National pour

la Résistance

(FNR), a tenu une réunion le 18 janvier 2007 à Goma pour évaluer la situation politico-sécuritaire consécutive à la gestion du dossier de l’insurréction de Mr Nkundabatware par les autorités des FARDC selon les consignes du Président de

la République

, Mr Joseph Kabila.

Les Forces Patriotiques Congolaises ont l’amerture d’informer à l’opinion tant nationale qu’internationale que la manière dont cette crise est entrain d’être gérée constitue ni plus ni moins un mépris à l’endroit de notre population victime des exactions de tous genres commises par les insurgés. Bien plus, le traitement préférentiel réservé à ces insurgés est une injure contre toutes les autres formations armées congolaises qui, pour l’intérêt général de leur patrie, s’étaient pliées aux dispositions convenues qui avaient institué le principe de brassage des troupes.

Nous tenons à porter la conscience du peuple congolais et à la communauté internationale que la population du Nord-Kivu se sent profondément décue par le Président Joseph Kabila en qui elle avait pourtant confiance et pour qui elle a voté à presque 100%.

Pour commencer, contrédisant les propres déclarations du Président de

la République

lors de sa visite à Sake en décembre dernier, les populations du Nord-Kivu ont été surprises d’abord par des rumeurs puis par des déclarations radiodiffusées faisant état des négociations avec les forces retrogrades du sinistre Nkundabatware. Plus grave encore, les mêmes négociations se seraient tenues au Rwanda, un Etat jusque là ennemi à

la R D

Congo. A quelle médiation assurée par le Rwanda un Congolais sensé peut-il s’attendre? Premier acte de trahison !

Deuxièmement, un principe nouveau de mixage est mis sur pied. En réalité, il n’est autre que l’acceptation de ce que la bande à Nkundabatware a toujours reclamé, à savoir rester déployée au Nord-Kivu, aussi proche du Rwanda que possible, pour continuer à assurer la main-mise de ce petit pays sur le vaste Congo. Accepter ce principe trahit le courage et la bonne foi de militaires congolais venus du MLC, des FAC, des Maï Maï, du RCD, des ex-FAZ et d’autres mouvements politico-militaires qui avaient volontier accepté de servir sous le drapeau, partout au Congo. Deuxième acte de trahison !

Troisièmement, les insurgés n’ont déclaré que 1 800 hommes. Il est curieux à tout congolais ayant de connaissances  militaires même élémentaires d’imaginer que les autorités des FARDC acceptent une telle distraction. Peuvent nos autorités militaires reconnaitre vraiment que toutes les quatre ou cinq brigades des FARDC sont si faibles pour ne pas être capable d’en finir avec 1800 hommes éparpillés sur un territoire aussi vaste allant de Masisi-Centre jusqu’au nord de Rutshuru en passant par Sake et Bunagana ? Ces nombres sont ridicules, fantaisistes et les accepter constituent un dédain à l’égard de notre armée qui est par là indirectement traitée d’incapable. Troisième acte de trahison !

Quatrièmement, les contrées désignées où les fameuses brigades mixées seront déployées indiquent les motivations réelles de ce projet macabre. Tenez, la première brigade dite mixée sera déployée dans le Rutshuru, c’est à dire le long de la frontière avec le Rwanda. Quand on sait que les insurgés se sont tant battus (batailles de Bunagana, Jomba et Runyoni) pour garder sous leur controle cette frontière qui en fait constitue leur « porte » par laquelle passent leurs ravitaillements, renforts et transactions maffieuses, les déployer dans ce même coin n’est autre que leur donner libre passage officiellement et même leur reconnaître une plus grande liberté de manoeuvre qu’ils n’en avaient avant les derniers affrontements. Les entrées et les sorties non-controlées des sujets rwandais comme ce fût au temps sinistre du RCD Goma sont donc de nouveau consacrées. Ceci n’est pas un hasard, mais plutôt cadre bien avec les déclarations hérétiques de Nkundabatware selon lesquelles il y auraient 40 000 Congolais réfugiés au Rwanda qui doivent rentrer au Congo. Avec la fameuse brigade mixée à Rutshuru, ces sujets rwandais, candidats à l’infiltration au Congo au nom des réfugiés dits congolais, pourront entrer en toute discrétion sans trop gêner les nationalistes congolais qui dénonceraient ces actes. Quatrième acte de trahison !

Cinquièmement, pendant que la première brigade mixée susmentionnée s’occupera de la « porte » d’entrée, la deuxième brigade sera déployée à l’intérieur des territoires de Masisi, de Rutshuru et dans certaines contrées Est de Walikale, pour se rassurer que les infiltrés sont installés sur les terres des congolais en toute quiétude et que toute tentative de dénonciation de l’opération est matée à la source. C’est ainsi que le retour au slogan de la « chasse aux interahamwe » cher à Kagame et à ses disciples redeviendra à l’ordre du jour d’ici peu. Tout celui qui tentera de s’opposer à ces plans ou les dénoncera, sera traité d’Interahamwe, et sera pourchassé par cette brigade mixée pourtant dite appartenir aux FARDC, comme pour dire que les FARDC sera bientôt entrain d’exécuter un plan conçu par le Rwanda, profitant au Rwanda et sacrifiant les congolais. Couvrir ce genre d’actes qui vont non seulement priver définitivement les citoyens congolais de leurs terres qui leur restent encore mais aussi qui va certainement s’accompagner de nouvelles exactions et tueries constitutent la plus grande trahison qui puisse exister. Cinquième acte de trahison !

Au Président Joseph Kabila
Nous vous tenons pour responsable de tout ce qui passe et qui va suivre dans le Nord-Kivu. La déception de la population du Nord-Kivu et de tout le grand Kivu est totale et indescriptible. Cette population se sent roulée et trahie du fond de son coeur. Elle prend acte de votre abandon. Ce qui se passe actuellement au Nord-Kivu met à nu votre vraie nature et votre véritable camp. Nous vous informons simplement que nous resisterons, car ceci n’est pas notre premier malheur. Grâce à Dieu et à nos encêtres, le Nord-Kivu sera préservée des prédateurs et envahisseurs, quels qu’en soient les maîtres et leurs complices. Nous nous retrouverons en 2011, si vous y serez !

A la communauté internationale
Vous êtes temoins, à travers

la MONUC

, de ces machinations qui en rien ne contribuent à la paix en République Démocratique du Congo.

La MONUC

est même vue par beaucoup d’être parrain à ces macabres trahisions dites négociations, on ne sait pour quel intérêt. Nous demandons à toute la communauté internationale d’user de leur influence pour convaincre Joseph Kabila et son homologue rwandais à cesser de prendre des initiatives qui ne font que frustrer les populations congolaises et qui élargissent le fossé déjà énorme entre les rwandais et les congolais. Le brassage des troupes anciennement bélligérantes s’appliquant à tous, nul ne devrait y échapper, sous quelque prétexte que ce soit. Il en est de même de la justice. Un criminel recherché demeure un danger public, soit il un Nkundabatware. La politique de deux poids deux mesure ne saurait nullement apporter la paix dans la sous-région des grands lacs.

APPEL A

LA RESISTANCE


·        A la nation congolaise :
De tout ce qui précède, les Forces Patriotiques Congolaises appellent tous les compatriotes congolais, de toutes les onze provinces qui forment aujourd’hui notre cher et beau pays, à se léver  comme un seul homme pour encore une fois opposer une résistance aux forces de l’occupation qui aujourd’hui agissent avec la bénédiction du Président que nous avons érronement et malheureusement voté si massivement. Il est clair que pour tout citoyen qui veut protéger le minimum de dignité nationale qui nous reste encore, ce qui se passe actuellement au Nord-Kivu constitue une humiliation nationale, dégoûtante et condamnable et à laquelle nous devons résister jusqu’au bout. 

·        Aux militaires congolais des FARDC
Nous vous rappelons que vous avez rejoint l’armée nationale pour défendre l’intégrité du territoire et non servir de couverture aux groupes et nations ennemies dans leurs plans de nuire au Congo. Nous apprécions le courage que nombreux d’entre vous ont manifesté lors des batailles de Sake, de Tongo, de Bunagana et environs. Nous sommes conscients que nombreux sont ceux qui veulent à tout prix régler cette crise de la manière qui honore le Congo et son armée. Mais nous comprenons la frustration qui est la vôtre de voir votre Commandant Suprême accorder des concessions honteuses pour la nation à un groupe de criminels dirigé par un homme recherché par la justice congolaise et internationale. Nous vous demandons instamment de privilégier l’intérêt du pays, c’est à dire de ne jamais permettre à l’ennemi de prendre le dessus sur vous et votre pays. Ne vous attaquez jamais à vos compatriotes qui seront entrain de manifester soit pacifiquement soit militairement pour défendre l’intérêt de notre pays. Nous vous invitons à venir nombreux rejoindre les rangs des Forces Patriotiques Congolaises pour qu’ensemble nous menions la lutte patriotique pour faire échouer les plans de l’ennemi de notre cher pays. Que vous soyez des ex-armées du MLC, du RCD, des FAC, des FAZ ou d’autres groupes, cet appel vous concerne. Venez vous joindre à nous pour contrer cette nouvelle aggression, cette fois-ci plus nocive car consentie par celui que nous avons nous mêmes voté à la tête du pays.

·        Aux forces ex-Maï Maï ayant intégrés les FARDC
Chers compagnons d’arme, hier Maï Maï aujourd’hui FARDC, particulièrement vous qui êtes venus du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, nous comprenons que vous souffrez beaucoup en apprenant de loi ou en assistant de près à tout ce qui se passe actuellement au Nord-Kivu. Les langues qui disaient qu’à travers votre intégration dans les FARDC, nos ennemis visaient avant tout à vous disperser pour leur laisser libre passage ont finalement raison. Nous pensons ici au Colonel Akilimali, aujourd’hui commandant de la 14è Brigade Integrée, déployée en Ituri ; au Général Padiri, commandant de la 9è Région militaire à Kisangani ; au Colonel SheKasikila, ancien commandant de la 5è Brigade Intégrée et première victime de la folie des insurgés dans le Rutshuru, aujourd’hui officier sans poste à Kinshasa – pour avoir défendu vaillamment le territoire national. Et tant d’autres vaillant officiers du grand Kivu tels que le Colonel Nakabaka à Uvira, le Général Dunia etc.
Nous vous demandons d’user de votre sagesse pour vous distancer de cette dérive que le Commandant Suprême des FARDC, Mr Joseph Kabila commence à manifester quelques semaines seulement après son élection. L’avenir est sombre pour le Nord-Kivu aujourd’hui, mais ce sera le même pour le Sud-Kivu d’ici peu. L’heure est grave ! Nous vous demandons de donner consignes aux forces qui vous sont proches, et à vous-mêmes de faire le choix entre d’une part une armée dont le chef la vend à une nation ennemie et de l’autre la survie de votre propre population, pour laquelle vous avez choisi les service militaire. Nous vous attendons à bras ouvert, et vous assurons que nous ne lâcherons pas. Nous nous mettons déjà à l’oeuvre noble de défense de la patrie. Maintenant ou jamais !

Que Dieu bénisse le Congo et son peuple.
Avec Dieu et nos ancêtres, nous vaincrons !

                        Le Commandant des FPC/FNR
                           Colonnel Freddy BANDU WA BINGI

                       Le Chargé des Opérations
                          Colonnel KAKULE MUHINDO

                   Le Chargé de renseignement et de relations civiles
                                      Major WETE WABO


Copie pour information à :
-        Hon. Vital Kamerhe, Président de l’Assemblée nationale
-        Secrétaire Général de l’ONU
-        Chef de la MONUC
-        Parlementaires du Grand Kivu (Tous)
-        Députés Provinciaux du Grand Kivu (Tous)
-        Partis politiques représentées au parlement (Tous)